1.11.09

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine - désignés collectivement par l’acronyme BRIC - jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales - le Groupe des 7 (G-7) - s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

23.10.09

Les défis du développement durable, de la crise économique, de la société de la connaissance nous obligent à prendre en compte une multitude de facteurs. Cette pensée cartographiée complexe que j’appelle « pensée-2 » doit être mémorisable entre les différentes innovations des laboratoires. En place de cathédrale, j’utilise la carte d’une l’île (Cf. biblioprospectic.fing.org) . A force de me promener dans cette île, elle s’est installée dans ma mémoire à long terme. J’ai pu placer dans ce décor ce qui est déterminant sur le plan technologique et scientifique pour les années à venir. Utiliser cet outil de mémorisation m’a permis de découvrir des liens nouveaux.
Une fois muni d’une carte commune pour y déposer nos idées, nous pouvons collaborer à plusieurs. Le courant de l’open source démontre par l’exemple qu’on peut contrairement à ce qu’on dit collaborer à plus de douze. Le peer to peer, les réseaux sur internet offrent des modes de coopération qui dépassent la centaine. L’open source est un modèle résiliant, qui s’adapte. Il ne vise pas l’efficacité mais l’adaptabilité. Ce qui se passe dans le domaine des logiciels libres est en train de s’adapter à bien d’autres aspects de la connaissance : la biologie, les sciences cognitives, l’économie, les échanges monétaires

ProspecTIC - Prospectic-2008

Aujourd hui, l'homme peut non seulement agir sur lui-même et sur son environnement, mais il a aussi acquis le pouvoir de détruire sa niche écologique, voire l'humanité toute entière.

De nombreuses innovations vont se fondre dans notre quotidien ou notre corps.
Des domaines tels que les NBIC (nanotechnologies, biotechnologie, information et cognition) ouvrent grand l'univers des possibles, mais en suscitant de nombreuses interrogations. On voit apparaître des matériaux qui changent leurs propriétés en fonction de l'environnement, des nano-usines, des interfaces directes entre le cerveau et les ordinateurs, des robots qui mangent pour acquérir de l'énergie, l'observation en temps réel du cerveau humain...
Nous sommes désarmés face à notre incapacité collective à faire des choix d'une ampleur historique et à les appliquer. Comment mobiliser l'intelligence collective des hommes faceà ces défis majeurs ? Il est devenu primordial de poser le débat

9.10.09

Agir ou ne pas agir : les risques
Selon Martin Parry du Collège Imperial de Londres : “il est maintenant trop tard pour tergiverser. Il faut développer une stratégie en trois points :

1) réduire les émissions le plus vite possible ;
2) s’adapter à une vie avec 3 degrés supplémentaires ;
3) utiliser la géo-ingénierie pour faciliter la transition entre la période de réduction et celle d’adaptation.”
D’après Petr Chylek du laboratoire de Los Alamos : “La géo-ingénierie devrait se consacrer à un but unique : éviter la fonte des glaces du Groenland. Cela diviserait les coûts d’une telle entreprise par un facteur situé entre 10 et 100″.

Pour Kerry Emmanuel du Massachusetts Institute of Technology (MIT): “La solution de la géo-ingénierie est peut-être moins que désirable, mais la probabilité d’obtenir un accord global pour la réduction des émissions de CO² est aujourd’hui très faible.”

John Matham du Centre national américain sur la recherche atmosphérique y croit fort : “Il est vital d’utiliser la géo-ingénierie pendant qu’on effectue des recherches sur des formes d’énergie propres”. La technologie des “gouttelettes d’eau” (voir prochain article) étudiée par son groupe pourrait, selon lui, maintenir constante la température pendant 50 ans et permettre de sauvegarder la couverture arctique durant cette période.
Et si la planète était encore plus menacée qu’on ne le pense ? Et si les mesures actuelles envisagées contre le réchauffement climatique (réduction des émissions, taxe carbone, green design…), n’étaient qu’emplâtres sur une jambe de bois ? Le fait est qu’il y a souvent une distance entre le discours volontiers alarmiste (et probablement avec raison) des penseurs écologistes et la relative modération des solutions proposées.
Face à l’urgence de résoudre le problème climatique, une solution “taboue” commence à avoir de nouveau droit de cité : la géo-ingénierie.

Pour résoudre la crise écologique, modifions plus encore le système écologique !
Qu’envisagent donc les adeptes de cette discipline? La modification voulue et systématique du système écologique terrestre, tout simplement. On comprend que cela fasse grincer des dents ! Car une erreur sur une entreprise de cette ampleur pourrait bien nous être fatale à tous. Imaginez les débats et les peurs liées aux OGM, au nucléaire, à la nanotechnologie, à la modification du vivant… mélangez-les et multipliez par 10 : vous aurez peut-être une légère approximation de l’inquiétude que suscite le débat qui s’amorce autour de la géo-ingénierie.

2.10.09

Un nez électronique pour détecter les gaz dangereux
Un nez électronique pour détecter des vapeurs d’ammoniac, d’acide nitrique, de dioxyde de soufre... C’est ce que vient de mettre au point une équipe de chercheurs américains de l’Université de l’Illinois. Cette formidable machine agit en moins de deux minutes et peut ainsi alerter en cas d’émanations immédiatement dangereuses pour la santé, voire pour la vie. Selon l’étude publiée par la revue Nature Chemistry, ce nez permet « de différencier 19 produits industriels toxiques ».

Son fonctionnement paraît relativement simple : il utilise 36 pigments différents dont la couleur change en fonction de leur environnement chimique. Ces pigments chimiosensibles sont répartis sur une structure nanoporeuse de la taille d’un timbre-poste. La présence du gaz toxique est indiquée par le changement du motif coloré par les différents pigments. Le changement du motif des couleurs est une empreinte moléculaire unique pour chaque gaz toxique.

Pour analyser les différences de motifs, l’image des pigments colorés doit être enregistrée avant et après exposition aux produits chimiques. Ce nez artificiel est « simple, rapide et peu coûteux », explique l’université qui précise qu’il n’est pas affecté par les changements d’humidité.

Figaro

28.9.09

The Economist écrit ainsi sans s'émouvoir que "dans les prochaines quarante années, le nombre total d'autos dans le monde devrait quadrupler pour atteindre 3 milliards de véhicules".

25.9.09

Comme je vous l’ai dit à plusieurs reprises dans cette Lettre, dorénavant les connaissances globales doublent tous les 10 ans. Ceci signifie que l’Humanité a acquis, depuis mon édito de 1999, autant de connaissances nouvelles que celles qui avaient été acquises par l’Homme depuis la nuit des temps.

22.9.09

Où va le monde ? Avec la fin de la guerre froide, la crise financière, l'affaiblissement du leadership américain, cette question est plus légitime que jamais. Le XXe siècle est bel et bien derrière nous, mais les contours du XXIe siècle sont encore flous et incertains. La nouvelle édition de l'Atlas du Monde diplomatique essaie de fournir des pistes de compréhension du monde qui se dessine avec la fin de la présidence Bush et l'élection de M. Barack Obama, avec l'ascension des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), avec la menace du changement climatique et les défis énergétiques, avec la poursuite des crises régionales, notamment dans le Grand Moyen-Orient, de l'Afghanistan à la Palestine, de l'Iran à la Somalie.

Cette nouvelle édition a été complètement actualisée et enrichie; notamment par un chapitre consacré à l'Asie, car, désormais, c'est sur ce continent que se joue en grande partie l'avenir. L'affirmation des deux géants que sont l'Inde et la Chine devrait, durablement, affecter les relations internationales et, dans une certaine mesure, mettre un terme à un monde qui fut, deux siècles durant, dominé par l'Occident.

18.9.09

En France, la Caisse des Dépots vient de sortir un rapport très intéressant intitulé « Technologies de l’autonomie » http://e-alsace.net/documents/fck/file/documents_pdf/EtudesCDC.pdf. Cette étude rappelle que la population française âgée de 75 ans et plus sera multipliée par 2,5 entre 2000 et 2040 pour atteindre 10 millions de personnes. En supposant une stabilité de la durée de vie moyenne en dépendance, 1200000 personnes seraient dépendantes en 2040.

15.9.09

Ce moment américain n'est synonyme ni de paix, ni de nouvel ordre du monde. Avec la caution des Nations unies, comme en Somalie, ou sans elle, comme au Kosovo, les Etats-Unis multiplient les interventions militaires, parfois au nom du droit d'ingérence humanitaire. Dans le même temps émerge un nouvel ennemi global, l'islam radical, considéré comme aussi dangereux que le nazisme ou le communisme.

Quant à la mondialisation économique, la « mondialisation heureuse », elle commence à donner les premiers signes de craquement, ainsi qu'en témoignent les crises asiatique et russe de la seconde moitié des années 1990.

L'avènement de M. George W. Bush à la présidence des Etats-Unis et les attentats contre New York et Washington du 11 septembre 2001 favorisent l'avènement d'une politique impériale américaine, politique qui, paradoxalement, va accélérer un déclin des Etats-Unis.

27.8.09

Depuis la guerre froide, le pétrole s'est fait or, le mur s'est effondré à Berlin, la bombe a proliféré, le chômage s'est pointé au Nord, le Sud n'a cessé de se peupler, la Chine s'est réveillée, le Japon a émergé, l'Europe est née, l'Autorité palestienne a été inventée, Rabin a été assassiné, l'islamisme a explosé, talibanisé, les bakcans ont repris feux, l'Otan, l'Onu, l'Opep, ONG et, les dernières notes de cette symphonie du nouveau monde sont la globalisation, la « guerre au terrorisme », le Nouvel orient. Samuel Huntington en a même tiré une partition !
Une chose est certaine, les relations internationales ne peuvent plus souffrir de la rationalité limitée. Mais le ver est dans le fruit: experts auto-proclammés, hommes politiques populistes et médias à sensations colportent des idées reçues sur les relations internationales, souvent avec bonne foi. Et depuis le « 11 septembre 2001 » nous sommes tentés de leur prêter attention.

15.7.09

IBM - Une plan�te plus intelligente - Aper�u - Canada

IBM - Une planete plus intelligente - Apercu - Canada: Le monde est de plus en plus instrumenté. D'ici à 2010, il y aura sur terre un milliard de transistors par humain, chacun coûtant un dix-millionième de cent.
Le monde est interconnecté. Avec un billion d'articles en réseau — voitures, routes, oléoducs, électroménagers, produits pharmaceutiques et bétail — la quantité d'informations créées par toutes ces interactions croît de façon exponentielle.
Tous ces articles deviennent intelligents. Des algorithmes et de puissants systèmes peuvent analyser ces montagnes de données et les transformer en décisions et mesures réelles capables de rendre le monde meilleur. Plus intelligent.

9.7.09

Les innovations ouvertes sont-elles compatibles avec les syst�mes d’information ? | InternetActu.net

Il y a 10 millions de chercheurs dans le monde qui publient 15 000 articles scientifiques par jour. Ils ont déposé 1 million de brevets en 2008 (pour 7 millions de brevets actifs dans le monde), rappelle-t-il pour nous donner la mesure du rythme de l’innovation. D’un autre côté, nos sociétés se transforment rapidement : outre le changement climatique, nous avons aussi des besoins nouveaux, des connaissances nouvelles…

Les vagues d’innovation ont été nombreuses dans l’histoire (le siècle de Périclès, le temps de cathédrales, la Renaissance, la révolution industrielle et l’époque actuelle du net pour n’en citer que quelques-unes). Chaque vague commence par une révolution technologique et scientifique. La Renaissance par exemple est certainement le premier moment d’innovation ouverte en Europe. Un temps qui invente l’humanisme, les brevets, le capital-risque et le design… Quatre éléments qui sont aussi caractéristiques de l’innovation. “L’homme devient la mesure de toutes choses”. La formule de Protagoras est certainement emblématique de l’humanisme de la Renaissance, même si elle lui est plus ancienne. La révolution du net remet également l’homme au coeur du processus, et l’on constate que le design émerge à nouveau comme méthode pour organiser cette nouvelle vague d’innovation.

26.6.09

Dominique Pestre : La double nature des technologies | InternetActu.net

Cette première tension entre technologie et société se prolonge par l’opposition entre la logique de marché et celle de démocratie. En effet, explique l’historien, innovation et nouveaux produits technologiques sont d’abord proposés par le marché… mais il faut attendre qu’ils se soient profondément et massivement répandus dans la société pour en voir et en comprendre les effets positifs et négatifs, pour en comprendre le sens et ce qu’ils transforment. Il y a un délai dans la façon même dont se diffuse l’innovation. On se rend compte par exemple des effets possibles des ondes électromagnétiques, une fois que les produits qui les utilisent se sont démultipliés dans la société et en ont démultiplié les effets.

Dominique Pestre : La double nature des technologies | InternetActu.net

La technologie déstabilise la vie des gens, change les normes, transforme les équilibres de la société. Il est donc tout à fait normal que la société réagisse à ces transformations. La biotechnologie par exemple, dans la façon dont elle propose de transformer le corps en intervenant sur ce qui constitue la définition même de l’homme (le clonage, les limites de la vie…), déclenche naturellement des débats.

Dominique Pestre : La double nature des technologies | InternetActu.net

Pour comprendre la relation entre technologie et société, nous explique l’historien des sciences Dominique Pestre, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, il faut comprendre l’ambiguïté, la tension, les contradictions qui sont constitutives de cette relation. “Il y a une contradiction entre la logique de l’innovation, le changement technoscientifique qu’elle induit et les formes de vies et valeurs sociales qu’elles portent”.

[@RT Flash] Lettre 520 du 26 juin au 2 juillet 2009 - @ Tregouet

Mais, comme toujours, c’est le prix qui constituera le plus puissant facteur d’attractivité pour le consommateur : une étude révèle qu’une majorité serait prête à acheter une voiture qui n’émet pas de CO2 si elle ne coûte pas plus de 15.000 euros. On voit donc le défi que s’est fixé le Japon : fabriquer en 2020 un véhicule électrique d’une autonomie de 500 km coûtant moins de 15 000 euros et pouvant se recharger en quelques minutes.

Pour parvenir à relever un tel défi, le Japon a su non seulement unir sa recherche publique et industrielle mais mobiliser toutes les ressources de sa recherche fondamentale. Souhaitons que l’Europe sache allier de manière aussi efficace pragmatisme et vision à long terme si nous voulons rester dans la course mondiale du véhicule propre qui constitue un des enjeux techno-industriel majeur de ce siècle.

30.5.09

“S’il n’y a pas “convergence” mais plutôt “croisement” des sciences, il peut y avoir une convergence des efforts (en particulier financiers) afin d’utiliser toutes ces sciences et technologies au service d’une application : la convergence applicative.

Elle n’est plus un résultat de notre compréhension du monde tel qu’il est. La convergence applicative est plutôt le résultat d’un choix. Un choix de société, un choix politique… Nous faisons le choix de faire converger nos efforts sur le développement et l’utilisation des technologies vers des applications qui nous semblent importantes. La convergence n’est pas une question scientifique, mais une question politique : que voulons-nous comme monde ?

Ainsi, le rapport de la NSF veut “améliorer la performance humaine“, alors que le Conseil National de Recherche du Canada s’intéresse plutôt à utiliser ces technologies pour “répondre aux problèmes de santé et d’alimentation dans le monde“. Quant à la Commission Européenne, elle souhaite mettre toutes ces technologies qui se croisent au service de la “société de la connaissance“.

Il ne s’agit pas de choix de pays, mais plutôt de choix d’organismes (et parfois du choix d’auteurs qui ont habilement publié leurs idées via ces organismes). Mais la vraie question est : s’il n’y a pas de convergence des sciences, mais des choix de société face aux nouveaux possibles ouverts par les différentes technologies qui émergent, alors qui fait ces choix ? Doivent-ils être faits uniquement par des experts ?

A la NSF, on trouve deux influences a priori de milieux très opposés : les militaires et les contre-cultures, parce que les intérêts de ces deux extrêmes “convergent” pour faire un homme transformé (le super soldat ou bien l’homme immortel), même s’ils sont très différents de ce que pense la grande majorité des citoyens.

Il devient donc urgent de permettre au plus grand nombre de comprendre les enjeux des nouvelles technologies, de faire en sorte qu’ils comprennent que ce n’est pas un enjeu technique, mais plutôt des choix de sociétés et que pour cela, il n’est pas nécessaire d’en comprendre tous les fondements techniques, mais de comprendre seulement “l’architecture” des sciences et technologies pour comprendre ce qu’elles rendent possible et surtout, comprendre que si elles permettent (presque) tout, alors nous devons de façon urgente participer au débat pour choisir dans quelle société nous voulons vivre demain.”

Se lib�rer de la mati�re ... - Google Recherche de Livres

On distinguait autrefois les civilisations d'après la nature du matériau qui prévalait : âge de pierre, âge du bronze, âge du fer. En ce début de XXIe siècle, on parle d'un " âge de l'information " ou d'une " société de la connaissance ". Certains, en effet, proclament déjà " la fin de l'âge des matériaux ". La notion de dématérialisation, apparue vers 1990 comme une tendance des techniques modernes et un impératif d'écologie industrielle, désigne une diminution de la matière dans les biens de consommation. Aujourd'hui, les nanotechnologies renforcent l'espoir de s'affranchir de la matière par les pouvoirs de l'esprit. Ne s'agit-il pas plutôt en l'occurrence d'une forme de contrat avec de nouveaux matériaux, ingénieux et partenaires ? Loin de nous acheminer vers une civilisation de plus en plus spirituelle, nous sommes entrés de fait dans " l'âge des matériaux ".