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Après avoir permis l'amélioration du corps, la technologie pourrait à terme permettre la construction d'un être humain de A à Z, selon le site de la BBC qui énumère quelques membres et organes que la haute technologie et l'électronique pourraient aider à remplacer. Comme le bras bionique, la jambe bionique est capable de«reproduire le mouvement naturel» d'un vrai membre en utilisant pour certaines les mêmes technologies que la télécommande de la Wii, permettant à l'utilisateur de«contrôler la direction et régler la taille des pas grâce à une manette». Fin 2011, un coeur défectueux a été remplacé par un coeur en plastique pour la première fois : «Une pompe logée dans un sac à dos pousse le sang vers le coeur le long des tubes qui pénètrent dans le corps sous la cage thoracique. L'air est rythmiquement pompé dans le cœur artificiel, forçant le sang à parcourir le corps de la même façon que le ferait un coeur qui bat.» Des implants oculaires ont permis de rendre la vue à certains patients aveugles. Plus courant, les«oreilles bioniques» ou implants cochléaire ont permis à des milliers de personnes de mieux entendre. En juin 2011, des scientifiques ont réussi à implanter une mâchoire en titane identique à la mâchoire d'un patient à l'aide d'une impression 3D. Selon le Global Post, ils espèrent utiliser cette technique pourcréer des os plus gros ou des «parties du corps plus complexes» tels que les vaisseaux sanguins. Un des «défis» reste l'élaboration d'une peau bionique qui permettrait de «ressentir la pression, la température et la douleur». Défi que tente de relever un professeur de l'université de Californie à Berkeley. Avec la «e-skin», il espère à terme redonner le sens du toucher à des patients portant des prothèses. Selon le Huffington Post, le professeur Hugh Herr a déclaré que dans une dizaine d'années, les membres bioniques pourront être reliés aux terminaisons nerveuses, permettant ainsi «une collaboration, une danse transparente entre la chair et la machine». | |||||||
16.3.12
Il faut bien comprendre que les sauts technologiques en cours dans le domaine du traitement, du stockage et de la transmission optique vont avoir des effets non seulement dans le domaine informatique mais également sur l'ensemble de l'économie numérique et virtuelle. En effet, en disposant à moindre coût d'une puissance de calcul et d'un débit cent fois plus grand dans 10 ans, les entreprises, les administrations et les ménages vont pouvoir accéder à des outils et services reposant massivement sur l'intelligence artificielle, la 3D et les environnements virtuels...Avec l'arrivée de ces systèmes photoniques intelligents, notre économie va connaître un nouveau et puissant cycle d'expansion aux conséquences incalculables car cette croissance reposera sur une augmentation prodigieuse et qualitative de l'intelligence collective.
15.3.12
40 % des entreprises qui étaient dans le top 500 de Fortune en 2000 ne l’étaient plus en 2010. Selon Edward Lawlet et Christopher Worley, auteurs de Built to Change, l’évolution de la liste publiée par Fortune ne cesse de s’accélérer avec les années. Entre 1973 et 1983, 35 % des entreprises avaient disparu de ce classement, entre 1993 et 2003, 60 %… Entre 2003 et 2013, 75 % des entreprises devraient être déclassées. C’est ce que Brian Solis appelle le darwinisme numérique, quand la technologie et la société évolue plus vite que la capacité à s’adapter.
5.3.12
Aujourd’hui, l’existence ou non d’une intelligence animale n’est plus à démontrer. Il s’agit plutôt de savoir quel statut lui accorder. Les spécialistes ont rompu avec une vision de l’intelligence conçue comme une aptitude uniforme qui se déploie le long d’une échelle unique allant des animaux les plus simples aux plus complexes, les humains. Chaque espèce a développé des capacités cognitives spécifiques en fonction de ses besoins et de son environnement.
La perception visuelle en est un bon exemple. En matière d’acuité visuelle, les humains sont surclassés par l’aigle. Si les humains voient les couleurs bien mieux que les chiens et les chats, en revanche, ils voient beaucoup plus mal dans l’obscurité que leurs compagnons. Certaines espèces ont développé des formes de perception inconnues aux humains comme l’écholocation des chauves-souris ou des baleines à dents, l’électrolocation de l’ornithorynque, les capteurs sensoriels de chaleur de certains serpents, la perception magnétique de l’axe terrestre chez certains oiseaux migrateurs, etc.
Des formes d’intelligence sont donc partout présentes dans le monde animal et sous des formes variées. Le plus étonnant est que ce ne sont pas les espèces les plus proches qui partagent les mêmes capacités.
Il existe plus de 10000 religions dans le monde, sans compter les fractures internes (plus de 4000 Églises pour le seul christianisme) et les cultes disparus dans les brumes de l’Histoire. Ces chiffres attestent de la prodigieuse fertilité de l’esprit humain, qui n’a eu de cesse, depuis ses balbutiements, de chercher dans le divin des réponses à ses questions.
2.3.12
L'événement est passé presque inaperçu mais il marque un véritable basculement dans l'évolution vers la société numérique : en 2011, pour la première fois, le nombre de smartphones vendus dans le monde a largement dépassé celui des PC, soit 488 millions de mobiles "intelligents" contre 414 millions d'ordinateurs individuels. Dans cette bataille techno-économique planétaire, Apple devance encore de justesse son grand rival, le coréen Samsung, avec 93 millions d'appareils, contre 92 millions. Autre indicateur, les ventes mondiales de smartphones ont progressé de 60 %, contre seulement 15 % pour les ordinateurs personnels et cela malgré la montée en puissance des tablettes tactiles (63 millions d'exemplaires vendus en 2011).
A présent, on compte plus de connexions à l'Internet et d'envois de courriels à partir de smartphones que depuis des PC ou ordinateurs portables. La prochaine étape de cette évolution pourrait bien être celle préparée par la firme Canonical, qui a développé un système d'exploitation baptisé Ubuntu pour Android. Ubuntu, s'appuyant sur l'augmentation vertigineuse de la puissance de calcul et de stockage de nos smartphones, est persuadé que l'avenir appartient à un système modulaire intégrant nos mobiles, nos portables et la télévision numérique connecté au Web.
28.2.12
Dans Critique des nouvelles servitudes, un collectif d’auteur, sous la houlette du philosophe Yves Charles Zarka, se regroupait autour d’un même constat : « La figure du maître a changé : ce n’est plus un maître personnel, un tyran, qui tiendrait sous son pouvoir une multitude effrayée, mais un maître anonyme, sans visage et sans nom propre qui, par de nouvelles voies (processus, consensus, production d’idéaux ou de croyances, etc.), instaure une domination d’un nouveau genre et de nouvelles servitudes (8). » Les auteurs s’employaient à appliquer l’idée de nouvelles servitudes à la sexualité, l’entreprise ou la consommation de masse
Les premières études sur la soumission volontaire datent d’une époque où le mot « autorité » à un sens : le pouvoir était fort, l’autorité légitime. Ce pouvoir était alors représenté par des institutions comme l’Etat, l’armée, l’Eglise, ou même la science dont la légitimité n’était guère contestée (5).
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Depuis quelques décennies déjà, sociologues et philosophes s’accordent pour diagnostiquer un « déclin de l’autorité » dans nos sociétés. Dans la famille, l’entreprise, à l’école, le mouvement de démocratisation a fait son œuvre et sapé les bases des anciennes hiérarchies. Nous sommes censés vivre dans une société où les individus seraient bien plus libres et autonomes que leurs aînés. Dans ce contexte, la soumission volontaire devrait logiquement s’estomper et disparaître (6) pour ne laisser place qu’à la soumission contrainte : celle qui résulte des obligations qui pèsent sur nos vies : respecter les lois, faire des études, gagner de l’argent, etc.
Les foules se soumettent aux dieux, aux idoles, aux groupes parce qu’elles partagent un amour commun pour un chef, ou un idéal. Les racines psychologiques de la soumission que l’on retrouve dans l’armée ou l’Eglise sont du même ordre que l’amour de l’enfant pour ses parents ou que celui d’un amant. L’amour est une sorte d’ensorcellement où l’individu perd un peu de son moi pour s’adonner à l’autre. La psychologie de la soumission est donc une psychologie de l’amour. A l’échelle de l’individu, il permet de fonder un couple. A l’échelle du groupe, il peut fonder une communauté. C’est donc dans les tréfonds de l’inconscient qu’il faut chercher la source de la soumission. Et cette source à un nom : l’amour. Celui que le chien porte à son maître, l’enfant à ses parents, le croyant à son dieu et, parfois, l’esclave à son maître.
Quand on aborde l’épineux mystère de la soumission consentie, la première référence est l’incontournable Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie (1530-1563). Le point de départ est le même que celui de son contemporain Machiavel : dévoiler les sources du pouvoir. Mais plutôt que de se situer du point de vue du prince, La Boétie se place du point de vue du peuple. Au départ, cette énigme : d’où vient que les hommes acceptent d’obéir à un maître, qui est parfois un tyran ? Pour La Boétie, il est clair que la domination politique et l’esclavage ne sont en rien naturels. De plus, le peuple, par son nombre et par sa force, possède la capacité de renverser tous les pouvoirs. Dès lors, comment comprendre la soumission à l’autorité ?
La Boétie évoque plusieurs raisons : d’abord la coutume et les habitudes qui font croire aux hommes que leur condition est « naturelle », que les choses sont ainsi et que l’on n’y peut rien. S’y ajoute toute une série d’autres mécanismes d’assujettissement : l’admiration pour le chef, pour ses insignes de pouvoir, mais aussi la résignation et la passivité. Il y aurait donc bien une part de responsabilité du peuple dans sa propre sujétion, une servitude volontaire. La Boétie souligne un autre point essentiel : le maître sait diviser pour régner. Le tyran saura toujours user des divisions internes au peuple ; de même, il saura accorder à certains des privilèges et des parcelles de son pouvoir. En multipliant les niveaux hiérarchiques et les faveurs, il s’assure des clients, des partisans et des courtisans. Voilà un autre point essentiel : se soumettre à la loi du prince peut aussi procurer des avantages…
26.2.12
« La sexualité a-t-elle un avenir ? », se demandaient hier encore quelques philosophes et scientifiques, réunis en colloque. L'absurdité de la question n’est qu’apparente. Si l’homme utilise la reproduction sexuelle pour exister, des perspectives encore théoriques suggèrent que, dans un futur proche, il pourra peut-être s’en passer. Cessera-t-il pour autant d’avoir une sexualité ?
Probablement pas, car tous les savoirs modernes sur la question l’affirment : la pulsion sexuelle obéit à bien d’autres appels qu’à celui de la survie de l’espèce, et témoigne, par les actes qu’elle induit, d’une grande diversité d’objets, de formes et de sens. Quelques repères dans l’histoire des mœurs humaines, allant de l’Antiquité à nos jours, permettent de le montrer : en dépit de l’universalité des pratiques, ni leur signification ni les limites qu’on leur donne ne sont restées les mêmes. De la morale profane des anciens Romains aux règles modernes de l’hygiène des plaisirs en passant par la casuistique du péché chrétien, toutes les civilisations se sont mêlées d’encadrer l’acte sexuel par des règles, voire par des lois puisées dans la nature des choses et des hommes.
24.2.12
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Des scientifiques de Chine, de Suède et du Royaume-Uni ont découvert des preuves d'ancêtres unicellulaires d'animaux, datant de l'intervalle historique précédant l'apparition d'animaux multicellulaires. Les preuves proviennent de roches dans le sud de la Chine, et sont âgées de près de 570 millions d'années. Présentée dans la revue Science, l'étude a reçu un financement partiel au titre du septième programme-cadre (7e PC) de l'UE. Des études antérieures avaient déjà montré que la vie avait évolué à partir d'un ancêtre universel unicellulaire, et qu'à plusieurs moments de l'histoire de la Terre, des organismes unicellulaires ont évolué pour devenir des organismes multicellulaires. La grande variété du règne animal en est un bon exemple. Mais les preuves de ces transitions évolutives n'avaient jamais été pleinement explicitées jusqu'à ce jour. | |||||
Le trafic des données mobiles sera multiplié par 18 en cinq ans, prévoit l'américain Cisco.
Dans quatre ans, il y aura plus d'appareils sans fil connectés à Internet que d'êtres humains sur la Terre! Tel est le pronostic du groupe américain Cisco, spécialisé dans les routeurs pour l'Internet. En 2016, le nombre de smartphones, tablettes Internet et objets communicants, tels des GPS et des compteurs électriques, devrait atteindre 10 milliards d'unités dans le monde pour une population mondiale attendue à 7,3 milliards de personnes, assure le champion américain.
Tout d'abord, chaque être humain aura au moins un téléphone mobile, un PC portable ou une tablette. «En 2016, le monde comptera plus de 8 milliards d'appareils mobiles à usage personnel, connectés à Internet», précise l'étude de Cisco. De plus, près de 2 milliards de connexions à Internet seront effectuées uniquement par des machines entre elles, ce que les experts appellent le M2M, abréviation de «machine-to-machine».
19.2.12
Selon T. Taylor, l’un des moteurs de l’évolution est le bandeau porte-bébé (baby sling). Explication. Quand les femelles d’un groupe d’hominidés ont commencé à marcher debout, elles ont été confrontées à un difficile problème : porter leur bébé. Ce dernier ne pouvait plus s’accrocher sur leur dos comme le font les petits chimpanzés. Le porter dans leurs bras aurait considérablement réduit leurs possibilités d’action. Comment se sont-elles débrouillées ? C’est là qu’intervient le porte-bébé, fabriqué à partir de tissus animaux, peau ou viscères. Grâce à cet accessoire, les enfants ont pu être transportés tout en jouissant d’une croissance lente. Leur cerveau a pu se développer tranquillement en dehors de la matrice. C’est ainsi qu’une simple invention technique aurait permis de résoudre le paradoxe du bipède au gros cerveau.
Nous sommes des êtres artificielsBien sûr, ce type d’aubaine technologique, qui précède l’avènement du genreHomosapiens, n’a pas eu que des conséquences sur le cerveau. Il a entraîné d’autres transformations anatomiques, notamment la perte des ongles tranchants, de la forte musculature de la mâchoire, de la forte pilosité, etc. Ces modifications ont fait de nous le plus faible des grands singes d’un point de vue biologique. Comment expliquer qu’une espèce si chétive ait si bien survécu et proliféré ? Tout simplement en admettant que nous sommes des êtres artificiels qui doivent leur capacité d’adaptation à la technologie.
Il y a incontestablement une bonne dose de spéculation dans la thèse de T. Taylor. Mais, au-delà des débats spécialisés qu’elle peut susciter, elle a le mérite de nous inciter à concevoir une évolution humaine qui échappe un peu au carcan des causes biologiques. Qui plus est, elle fait réfléchir à la façon dont la technologie continue de nous façonner. Par exemple, T. Taylor note que la taille du cerveau humain a légèrement diminué depuis 30 000 ans. S’il en est ainsi, c’est peut-être qu’Homo sapiens est parvenu à sous-traiter son intelligence et sa mémoire. L’être humain moderne, pour survivre, n’aurait plus besoin de stocker autant d’informations que devait le faire un Néandertalien illettré. L’être humain a d’abord eu recours à des symboles, puis à l’écriture, et de nos jours à l’ordinateur. La technologie, après avoir permis le développement d’un gros cerveau, l’aurait rendu un peu superflu, du moins jusqu’à un certain point. Bref, dans l’avenir, nous risquons d’être moins intelligents sur un plan strictement biologique…
18.2.12
Le monde de demain sera-t-il unipolaire, bipolaire ou multipolaire ? Même les réalistes qui raisonnent en termes de blocs et puissances admettent que d’autres logiques transversales sont à l’œuvre : l’évolution instable et largement autonome des marchés financiers, celle aussi des flux d’idées, de mouvements culturels et politiques, qui se diffusent par Internet.
Aux États et aux flux transnationaux s’ajoutent également les instances supranationales qui se sont constituées au fil du temps. Elles sont militaires (Otan), politiques (Onu), juridiques (TPI), financières (FMI, Banque mondiale), économiques (G20), continentales (Europe).
Dans La Puissance au XXIe siècle (CNRS, 2011), le diplomate Pierre Buhler passe en revue les dynamiques qui agissent à l’échelle de la planète. Il rappelle que la puissance du XXIe siècle échappera largement aux emprises étatiques et devra tenir compte de la logique du droit, de la démographie, des ressources du sol et des flux transnationaux d’argent et d’information.
À quoi pourrait ressembler ce monde multipolaire ? Nul ne prétend en détenir les clés – l’histoire nous a trop surpris pour se risquer à des prévisions, mais rien n’interdit d’imaginer des scénarios possibles. Une évidence s’impose d’abord à tous : celle d’une immense redistribution des cartes de la puissance.
Les dynamiques principales sont bien connues. D’un côté, le déclin inexorable de l’Occident, États-Unis et Europe compris. De l’autre, la montée de l’Asie, Chine en tête. On a beaucoup débattu ces vingt dernières années pour savoir si l’Amérique dominait le monde par le « hard power » (la force et l’argent), par le « soft power » (la diplomatie et la culture) ou, plus récemment, par le « smart power » (le verbe et la séduction). La question semble réglée : le temps de l’hyperpuissance est révolu. L’Amérique a perdu son « triple A », tout un symbole. Les États de la zone euro, par leur endettement massif, se sont mis eux-mêmes sous la surveillance des marchés et de la Chine, nouveaux gendarmes du monde. À partir de là, les scénarios divergent.
La montée en puissance de l’Asie est inexorable, compte tenu de son poids économique et démographique. La géopolitique suivra : mais jusqu’où ? Les uns prédisent une « asiatisation du monde » (1). La marche conquérante de la Chine est bien avancée dans ce que l’on nomme désormais la Chinafrique (implantation de la Chine en Afrique). Parallèlement, une « nouvelle route de la Soie » relie désormais la Chine et le monde arabe : la Chine s’implante dans les États pétroliers, domaine réservé des diplomaties européenne ou américaine (2). Moins connues mais tout aussi dynamiques sont les nouvelles routes commerciales entre l’Amérique latine et la Chine (3).
Ainsi, dans l’estomac de chaque être humain vivent des milliards de bactéries très utiles puisqu’elles nous servent à prédigérer nombre d’aliments ou à synthétiser certaines vitamines dont on a un besoin vital. Nous nourrissons ces bactéries qui, en échange, nous aident à manger. Cette forme de cohabitation est très poussée puisque ces bactéries vivent en nous ! Mutualisme, symbiose, association, coévolution, le monde vivant est fait de multiples formes d’association de ce genre où les organismes s’allient, coopèrent fusionnent, échafaudent des systèmes et des macro-organismes qui se soutiennent mutuellement (7).
http://www.scienceshumaines.com/revolution-dans-le-vivant_fr_28213.html
Épigenèse, morphogenèse, auto-organisation, sciences de la complexité ou théorie de l’évo-dévo, tous ces modèles explicatifs visent à répondre à la grande énigme de la construction du vivant à l’ère postgénomique. Tous partagent l’idée que la vie n’est pas contenue dans un programme, mais découle d’une cascade de causalités qui s’enchaînent. Il existe cependant des schémas directeurs initiaux, des boucles de rétroactions, des niveaux d’organisation interdépendants, des sentiers d’évolution, des pôles d’attraction et des logiques de coévolution, qui convergent vers des formes stables et récurrentes.
Avec l’épigenèse et la fin du tout génétique, une autre idée est venue bouleverser les sciences du vivant : celle de solidarité. La vision du vivant dominante dans le darwinisme est celle d’une âpre « lutte pour la vie », une lutte de tous entre tous où individus et espèces se combattent et rivalisent entre elles. Or, depuis quelques années, la biologie a montré combien la vie savait aussi se montrer solidaire et coopérative.
On sait depuis longtemps que les abeilles se nourrissent du pollen et du nectar des fleurs, et qu’en se déplaçant, elles transportent ce même pollen d’une fleur à l’autre et les fécondent : une forme de donnant, donnant indispensable à la vie de chacun. On appelle cela le mutualisme.
Dans un essaim d’abeilles, il existe des statuts différents : les mâles (appelés faux bourdons), les ouvrières, les reines. Tous naissent d’œufs parfaitement identiques ayant le même génome. Si l’œuf pondu par la reine n’est pas fécondé, la larve deviendra un mâle assez différent en taille et en comportement de l’abeille ordinaire (encadré ci-dessous). S’il est fécondé, l’abeille deviendra femelle, ouvrière ou reine, en fonction de la nourriture reçue. Si elle est nourrie de gelée royale, la larve se transformera en reine, si elle est nourrie de miel et de pollen, elle se développera en ouvrière. Ainsi donc, un même œuf, donc un même ADN, peut produire un faux bourdon, une reine ou une ouvrière, en fonction de son alimentation.
Au départ, un même ADN ; à l’arrivée, des organismes variés. Il se passe la même chose chez tous les animaux à métamorphose (la chenille qui devient papillon). Remarquons aussi que le même processus se produit pour les cellules de notre corps. À partir de cellules souches toutes identiques et portant le même génome, certaines vont devenir des globules rouges, d’autres des neurones, des cellules musculaires, osseuses, cutanées, hépatiques, etc. Ce n’est donc pas un programme génétique qui détermine leur destin. L’environnement agit en activant les gênes comme on compose des airs différents en appuyant sur telle ou telle note d’un même clavier. Le génome n’est donc pas ce grimoire sur lequel est consigné le secret de la vie. Il ressemble plutôt à un alphabet de quelques milliers de lettres : mais comment ces lettres se combinent-elles pour former des mots (les molécules), des phrases (les cellules), des textes (les organismes) (3) ? C’est une autre histoire.

