11.8.10

La géopolitique fait partie des sciences humaines. Selon la définition traditionnelle, elle étudie les conséquences de la géographie sur les relations entre Etats et entre grands intérêts économiques et, inversement, celles de la politique sur la géographie, notamment en ce qui regarde la fixation des frontières et des populations. Mais à l'heure de l'interdisciplinarité, c'est-à-dire des échanges entre les sciences, il est difficile de considérer la géopolitique comme se suffisant à elle-même, au même titre que l'histoire, la géographie ou la science politique et, a fortiori, au même titre que la chimie ou la biologie.

Ceci n'a d'ailleurs pas tardé puisque ces derniers jours The Venter Institute a présenté Synthia, ou Syn for friends. Il s'agit par ce nom de désigner de ce que Venter appelle la première forme de vie crées par l'homme. Or il semble bien que l'Institut soit engagé dans une procédure de prise de brevet au niveau mondial. Il en résulterait que nul ne pourrait légalement utiliser la plateforme ainsi réalisée, ni sans doute procéder à des opérations analogues en reprenant les techniques de l'Institut. Le brevet cherchera peut être même à interdire toute expérience nouvelle de synthèse de la vie, sauf évidemment à verser des royalties à l'Institut. Venter va-t-il devenir le Biosoft (pour ne pas dire le Microsoft) de la biologie ?

Pour des chercheur tels Daniel Nettle de l'Université de Newcastle ou Sarah Jones de l'Université du Kent(4), les traits généralement considérés comme négatifs, voire asociaux sinon criminels, que l'on reproche aux résidents en difficulté, jeunes ou moins jeunes, des banlieues urbaines, se bornent à traduire un processus inconscient d'adaptation globale à des situations de plus en plus dures, autrement dit de plus en plus sélectives. C'est ainsi que les femmes se reproduiraient de plus en plus tôt et avec un nombre croissant d'enfants, car il s'agit d'un mécanisme propre à tous les mammifères dont l'environnement se rétrécit et la durée de vie diminue. De même, si les jeunes sont de plus en plus agressifs, en fait à la recherche par n'importe quel moyen des ressources qui ne leur sont plus apportées par la société, ce ne serait pas en premier lieu sous l'influence de gangs mais de la nécessité de satisfaire des besoins de moins en moins bien servis par une organisation sociale de plus en plus inégalitaire. Les mêmes études sont en cours, avec les mêmes conclusions, sur les populations d'afro-américains et de latino-américains en difficulté outre Atlantique.

Bien différentes sont les études portant sur les acquisitions ou les pertes de compétences résultant de la façon dont les populations se situent au regard des Pouvoirs. 
Nul observateur objectif ne peut nier aujourd'hui que de nouvelles couches de dominants se soient installées sous des formes très voisines dans les diverses parties du monde, ceci sous l'influence de la destruction délibérée par les puissances financières des structures de l'Etat providence destinées à établir un minimum d'égalité entre citoyens. Il s'agit ici d'ultra-riches, d'élus politiques amis et de personnalités d'influence liées dans des cercles de partage de pouvoir de moins en moins discrets. Ils s'arrangent pour capter la plus grande partie des valeurs produites par les activités économiques et intellectuelles.

En contrepartie se développent des populations de plus en plus nombreuses d'ultra-pauvres, de moins en moins aptes à partager les bénéfices des diverses formes de croissance, matérielles ou immatérielles, que pouvaient faire espérer les progrès technologiques. Nous avons cité le cas de Glasgow et de sa banlieue, mais il est inutile de préciser que ce cas se retrouve à l'identique dans des milliers d'autres zones géographiques, évidemment aussi en France. 

5.8.10

"La société où nous passerons le reste de notre vie est devenue un bolide dont la portée des phares diminuerait en proportion de son accélération." En d'autres termes, une société dont le passé est rétréci et le futur, invisible.

3.8.10

Paul Thagard, bien qu'affirmant tranquillement ce qui, pour lui (et pour nous) représente une évidence, ne se dissimule pas que ce faisant il se heurtera à la très grande majorité de ses lecteurs. Ceux-ci, pour des raisons qui sont d'ailleurs explicables en termes évolutionnistes, disposent encore de cerveaux qui sont formatés pour, à la moindre difficulté de compréhension, évoquer des causes cachées. Le plus matérialiste d'entre nous doit lui-même combattre le retour en lui de superstitions ancestrales dès que l'incertain et l'aléatoire propres au monde matériel se manifestent. Paul Thagard semble convaincu cependant que les sciences modernes, en multipliant les analyses et les expérimentations, en faisant notamment appel aux techniques en plein développement des neurosciences, permettront l'augmentation du nombre des personnes adoptant, fut-ce sur un plan seulement philosophique, les méthodes de la rationalité scientifique.

si on veut être un activiste ou un engagé "moderne", il faut pouvoir "comprendre le monde", dans ses dimensions économiques, politiques et humaines.

CJ : D'où nous est venue cette dissociation d'avec la nature ?
JPG : Cette dissociation est apparue lorsque l'agriculture fut inventée et lorsque les religions monothéistes ont été mises en place. On a alors assisté à une sacralisation de l'homme et à une sortie de "l'humain" de la nature. Et cette coupure, le fait que l'on ne soit plus viscéralement, cosmiquement proche avec cette nature, induit que même dans notre façon de poser les problèmes environnementaux, nous nous dissocions de notre environnement. 

Il s'avère que les systèmes évoqués sont trop complexes pour être compris et plus encore pour être gérés par des personnes individuelles. Néanmoins, c'est à celles-ci que la société demande d'évaluer les risques de défaillance et de prévoir les mesures destinées à les prévenir.

Placés devant de telles responsabilités, les humains en question, fussent-ils très entraînés et motivés, révèlent des faiblesses que nous pourrions dire congénitales. Ils ont d'abord le plus grand mal à imaginer que de petites pannes puissent s'accumuler et survenir simultanément en provoquant des désastres systémiques de grande ampleur. Par ailleurs, ils s'habituent très vite aux risques potentiels pouvant provenir de petits défauts. Si rien ne s'est produit jusqu'à ce jour, pourquoi cela surviendrait-il demain ?

De plus, ils accordent une foi illimitée aux systèmes de protection et de back up, même si ceux-ci n'ont jamais été testés en vraie grandeur. 

 Ainsi on ne peut comprendre comment fonctionne le cerveau si l'on s'en tient à l'étude des cellules individuelles qui le composenti, c'est-à-dire les neurones. Il en est de même concernant l'étude des organismes plus complets, tels que le corps tout entier.

Certes celui-ci est constitué d'organes aux cellules spécialisées dont il faut connaître évidemment les différences et les rôles spécifiques, mais le fonctionnement global du corps ne peut se déduire du fonctionnement de chacun de ses organes et moins encore de celui de chacune des cellules participant au fonctionnement de ces organes. C'est là un des fondements de ce que l'on a nommé la physiologie intégrative(1). A un niveau plus élevé, le fonctionnement d'un groupe d'animaux ne peut se déduire de celui des individus composant ce groupe. Il résulte d'une relation holistique s'établissant entre ces individus, et pouvant prendre la forme de comportements globaux et de cultures spécifiques.

28.7.10

Et maintenant, fabriquer de la matière vivante

Un demi-siècle après la découverte de l’ADN, des chercheurs en biologie s’estiment mûrs pour franchir le cap de la création d’organismes vivants artificiels. Ils ont décidé — certains d’entre eux du moins — d’appliquer à la génétique les méthodes des ingénieurs en informatique de la Silicon Valley. Portés par les marchés fortement spéculatifs de la bioénergie et des droits à polluer, ils perfectionnent leurs technologies, en espérant toucher de l’or.

25.7.10

Influence de l'extension de l'internet

Les données manquent au sujet de l'influence de l'extension de l'internet non seulement sur les psychismes, mais aussi sur l'organisation cérébrale en profondeur des habitués. De plus en plus d'observateurs s'interrogent cependant sur l'effet que peut avoir le développement des réseaux dits sociaux, notamment chez les jeunes. Quel temps peut-il rester pour des formes de pensées ou de travail traditionnels à des personnes se connectant plusieurs heures par jour à des cercles d'amis rassemblant une moyenne de 150 à 200 correspondants ? Il est certain que la vie intellectuelle et affective non seulement des individus impliqués mais de groupes sociaux de plus en plus étendus en sera transformée, d'une façon qui n'apparaît pas encore clairement. Des analyses en profondeur commencent à être entreprises afin de répondes à ces questions..

20.7.10

Les écrans, poursuit Kevin Kelly, provoquent l’action, et non la persuasion. La propagande est moins efficace dans un monde d’écrans, car si la désinformation se propage vite, les rectifications aussi. Sur écran, il est la plupart du temps aussi facile de corriger une erreur que d’en commettre une ; Wikipédia marche aussi bien parce qu’on peut y rectifier quoique ce soit en un seul clic. Dans les livres, ce que nous trouvons, c’est la vérité révélée. Sur l’écran, nous assemblons des pièces pour créer notre propre vérité. Le statut d’une nouvelle création n’est pas donné par le niveau des critiques qu’elle a suscitées, mais par le degré auquel elle est liée au reste du monde. Une personne, un artéfact, un fait, n’existent pas ! s’ils ne sont pas liés.

Un écran peut révéler la nature profonde des choses, continue Kevin Kelly. Passer l’œil de l’appareil photo d’un téléphone portable devant le code-barre d’un produit manufacturé révèle son prix, son origine, et les commentaires d’utilisateurs. Tour se passe comme si l’écran affichait l’essence intangible de l’objet.

A mesure que les écrans deviendront plus puissants, plus légers et plus grands, on pourra les utiliser pour voir le monde plus en profondeur. Tenir une tablette en l’air pendant qu’on marche dans la rue nous donnera accès à une superposition annotée de la rue dans laquelle nous sommes – où il y a des toilettes propres, où se trouvent les magasins qui vendent ce que j’aime, où traînent mes amis. Les puces informatiques deviennent si minuscules, et les écrans si fins et si bon marché, que, dans les 40 prochaines années, des lunettes semi-transparentes apposeront une couche informationnelle sur la réalité, on aura accès en regardant un objet à travers elles aux informations essentielles concernant cet objet. De cette manière, explique Kelly, les écrans nous permettront de tout lire, pa! s seulement des textes.

Mais, plus importants encore pour Kevin Kelly, les écrans pourront aussi nous regarder. Ils seront nos miroirs, les puits dans lesquels nous regarderons pour apprendre quelque chose sur nous-mêmes. Pas pour voir notre visage, mais pour voir notre statut. Des millions de gens utilisent déjà des écrans de poche pour y enregistrer où ils sont, ce qu’ils mangent, combien ils pèsent, quel est leur état d’esprit, comment ils dorment et ce qu’ils voient. Quelques pionniers ont déjà commencé le “life logging”, l’enregistrement de leur vie, ils en enregistrent le moindre détail, la moindre conversation, la moindre image, la moindre activité. Le résultat de cet autotraçage continuel est une mémoire impeccable de leur vie, une vision d’eux-mêmes étonnamment objective et quanti! fiable, qu’aucun livre ne peut fournir. L’écran fait partie de notre identité.

Nous vivons, conclut Kevin Kelly, sur des écrans de toutes les tailles, des IMAX aux Iphones. À l’avenir, nous ne serons jamais très loin d’un écran. Les écrans seront le premier lieu où nous chercherons des réponses, des amis, des informations, du sens pour savoir ce que nous sommes et ce que nous pourrions être.

“L’Amérique est fondée sur l’écrit”, commence Kevin Kelly. Elle s’enracine dans des documents écrits : la Constitution, la Déclaration d’Indépendance et, indirectement, la Bible. La réussite de ce pays repose sur un niveau élevé d’alphabétisation, sur la liberté de la presse, sur l’allégeance à une loi inscrite dans des livres, et sur une langue commune. La prospérité et la liberté de l’Amérique ont cru à partir d’une culture de l’écriture et de la lecture.

Mais, continue Kelly, la lecture et l’écriture, comme toutes les technologies, sont dynamiques. Dans les temps anciens, la plupart des auteurs, dictaient leurs livres. La dictée résonnait comme une suite ininterrompue de lettres, les scribes inscrivaient donc les lettres les unes à la suite des autres. Jusqu’au 11e siècle, un texte ne comportait aucun espace entre les mots. Ce qui rendait difficile la lecture d’un livre. Rares étaient ceux qui pouvaient le lire aux autres à haute voix. Pouvoir lire un livre tout seul en silence passait pour un talent hors du commun. Savoir écrire était tout aussi rare. Dans l’Europe du 15e siècle, seul 1 homme adulte sur 20 savait écrire.

Après 1440 et l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, la production massive de livres changea la manière dont les gens lisaient et écrivaient. La technologie de l’impression augmenta le nombre de mots disponibles (de 50 000 en Ancien Anglais à près de 1 million aujourd’hui, précise Kelly). Un plus grand choix de mots agrandit le nombre de choses qu’on pouvait communiquer. Les auteurs n’étaient plus obligés de composer des ouvrages savants, mais pouvaient gaspiller des livres, désormais bon marché, pour raconter des histoires de cœur, ou publier des mémoires, sans même être rois. Les gens pouvaient écrire des libelles pour s’opposer au consensus et avec des impressions à bas coûts, des idées hétérodoxes eurent suffisamment d’influences pour renve! rser des rois et des papes. Dans le même temps, le pouvoir des auteurs donna naissance à l’idée d’autorité et à la culture de l’expertise. La perfection était atteinte “par le livre”. Les lois étaient compilées dans des livres officiels, les contrats étaient écrits, et rien n’avait de valeur s’il n’était pas mis en mots. La peinture, la musique, l’architecture, la danse étaient importantes, mais le cœur de la culture occidentale était rythmé par les pages que l’on tournait. Vers 1910, les trois quarts des villes américaines de plus de 2 500 habitants comptaient une bibliothèque municipale. Nous, dit Kevin Kelly, étions devenus le peuple du livre.

Aujourd’hui, poursuit-il, plus de 4,5 milliards d’écrans numériques illuminent nos vies. Les mots ont migré de la chair du bois au pixel des ordinateurs, des téléphones, des laptops, des consoles de jeux et des tablettes. Désormais, les lettres ne sont plus fixées par l’encre noire sur du papier, mais elles volètent à la vitesse d’un clignement d’œil sur une surface de verre dans un arc-en-ciel de couleurs. Les écrans remplissent nos poches, nos attachés-cases, nos bureaux, nos salons, et les façades des immeubles. Ils se tiennent face à nous quand nous travaillons, sans aucune considération pour ce que nous faisons. Nous sommes devenus le peuple de l’écran. Et bien sûr, cette nouvelle ubiquité de l’écran a des conséquences sur la manière dont n! ous lisons et écrivons.

Dans sa présentation à Lift le 7 juillet, Manuel Lima a résumé l’actuelle transformation de nos connaissances en citant un article de Warren Weaver (un scientifique qui développa dès 1944 la théorie de l’information en compagnie du célèbre Claude Shannon) sur la complexité organisée, où il tente d’analyser l’histoire de la perception de la réalité en trois étapes :

  • Les 17e, 18e et 19e siècles, époque du triomphe de la mécanique newtonienne furent essentiellement consacrés à l’analyse de la simplicité. Les sciences et les mathématiques de l’époque se chargeaient de comprendre les choses prévisibles, constantes, comme les mouvements des objets sous l’influence des forces physiques.

  • Le 20e siècle s’est intéressé à la complexité désorganisée : le hasard, les statistiques…

  • Le 21e siècle, lui, se heurte à la complexité organisée. Celle justement qui se caractérise par la constitution des réseaux.

 “Le cerveau est un réseau constitué de neurones reliés par des axones ; la cellule est un réseau de molécules reliées par des produits chimiques ; les sociétés humaines sont constituées d’individus reliés par des relations amicales, familiales, professionnelles ; les écosystèmes entiers sont des réseaux d’espèces connectées par diverses interactions comme la chaine alimentaire.”

15.7.10

Les outils qui ont modifié nos manières de penser, notre cerveau

Nicolas Carr les appelle les «intellectual technologies», les «outils de l’esprit».
Ce sont les principaux outils qui ont profondément modifié les modes de pensée de l’humanité et... ils sont très peu nombreux.

Il en cite quatre :
- L’alphabet, mis au point par les Grecs en 750 AC, avec son jeu de caractères très dense de 24 signes, il a permis l’essor de l’écriture comme substitut à la voix dans le transfert de la connaissance.
Socrate, l’orateur, contre Platon, l’écrivain, c’est un vieux débat !
- La cartographie, pour nos relations à l’espace.

- L’horloge mécanique, pour nos relations au temps ; ce sont les moines qui en sont à l’origine, pour pouvoir mieux rythmer leurs cycles de prières.

- Les différents supports de l’écriture, la lourde argile des Sumériens contre le papyrus léger des Egyptiens (PC de bureau contre PC portable !), l’arrivée de la tablette de cire (iPad !), premier support effaçable. Ce sont surtout, au milieu du XV siècle, les inventions de Gutenberg qui ont permis la diffusion massive et économique de la connaissance écrite.

- La réduction de la taille des outils, que ce soit la montre portable ou le format «octavo» des livres (notebook !), en les démocratisant et en permettant un accès en mobilité a profondément changé les usages.

Depuis une quinzaine d’années, l’Internet a pris le relais comme nouvel «outil de l’esprit». Il aura des impacts sur le fonctionnement de notre cerveau au moins aussi importants, et plus rapides que les quatre technologies historiques.

21.5.10

Nul n’est responsable des transformations radicales, qui sont par nature inévitables. Là où je suis sceptique ou critique quant à l’argument de l’arrivée d’une Singularité, n’est pas par rapport au fait que quelque chose d’inévitable puisse arriver, mais bien plutôt sur le concept lui-même de Singularité, sur la façon dont les tenants de la Singularité pensent que cette transformation va arriver, et cette approche quasi religieuse de l’infaillibilité de leur prédiction.

Le problème c’est que cette croyance est en profonde rupture avec la façon dont le monde marche vraiment. Dans le monde réel, les machines tombent en panne tout le temps, les gens qui font des choix politiques ne le font pas tout le temps avec des arguments rationnels, mais par rapport aux lobbys qui les influencent… Le vrai monde est bordélique et complexe. Il est très difficile d’évaluer la manière dont la technologie se concentre sur les gens et la façon dont ils devraient le faire. Le monde réel ne se réduit pas à une analyse algorithmique quantitative… Ces visions d’une transformation radicale semblent conduites par la croyance que d’un coup, tout va changer. J’aimerais voir plus de gens se plonger dans l’étude de transformations radicales, mais d’un point de vue et dans une perspective! humaniste. Avec des anthropologues et des sociologues… plus tôt que seulement avec des informaticiens.
Or pour Cascio ce n’est pas cela la futurologie. L’avenir ne nous arrive pas brutalement dessus, comme tend à nous le faire croire le concept de Singularité par exemple : nous le créons. “Les choix que nous faisons ont des conséquences”, comme le montre le problème climatique. Les futurologues sont un peu le système immunitaire de la civilisation : ils doivent rendre les gens sensibles à différents possibles pour que la société puisse créer le monde que nous souhaitons.“Les choix que nous faisons aujourd’hui n’ont pas que de l’importance maintenant, ils en ont aussi pour demain. (…) Les choix que nous allons faire dans les quelques années à venir, vont avoir un impact! sur les siècles à venir… et je ne parle pas seulement de l’environnement. (…) En prenant de plus en plus de puissance, l’impact de nos choix devient également de plus en plus conséquent.”
Les mondes virtuels (type Second Life ou WoW), qui postule que d’ici 20 ans ces univers seront devenus les outils primaires de notre interaction ;
Les mondes miroirs (type Google Earth ou Google Map), c’est-à-dire des représentations exactes de notre monde qui seraient le reflet du monde physique augmenté d’information ;
La réalité augmentée, c’est-à-dire notre perception du monde physique sur lequel se superpose des informations contextualisées et dynamiques ;
Le Lifelogging ou notre intimité augmentée d’information : ce sont là nos objets et nos actions qui sont enregistrés, disponibles et qu’on peut analyser et monitorer à distance.