Notre compréhension du monde des virus et de leurs interactions avec le reste du vivant a beaucoup évolué ces dernières années. Tout d’abord il faut bien réaliser que la mauvaise réputation des virus s’est construite autour des effets – certes parfois dévastateurs – causés chez l’homme par une infime proportion de la totalité des virus présents sur notre planète. Moins d’une dizaine sont responsables des maladies virales les plus fréquentes dans nos régions, comme le rhume, la grippe, la varicelle, la rougeole. S’il est bien normal que ce petit nombre de virus nous préoccupe particulièrement, il faut savoir que l’écrasante majorité des virus non seulement ne peut pas infecter l’homme mais joue un rôle crucial dans son « écosystème » interne. Le corps d'un homme adulte sain abrite plus de trois mille milliards de virus, pour la plupart des bactériophages infectant les bactéries présentes dans le tractus intestinal et sur les muqueuses. L’impact de ces virus n’est pas encore complètement compris, mais on peut déjà parier qu’ils jouent un rôle important dans la régulation de la composition des communautés bactériennes vivant en symbiose avec l’homme.
29.5.12
10.5.12
Le World Economic Forum et Deloitte Touch viennent de publier un rapport sur l’avenir de l’industrie :http://www3.weforum.org/docs/WEF_MOB_FutureManufacturing_Report_2012.pdf. Le rapport explique que la concurrence va s’accroître dramatiquement que ce soit pour les ressources, comme pour l’énergie ou le financement. L’avenir est à une plus grande complexité des processus et la capacité d’innovation toujours plus rapide sera le moteur de la croissance de demain…
Senett distingue cinq catégories qui composent le “spectre de l’échange” : l’échange altruiste (qui implique le sacrifice de soi), l’échange gagnant-gagnant (dans lequel les deux parties font des bénéfices), l’échange de différenciation (dans lequel les partenaires prennent conscience de leurs différences), l’échange à somme nulle (dans lequel une partie l’emporte sur l’autre) et le cas où un vainqueur l’emporte (au détriment de l’autre).
Vanderbilt observe que l’introduction d’une nouvelle technologie obéit à un schéma désormais familier. D’abord, on considère cette technologie comme un apport mineur réservé à quelques usages bien particuliers. Et l’auteur de citer un article du New York Times datant de 1939 : “le problème avec la télévision est que les gens doivent rester assis et garder leurs yeux collés à l’écran : la famille américaine moyenne n’a pas de temps à consacrer à cela”. Ensuite, deuxième étape, juste avant qu’elle devienne grand public, la technologie est considérée, par ses laudateurs aussi bien que par ses contempteurs, comme porteuse de changements culturels majeurs. Voici ce que disait Philo Farnsworth, un des inventeurs de la télévision : “Si nous po! uvions voir les gens dans les autres pays et apprendre de leurs différences, pourquoi y aurait-il encore des malentendus ? La guerre deviendrait un vieux souvenir.” Enfin, à mesure que les prix baissent et que la technologie s’améliore, les gens achètent l’objet qui n’apporte ni l’utopie ni l’apocalypse et l’utilisent sans même penser à ce qu’était la vie avant son arrivée
3.5.12
Pouvez-vous décrire les transformations majeures qui ont changé la société française depuis un siècle ?
Ce qui a changé fondamentalement notre société, c’est la durée de nos vies : on a gagné cinq ans d’espérance de vie par génération depuis 1900, soit vingt-cinq ans en un siècle, 40 % de la vie de la Belle Époque. Dans le même temps, la construction du modèle social européen a permis de réduire des deux tiers la durée du travail. On travaillait 200 000 heures en 1900, 67 000 heures aujourd’hui. La part d’une vie consacrée au travail dans les classes populaires est donc passée de 40 % en 1900, soit 70 % de leur temps de vie éveillé, à 10 % aujourd’hui, 16 % du temps éveillé.
Ainsi, notre temps libre, le temps hors sommeil et travail, a été multiplié par quatre. Dans les sociétés européennes, 12 % du temps vécu par tous les habitants est consacré au travail, 88 % à faire autre chose. Cela se mesure très simplement en rapprochant les heures de travail déclaré de l’ensemble du temps de vie annuel des habitants.
Durant la révolution industrielle, la vie des ouvriers et des paysans était dominée par le travail. Seuls les rentiers avaient du temps libre, ce sont eux d’ailleurs qui ont inventé le tourisme et les vacances. Aujourd’hui, le non-travail a cessé d’être la valeur des élites qui, a contrario, ne parlent maintenant que travail. L’usage que l’on fait de son temps libre – loisirs, activités sportives ou créatives, engagements solidaires ou militants, vacances, voyages… – joue un rôle tout aussi important dans l’organisation de la société que la part productive.
Prenez l’amour par exemple. On fait en moyenne 6 000 fois l’amour (pour une productivité de deux enfants en moyenne) alors que nos grands-parents faisaient 1 000 fois l’amour dans leur vie (pour faire dix enfants !). La rencontre amoureuse et les liens affectifs justifient autant de déplacements que le travail. L’érotisme a été démocratisé et les rapports de séduction sont devenus des acteurs sociaux au même titre que les rapports de production : ils génèrent des mobilités, du temps, de nouveaux codes vestimentaires, la production de films pornographiques, des mises en relation sur le Net…
Aujourd’hui, le travail et le temps libre sont devenus coproducteurs de liens sociaux, de richesse et de mobilités, et de l’organisation des territoires.
Il faut ajouter à cela que nous sommes entrés dans ce que l’économiste Jean Fourastié appelait « la civilisation des vies complètes », où quatre générations se côtoient. En moyenne, on est actuellement grand-parent à 53 ans et on perd ses parents lorsque l’on est déjà vieux (63 ans en moyenne). C’est tout à fait nouveau dans l’histoire de l’humanité…
On voit alors le lien social se développer dans la sphère privée et se perdre dans celle de la production. Beaucoup de Français cherchent à avoir une maison où ils puissent recevoir leurs amis, réunir leur famille, disposer de chambres pour leurs enfants, avoir un jardin ou une terrasse, une pièce pour la télé… Les manières de vivre et d’habiter se sont complètement modifiées.
L’économie passe en effet, aux alentours de 1975, pour reprendre l’expression de Bertrand Gille [3], d’un « système technique » à l’autre.
Les techniques fondamentales du système productif avaient été jusqu’alors celles de la mécanique, de la chimie et de l’énergie. À partir de 1975, elles sont détrônées par la synergie de la micro-électronique, du logiciel et des réseaux de télécommunication.
Ce changement n’est cependant pas plus absolu que ne l’avait été, aux alentours de 1775, le passage d’une économie agricole à l’économie mécanisée que l’on a qualifiée d’industrielle: l’industrialisation n’a pas supprimé l’agriculture, elle l’a industrialisée. De même, l’informatisation ne supprime pas l’industrie mécanisée : elle l’informatise.
Aux alentours de 1800, la production mécanisée et chimisée était, de loin, la plus efficace: on lui a donc appliqué le mot d’« industrie » qu’elle a accaparé, et il s’est trouvé ainsi bientôt connoté par des images d’engrenages, de cheminées d’usine, etc. Si on revient cependant à son étymologie, on peut dire que l’informatisation est la forme contemporaine de l’industrialisation, et que 1975 est la date de la troisième révolution industrielle.
Pourquoi le basculement s’est-il produit alors ? On peut avancer plusieurs hypothèses concourantes. D’une part, le mouvement social de 1968 avait accéléré la hausse du coût de la main-d’œuvre et les entreprises ressentaient donc le besoin d’accroître la productivité du travail [4].
D’autre part l’informatique, avec la dissémination des terminaux, commençait à sortir des mains des purs informaticiens pour se placer dans celles des utilisateurs : elle semblait offrir des perspectives de productivité, qui se concrétiseront quelques années plus tard avec la mise en réseau des micro-ordinateurs.
Enfin, le choc pétrolier introduisait de la volatilité dans le prix de l’énergie, jusqu’alors stable et relativement bas. Frappant d’incertitude les business plans du système technique bâti sur la mécanique, la chimie et l’énergie, ce dernier phénomène a sans doute suffi à catalyser le basculement vers le nouveau système technique.
Le bloc historique
Dans ce monde-là, le PIB et l’indice de la production industrielle augmentaient de 5 % par an, et le secteur secondaire employait une part croissante de la population active (le maximum a été atteint en 1975). On dénombrait de l’ordre de 700 000 chômeurs.
Sans le savoir, nous vivions alors les Trente Glorieuses, qui allaient bientôt s’achever. La France avait, dès le début des années 1950, achevé la reconstruction d’une économie détruite durant la Seconde Guerre mondiale et dans la foulée, la croissance s’était poursuivie, aiguillonnée par l’exemple américain.
La population avait cependant été marquée par le souvenir de la crise des années 1930 puis de la pénurie des années 1940 : les Français éprouvaient le besoin de s’équiper, de consommer, voire de se « goinfrer », pour oublier ces souvenirs pénibles.
L’exode rural, très rapide, avait d’ailleurs rempli les villes d’une population qui souhaitait vite accéder aux plaisirs de la vie urbaine. Dans leur périphérie, la ruée vers la consommation de masse s’accompagnait de la dissémination de commerces à grande surface. Tous les ménages rêvaient de posséder une voiture, une machine à laver, un téléviseur, un téléphone. Dans les années 1960, ce rêve se réalisa pour presque tout le monde ; seul le téléphone doit encore attendre les années 1970 pour devenir largement disponible.
La montée de la solitude ?
Selon lui, nos médias sociaux interfèrent avec nos amitiés réelles. Pour preuve, Stephen Marche(@StephenMarche) en appelle aux travaux du sociologue Erik Klinenberg (@ericklinenberg), auteur de Going Solo : la montée de l’extraordinaire et surprenant appel à vivre seul . Dans son ouvrage, Klinenberg explique que la vie solitaire se développe plus que jamais : 27 % des ménages américains sont composés d’une seule personne, alors qu’on ne comptait que 10 % de foyers composés d’une seule perso! nne dans les années 50. 35 % des adultes de plus de 45 ans sont chroniquement solitaires, estime une étude de l’AARP (voir le détail .pdf), l’association américaine des personnes retraitées (soit 20 % de plus qu’il y a 10 ans). Selon une autre étude, 20 % des Américains seraient malheureux du fait de leur solitude. Et encore, on peine à distinguer le fait de se sentir seul et le fait d’être seul… rappelle l’écrivain. Car c’est aussi la qualité de nos relations aux autres qui se dégradent… Selon une autre étude réalisée par des sociologues de la Duke university, la taille moyenn! e de nos réseaux de confidents, c’est-à-di! re de gens auxquels nous savons nous confier, serait passée de 2,94 personnes en 1985 à 2,08 en 2004, rapporte Stephen Marche. En 1985, 10 % des Américains déclaraient n’avoir personne avec qui discuter de questions importantes et 15 % avouaient n’avoir qu’un seul vrai ami. En 2004, 25 % n’avaient personne à qui parler et 20 % reconnaissaient n’avoir qu’un seul confident… Bref, non seulement nous sommes plus isolés, mais, selon certaines études, nous rencontrons moins de gens et nous réunissons moins.
Face à cette désintégration sociale, les confidents de remplacements ont explosé. Le nombre de psychologues, de travailleurs sociaux, de thérapeutes a explosé, explique Ronald Dworkin. “Nous avons externalisé le travail de soin quotidien” auprès de gens dont c’est désormais le travail.
“L’une des plus grandes inventions de l’humanité, commence Carr, fut aussi une des plus modestes : la mèche. Nous ne savons pas qui est le premier à avoir compris, il y a des milliers d’années, que le feu pouvait être isolé à l’extrémité d’une pièce de fils de tissus entrelacés et alimenté par capillarité grâce à un réservoir de cire ou d’huile. Mais la découverte fut, selon les dires de Wolfgang Schivelbusch (Wikipédia) auteur de Disenchanted Night “aussi révolutionnaire dans le développement de la lumière artificielle que la roue dans l’histoire du transport”. La mèche a apprivoisé le feu, permettant qu’il soit utilisé avec une précision et une efficaci! té bien plus grandes que lorsqu’il était porté par une torche de bois ou un faisceau de brindilles. Grâce à ce processus, la mèche a participé à notre propre domestication. Il est difficile d’imaginer la civilisation aboutissant à son état contemporain grâce à des torches.
La mèche a aussi prouvé qu’elle était une création incroyablement robuste. Elle est restée la technologie d’éclairage dominante jusqu’au 19e siècle, quand elle fut remplacée d’abord par la lampe à gaz puis, de manière plus décisive, par l’ampoule électrique à incandescence d’Edison. Plus propre, plus sûre, et même plus efficace que la flamme qu’elle avait remplacée, l’ampoule fut accueillie dans les foyers et les bureaux du monde entier. Mais, avec ses nombreux bénéfices pratiques, la lumière électrique a aussi apporté des changements subtils et inattendus à la manière dont les gens vivaient. L’âtre, la bougie et la lampe à huile avaient toujours été le point focal des foyers. Le feu était, comme le dit Schivelbusch, “l&rsq! uo;âme de la maison”. Les familles passaient leurs soirées dans la pièce centrale, autour de la flamme vacillante, à discuter des événements de la journée ou à simplement passer le temps ensemble. La lumière électrique ainsi que le chauffage central ont fait disparaître cette longue tradition. Les membres de la famille ont commencé à passer une plus grande partie de la soirée chacun dans une pièce différente, à étudier, lire ou travailler seuls. Ils ont gagné en vie privée, en autonomie, mais la cohésion familiale s’est affaiblie.
Froide et constante, la lumière électrique n’avait pas la forme de la flamme. Elle n’était ni envoûtante ni apaisante, mais strictement fonctionnelle. Elle a transformé la lumière en un produit industriel. Un Allemand écrivait dans son journal en 1944 que, forcé par les bombardements nocturnes à utiliser des bougies à la place des ampoules, il a été frappé par la différence. “Nous avons remarqué, écrivait-il, dans la lumière fragile de la bougie, que les objets avaient un profil différent, beaucoup plus marqué : la bougie leur donnait une qualité de réalité”. Cette qualité, continuait-il “se perd avec la lumière électrique : les objets donnent l’impression d’apparaître beaucoup plus clairement, mais en réalité, elle les écrase. La lu! mière électrique apporte trop de brillance et les choses perdent corps, contour, et substance – bref, leur essence”.
27.4.12
Il y a une vingtaine d'années, une étude danoise dirigée par le Professeur Neils Skakkebaek avait fait grand bruit en montrant que le nombre de spermatozoïdes chez les hommes avait diminué de moitié en 50 ans, sans qu'on puisse clairement en identifier les causes. Cette étude a été confirmée par plusieurs autres qui montrent une baisse générale et constante de la fertilité masculine en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Selon le Professeur Jouannet, chef du service de biologie de la reproduction à l’hôpital Cochin à Paris, la concentration spermatique en France aurait diminué de 2 % par an entre 1970 et 1995.
26.4.12
Richard Jones auteur de “Soft Machines : nanotechnology and life” se pose la question de savoir s’il y a un darwinisme de la technologie, si elle s’impose par elle-même grâce à la seule concurrence du marché. Or, “toutes les technologies du monde moderne sont en grande partie le résultat de l’exercice du pouvoir étatique plutôt que de la libre entreprise”. Que ce soit l’invention des engrais agricoles, comme l’industrie informatique, largement soutenue par les dépenses militaires. Le libre marché fonctionne bien pour l’innovation évolutive, mais pas pour les investissements à long terme. L’innovation plus radicale qui mène à de nouvelles technologies d’usage général a besoin d’un flux de revenu protégé. Et il y a un risque de nous reposer sur des innovations incrémentales, ce! lui de ne pas être capable de répondre aux chocs de demain.
Pour MacCauley, il existe dans notre cerveau un certain nombre de “modules” déjà câblés nous permettant, par exemple, de reconnaître les visages, d’apprendre le langage, d’avoir une “théorie de l’esprit”, d’être capable d’éviter les dangers… Il emploie pour décrire ces fonctions le terme de “naturellement mature”. Autrement dit, elles font partie du développement cognitif “normal” et ne nécessitent pas d’efforts particuliers d’apprentissage. Ce sont aussi des systèmes rapides, ils s’apparentent à ce que l’économiste comportemental Daniel Kahneman nomme le système 1, soit les fonctions mentales qui nous permettent de décider rapideme! nt. C’est l’ensemble de ces systèmes qui nous rendent réceptifs à la pensée magique et religieuse, explique McCauley. Lorsqu’ils se combinent entre eux, ils sont capables de créer des “faux positifs” susceptibles de nous amener à croire à des phénomènes “contre-intuitifs”. Un exemple en est l’anthropomorphisme, qui consiste à attribuer une “théorie de l’esprit” à des objets qui en sont dépourvus. Dans le cadre d’un système rapide, l’anthropomorphisme a certainement une valeur adaptative réelle. Il valait mieux, pour l’homme préhistorique, soupçonner une intention (c’est-à-dire un prédateur) derrière un mouvement de branchages qu’ignorer cette intention lorsqu’elle existait.
Une autre conséquence est “l’apophénie” qui consiste à repérer des modèles significatifs là où il n’y en a pas : par exemple, apercevoir la Sainte Vierge sur sa tartine de confiture de fraise.
Tout ceci crée un réseau de comportements et de pratiques (rituels, espaces et objets sacrés, etc.) qui fondent de que McCauley appelle la “religion populaire,” un socle mental “par défaut” que nous avons tendance à développer naturellement. Ainsi, pas besoin, comme le pensent certains scientifiques, d’imaginer une “zone du cerveau” consacrée à la religion. Celle-ci est une conséquence du développement cognitif normal de l’individu.
Mais McCauley insiste sur la notion de “religion populaire”, bien différente de la religion dogmatique et doctrinale qu’on peut revendiquer consciemment. S’il faut comparer la science à quelque chose, ajoute-t-il, ce n’est pas à la religion, mais plutôt à la théologie. Science et théologie appartiennent en effet au “système lent” de Kahneman : ce sont les produits des fonctions les plus élevées, les plus rationnelles de notre cerveau.
24.4.12
Considéré d'un point de vue historique, sur la période 1820-2000, le PIB mondial sera passé de 700 milliards de dollars (valeur 1990) à 36 000 milliards de dollars, soit une multiplication par 48. Quant au PIB moyen par terrien, il a été multiplié par plus de huit au cours de la même période, passant de 700 dollars (constants) en 1820 à 5 900 dollars en 2000. Depuis deux cents ans, grâce à la révolution industrielle et à l'extraordinaire accélération du progrès technologique et de la productivité, les hommes ont donc produit plus de richesses matérielles et surtout immatérielles qu’entre l’apparition de l’espèce humaine et le début du XIXe siècle !
Le rapport Intitulé « Global Wealth Report 2011 », publié par le Crédit Suisse, montre pour sa part que la richesse mondiale devrait augmenter de 50 % d'ici 2017, pour atteindre 250.000 milliards d’euros, grâce au développement de l'Asie, de l’Amérique Latine et d'une large partie de l’Afrique. Il est également remarquable de constater que depuis dix ans, le revenu moyen par habitant augmente bien plus vite dans pays pauvres que dans les pays riches. Le revenu moyen par habitant, dans les pays riches a en effet progressé de seulement 11 % entre 2000 et 2010, contre 40 % dans les pays émergents et 25 % en moyenne mondiale.
Autre évolution surprenante qui va à l'encontre des idées reçues et de bien des discours ambiants : la production agricole mondiale a été, heureusement pour l'humanité, bien plus rapide que l'augmentation de la population mondiale depuis quarante ans. Grâce aux remarquables progrès de la productivité agricole, l'augmentation des ressources alimentaires par habitant n'a cessé de s'accroître depuis un demi-siècle : la ration alimentaire moyenne dans le monde qui était d'environ 1 900 calories en 1960, est passée à plus de 2 500 calories en l'an 2000, soit une augmentation de 31,5 % en 40 ans.
Cette progression est d'autant plus impressionnante que dans le même temps, la population mondiale a été multipliée par plus de deux au cours de cette période, passant de 3 milliards à 6,1 milliards d'habitants et que la surface mondiale cultivée est restée, à cause de la pression démographique, de l'urbanisation et des changements climatiques, globalement constante dans le monde depuis 1960, selon les travaux de la FAO. Il semble donc que la "révolution verte" des années 50 et 60 et les progrès en matière d'agriculture et d'agronomie aient eu des résultats très bénéfiques pour l'ensemble de la population mondiale, contrairement à ce qu'affirment aujourd'hui certains discours politiques ou économiques.
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En 2010, l'espérance de vie à la naissance a encore progressé en France de quatre mois, tant pour les hommes que pour les femmes. Depuis quinze ans, toujours selon l’Insee, l'espérance de vie continue sa progression régulière au même rythme moyen de quatre mois par an. Rien n'indique pour l'instant un ralentissement ou un arrêt de cette progression continue de l'espérance de vie dans notre pays et celle-ci devrait se poursuivre, si l'on en croit l'INSEE, qui prévoit dans ses dernières études, qu'elle pourrait atteindre en 2050 91,5 ans pour les femmes et 86,3 ans pour les hommes !
On l'oublie souvent mais en 1900, à l'époque de nos grands parents pour ceux d'entre nous qui ont dépassé la cinquantaine, l'espérance de vie moyenne (hommes et femmes réunis) n'était encore que de 45 ans en France. Elle est à présent de plus de 80 ans ! Il est en outre intéressant de souligner, comme le montrent les études de l'Ined et de l'Insee, que la mortalité diminue dans toutes les tranches d'âge en France et que le nombre total de décès reste comparable à son niveau d'il y a dix ans alors que la proportion de personnes âgées n'a cessé d'augmenter dans le même temps.
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