27.3.06
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Le Web devient donc une gigantesque mémoire, qui, 24h sur 24, n'arrête jamais de travailler et de s'étendre. Nous avons vu que parmi ce que nous avons appelé des utilisateurs, se trouvent de plus en plus d'automates et d'objets. Je suis «tracé» par différents objets qui mémorisent les liens, physiques ou virtuels, que j'établis sans cesse dans ma vie sociale : ainsi je passe tel péage, je vais chez tel commerçant, etc. Ceci inquiète beaucoup de gens mais n'est qu'un aspect particulier de l'immense réseau de contenus mémorisés dans lesquels je m'inscris dès que je fais quelque chose.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Derrière ces machines il y aura des utilisateurs, humains et automates. Dans une vision encore courante du Web, la grande majorité de ces utilisateurs s'informent, c'est-à-dire consomment passivement des informations créées par une petite minorité d'entre eux. Nous sommes en face d'un système à flux descendant, qui n'est pas très différent, hors sa taille, du système de création et de diffusion des contenus d'information caractérisant les médias traditionnels, y compris la presse et la littérature depuis des siècles. Mais dans la vision qui tend aujourd'hui à prévaloir, les utilisateurs produisent et diffusent des contenus en même temps qu'ils en consomment. Ils les produisent soit en retraitant directement des informations qu'ils ont prélevées sur le web (je lis un texte en ligne et cela me suggère des réactions, c'est-à-dire des idées originales que j'édite) soit même en créant des contenus de leur propre chef (je crée un site où je publie par exemple l'histoire de ma vie…). Autrement dit, les utilisateurs, sans cesser d'être consommateurs, deviennent aussi auteurs, en créant de l'information que d'autres consommeront. De ce fait, ils constituent un nouveau pouvoir, face aux anciens détenteurs de l'information et des savoirs, qui tentent mais en vain d'en conserver le monopole. On retrouve toutes ces questions dans les débats actuels sur les droits d'accès à la culture numérique
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Le Web est devenu un superorganisme d'une nature et d'une taille encore jamais vues sur Terre à ce jour, du moins dans le domaine des systèmes créés par l'homme. D'ores et déjà il comprend plus de 1 milliard de correspondants potentiels, c'est-à-dire de machines capables d'émettre et de recevoir des messages : PC, téléphones portables, objets(1). Ceux-ci ont généré près de 50 milliards de pages. Dans 10 ans il connectera des milliards voire des dizaines de milliards de terminaux de toutes sortes et aura créé un nombre de pages et messages pouvant atteindre le milliard de milliard.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Que deviennent dans la perspective d'une évolution cosmique unificatrice intéressant les différents composants de l'univers les formes complexes spécifiques développées sur des planètes comme la Terre. Sur la Terre sont apparues des molécules prébiotiques, puis des formes de vie, de conscience et de représentations scientifiques du monde propres aux humains. Ces organisations ou formes complexes ont profité de conditions favorables spécifiques (dites «fine tuning» dans le vocabulaire anthropique) offertes par l'évolution cosmique, notamment la présence d'atomes lourds comme celui du carbone résultant de la fin explosive de supernovas antérieures à la création du système solaire. De telles formes complexes sont-elles irrémédiablement appelées à disparaître lors de la fin de celui-ci? Le relais est-il pris dans d'autres systèmes solaires nés de l'explosion d'autres supernovas, mais, s'il l'est, n'est-il pas voué à des morts analogues survenant irrémédiablement ? Ceci voudrait dire que l'évolution cosmique globale finirait par s'éteindre, concomitamment d'ailleurs avec la fin de l'univers par excès d'expansion que prévoient actuellement les cosmologistes.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Il existerait ainsi selon cette hypothèse un grand principe unificateur (a great unifier) qui, en amont de et en parallèle à l'évolution biologique, agirait sur l'ensemble des structures matérielles. Son fondement serait l'optimisation de l'utilisation de l'énergie, qu'il s'agisse de l'énergie cosmologique primaire ou des formes d'énergies spécifiques que nous retrouvons sur Terre. Les entités biologiques et les entités sociales humaines n'y échapperaient pas, en sous-jacence des autres formes d'évolution complexifiante, génétiques et culturelles, qui se sont greffées progressivement sur le processus évolutif primaire à base d'optimisation de l'énergie.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Eric Chaisson applique les mêmes principes aux logiques d'évolution et de sélection des structures et organismes terrestres. Les formes qui apparaissent et qui survivent sont celles qui utilisent au mieux l'énergie nécessaire à leur construction et à leur résistance aux agressions du milieu. Il n'y a rien là de finaliste non plus que de biologique. Prenons l'exemple souvent cité d'un cristal de neige. Pour que celui-ci se forme, les molécules d'eau doivent se rapprocher jusqu'à adhérer et ne pas être rejetées. Bien que les collisions initiales entre molécules se produisent tout à fait au hasard, les molécules en mouvement sont guidées par les forces électromagnétiques jusqu'à ce qu'elles trouvent des positions favorables sur la surface du cristal. Si une molécule arrivant au hasard se trouve positionnée à un endroit favorable à la croissance du cristal, elle est « sélectionnée ». Sinon, elle est rejetée. Sa venue initiale résulte du hasard, mais non sa sélection. De plus, quand le cristal atteint un état d'équilibre thermodynamique, il ne peut plus accepter de molécules et son évolution s'arrête.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com:Pour Eric J. Chaisson(2) ces lois s'articuleraient autour de la façon dont le flux d'énergie primordial (né lors du Big Bang et peut-être alimenté en permanence depuis lors) est utilisé par les corps physiques et biologiques pour accroître leur complexité. Il s'agit d'une énergie « libre » à la disposition des organisations matérielles et biologiques, qui l'utilisent en conformité avec les principes de la thermodynamique loin de l'équilibre pour se transformer et accroître leur complexité. Il en résulte une compétition entre les organisations qui favorise celles qui optimisent l'usage de l'énergie en rapport avec leur masse. Prenons l'exemple d'un astre. Si sa masse est très importante, il brûle tout son hydrogène trop rapidement et disparaît très vite sans produire de complexité. A l'opposé, notre soleil dispose d'une masse qui lui permet d'équilibrer longtemps la pression gravitationnelle et la force d'expansion née de la fusion de son hydrogène. Il est donc capable d'optimiser ses ressources énergétiques de sorte qu'il entretient pendant des milliards d'années autour de lui un cortège de planètes sur certaines desquelles la vie a pu apparaître. Mais, revers de la médaille, il se transformera en fin de vie en géante rouge et ne pourra pas atteindre l'état explosif d'une supernova. Il ne répandra donc pas dans son environnement les éléments lourds à partir desquels d'autres formes de vie pourraient se former dans d'autres systèmes solaires. Autrement dit, il n'aura pas de descendance et n'aura pas contribué à l'évolution cosmique. Ainsi les organisations que l'évolution cosmologique sélectionne sont celles qui restent au milieu de deux extrêmes : consommer trop d'énergie et brûler trop vite leurs réserves et ne pas en consommer assez et rien produire en termes de complexité.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: Mais il est un mécanisme évolutif beaucoup plus général, bien moins connu, qui intéresse le cosmos tout entier. Selon les théories cosmologiques actuellement admises, le cosmos est né d'un événement unique, le Big Bang ou le phénomène qui en a tenu lieu(1). Il est admis que depuis le Big Bang, la matière visible de l'univers a constamment évolué, depuis les nuages de poussières et protogalaxies jusqu'aux galaxies semblables à la nôtre. Au sein des galaxies, les astres évoluent eux-mêmes de façon relativement semblables : création d'un disque en rotation autour d'une proto-étoile, apparition des planètes, évolution de l'étoile elle-même jusqu'à sa disparition sous forme de géante rouge ou pour certaines de supernova. Sur les planètes de type terrestre, la matière physique évolue elle-même selon des cycles lents. Pour ce qui concerne la Terre, une des voies selon laquelle s'est faite cette évolution a permis l'apparition de la vie à partir de molécules pré-biologiques.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: La morphogenèse, telle que nous venons de l'évoquer, est la science de l'évolution des formes. Il est donc tentant de rechercher les grands mécanismes évolutifs permettant d'expliquer la diversification et l'accroissement de complexité des formes naturelles. Il en est un connu depuis longtemps, mais qui n'intéresse que la biologie : la sélection darwinienne sur le mode reproduction-variation-sélection. Elle suppose, sauf cas particuliers, l'existence d'un génome dont les mutations introduisent l'élément de diversification à partir duquel de nouvelles formes apparaissent.
automates-intelligents-html@kiosqueist.com: On appelle microgénération l'équipement des domiciles individuels en petits générateurs alimentés par des solutions croisées: turbine à vent, panneaux solaires, chaudière à gaz d'appoint, dans certains cas géothermie. On estime qu'un tel équipement, aujourd'hui et même sans aide, pourrait être rentable pour le propriétaire à partir de 10 années. Mais si la politique de microgénération était transformée en priorité nationale, les prix chuteraient et les gains pourraient être obtenus en 4 ou 5 ans. Certaines villes en France tentent de donner l'exemple.
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: On pourrait citer d’autres facteurs pour expliquer le faible impact de la science sur la vie de l’esprit humain. Cette situation changera-t-elle un jour ? Si l’on se fie aux arguments avancés plus haut, il faudra d’abord de nouvelles avancées scientifiques, et les diverses branches de la science devront former un tout cohérent plus unifié.
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: "Les biologistes ont fait la d�couverte �tonnante que les structures essentielles de la mati�re vivante op�rent � l��chelle de l�atome, qui est consid�rablement plus petite que les structures des objets, m�me les plus sophistiqu�s, fabriqu�s par l�homme, comme les m�moires et microprocesseurs d�ordinateurs. Mais cette d�couverte est aussi un pi�ge, car elle laisse entendre que l�explication de l�origine de la vie, bien qu�elle ne soit pas encore connue en d�tail, sera r�ductible � des ph�nom�nes physiques et chimiques standard. Mais les �tres humains ne sont-ils que de simples objets, au m�me titre qu�un bloc de plomb ou un microprocesseur ? Cette proposition contredit les opinions traditionnelles, elle choque profond�ment beaucoup de gens, et elle suscite la fureur de certains groupes conservateurs religieux, parents et �ducateurs. Et m�me les physiciens qui ont soutenu leurs coll�gues biologistes dans le conflit culturel et politique provoqu� par cette proposition sont nombreux � �tre g�n�s, dans leur for int�rieur, par l�interpr�tation scientifique traditionnelle de la relation entre le vivant et le non vivant."
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: Il y a aussi le problème de l’origine de la vie, qui pour les scientifiques reste non résolu. Des progrès énormes ont été faits, et la synthèse moderne de l’évolution darwinienne avec la biologie moléculaire est assurément l’une des plus grandes réussites de l’humanité. Les biologistes ont fait la découverte étonnante que les structures essentielles de la matière vivante opèrent à l’échelle de l’atome, qui est considérablement plus petite que les structures des objets, même les plus sophistiqués, fabriqués par l’homme, comme les mémoires et microprocesseurs d’ordinateurs.
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: C’est un univers qui est né d’une vaste et chaotique déflagration nucléaire, mais avec des propriétés finement ajustées, qui ont apparemment finalement garanti l’émergence d’une complexité quasi-infinie et d’un équilibre délicat entre stabilité et évolution. Surtout, la description scientifique de la réalité ne soutient pas la croyance intuitive, et pratiquement universelle, selon laquelle le monde physique n’est qu’un décor, une scène pour l’évènement le plus important de tous : la grande aventure humaine. Pour reprendre le physicien Steven Weinberg qui formule âprement une vision scientifique orthodoxe : « plus l’univers est compréhensible, plus il semble dépourvu de sens ».
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: Les attitudes populaires à l’égard de la nature ont certes changé, mais cela est avant tout l’héritage de Darwin, plutôt que d’Einstein. On pourrait aussi présumer que les attitudes à l’égard des autres êtres humains ont évolué sous l’influence de la science et de la technologie. Il se pourrait, par exemple, que la possibilité de voyager et de communiquer ait entraîné un recul du chauvinisme, des préjugés raciaux, de l’intolérance religieuse ou de l’homophobie. Indépendamment de cela, toutefois, notre monde psychique et mental reste celui de Moïse et de Mahomet, d’Aristote, de Galilée et de Newton, plutôt que celui d’Albert Einstein ou de Richard Feynman.
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: Les attitudes populaires à l’égard de la nature ont certes changé, mais cela est avant tout l’héritage de Darwin, plutôt que d’Einstein. On pourrait aussi présumer que les attitudes à l’égard des autres êtres humains ont évolué sous l’influence de la science et de la technologie. Il se pourrait, par exemple, que la possibilité de voyager et de communiquer ait entraîné un recul du chauvinisme, des préjugés raciaux, de l’intolérance religieuse ou de l’homophobie. Indépendamment de cela, toutefois, notre monde psychique et mental reste celui de Moïse et de Mahomet, d’Aristote, de Galilée et de Newton, plutôt que celui d’Albert Einstein ou de Richard Feynman.
Observateur OCDE: La science, l�Homme et l�ann�e internationale de la physique: La physique moderne, ou plutôt la science moderne, a influé sur deux aspects de la vie dans notre société. Considérons d’abord le côté matériel, ou pratique, de la vie : travail, loisirs, transports, communication, industrie, agriculture, guerre, soins de santé, etc. L’impact de la science du XXème siècle dans ces domaines a bien évidemment été immense. Les objets familiers qui nous entourent tirent leurs propriétés essentielles des résultats de la recherche scientifique de pointe. Par exemple, tous les appareils électroniques modernes, que ce soit le téléphone ou l’ordinateur portable, existent parce qu’en 1947, trois chercheurs américains ont produit l’une des plus grandes inventions du siècle : le transistor.
Observateur OCDE: Un monde meilleur: Beaucoup de questions se posent. L’eau douce est très inégalement répartie à la surface du globe. Quand les pénuries apparaîtront, les populations migreront-elles vers les oasis ? Des pays comme le Canada vont-ils subir des pressions pour partager leur abondante richesse naturelle ? La technologie apportera-t-elle des solutions, telles que des techniques moins coûteuses de dessalement ? Nous tournerons-nous davantage vers des cultures plus économes en eau ? Les plantes génétiquement modifiées peuvent-elles nous aider ?
Observateur OCDE: Un monde meilleur: Cela ne signifie pas que le conseil de Keynes doit être ignoré : il faut étudier le présent à la lumière du passé pour préparer l’avenir. Mais parfois le passé ne nous apporte guère d’enseignement pour le présent et l’avenir. C’est certainement le cas pour les enjeux environnementaux sans précédent auxquels le monde est aujourd’hui confronté.
26.3.06
Futuribles: Le pétrole est indispensable au fonctionnement de l’économie mondiale, notamment du fait de la dépendance quasi totale du secteur des transports. Pourtant, les prévisions d’offre et de demande d’hydrocarbures sont très différentes selon la source d’expertise considérée.
Ainsi, bien qu’elles soient peu débattues dans les publications institutionnelles, des controverses majeures pèsent sur l’estimation des réserves ultimes de pétrole. Les plus optimistes, arguant du fait que le montant des réserves prouvées n’a cessé de croître au cours des 50 dernières années, notamment grâce au progrès technologique et à l’exploitation de nouveaux champs en eaux profondes, prolongent la tendance passée et estiment que l’on n’a pas à craindre de pénurie avant 40, voire 80 ans.
De leur côté, les plus pessimistes affirment que le pétrole est une ressource finie dont les principales zones d’exploitation ont d’ores et déjà été découvertes. La consommation excédant désormais les découvertes et le progrès technique ayant ses limites, ils estiment, à partir de l’étude des découvertes passées, que la production pétrolière conventionnelle et non conventionnelle pourra croître jusqu’en 2015-2030 à un maximum de production de 90 millions de barils par jour, mais qu’elle déclinera ensuite inexorablement.
Ainsi, bien qu’elles soient peu débattues dans les publications institutionnelles, des controverses majeures pèsent sur l’estimation des réserves ultimes de pétrole. Les plus optimistes, arguant du fait que le montant des réserves prouvées n’a cessé de croître au cours des 50 dernières années, notamment grâce au progrès technologique et à l’exploitation de nouveaux champs en eaux profondes, prolongent la tendance passée et estiment que l’on n’a pas à craindre de pénurie avant 40, voire 80 ans.
De leur côté, les plus pessimistes affirment que le pétrole est une ressource finie dont les principales zones d’exploitation ont d’ores et déjà été découvertes. La consommation excédant désormais les découvertes et le progrès technique ayant ses limites, ils estiment, à partir de l’étude des découvertes passées, que la production pétrolière conventionnelle et non conventionnelle pourra croître jusqu’en 2015-2030 à un maximum de production de 90 millions de barils par jour, mais qu’elle déclinera ensuite inexorablement.
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