Voici maintenant l’ère des révolutions populaires assistées par ordinateur !
15.2.11
8.2.11
Par bonheur, cette option morale peut être abordée sur un plan purement organisationnel : Saadi Lahlou nous démontre que lindividu en situation de travail vise non seulement à son autoconservation, ni même seulement à satisfaire ses motivations les plus abstraites et lointaines dans le temps (au sens de leur réalisation potentielle), mais encore vise à satisfaire lautoconservation et les objectifs dorganisations desquelles il participe (famille, entreprise, groupe social )(3). Face à une situation donnée, il a toujours à composer entre ce quil juge bon pour lui et ce que les organisations dappartenance lui réclament de faire pour assurer leur propre autoconservation. Lindividu se trouve ainsi devoir composer entre de multiples attracteurs, parmi lesquels certains pourront gravement compromettre son intérêt, pour le bénéfice de ce quon peut appeler un super-organisme.
7.2.11
On peut citer en premier lieu les «murs intelligents». Le plus "ambitieux" de ceux-ci est la grande muraille que les Etats-Unis sont en train d'établir entre eux et le Mexique. L'objectif est d'empêcher les incursions non seulement des Mexicains mais de tous les latino-américains attirés par la prospérité du Nord. A plus petite échelle, mais depuis plus longtemps, Israël a établi de tels murs pour délimiter certains implantations et les protéger d'intrusions en provenance de la Palestine ou des pays arabes. L'Espagne protège par un mur ses deux enclaves de Ceuta et Melilla en territoire marocain. Aujourd'hui, la Grèce demande qu'un mur intelligent soit édifié sur la partie de sa frontière terrestre avec la Turquie qui n'est pas naturellement défendue par le fleuve Eyros. Sur la frontière américano-mexicaine, le mur classique, complété de fossés et barbelés, patrouillé par de trop peu nombreux garde-frontières en 4/4, s'était révélé bien insuffisant. Violé en permanence, il n'avait qu'une utilité de principe. Les projets actuels consistent donc à doubler la muraille physique par des «senseurs» répartis très en amont (à l'extérieur) et capables en principe de distinguer et identifier tous les signes pouvant laisser penser à une tentative d'intrusion. Dès que le risque s'en précise, des robots ayant l'allure de petits chars d'assaut équipés de caméras identifient les intrus et s'efforcent de les décourager d'insister. Si besoin est, un drone (aujourd'hui de type Predator) intervient à son tour. Tout ceci laisse le temps aux gardes-frontières humains de réagir.
Dans l'avenir, en cas d'invasion massive, des unités militaires spéciales, ou fournies par des sociétés civiles de sécurité ad hoc (véritables «chemises brunes» selon les détracteurs américains de ces procédés) prendront les affaires en mains. Tout laisse penser qu'ils se comporteront dans cette tâche avec la brutalité de véritables robots.
1.2.11
Mais la croissance démographique n’a pas étélinéaire, et je trouve qu’il est du plus grand intérêt, fascinant même, de regarder de près les chiffres de cette croissance. Les démographes les ont établis pour la période 1800-2010 et en projection pour les quarante ans qui nous séparent de 2050. Pour passer de 1 milliard à 2 milliards, l’humanité a mis sensiblement plus d’un siècle. Le deuxième milliard a été atteint en 1927 ou 1928.
28.1.11
La première de ces représentations faussées est la méconnaissance de la force de l’Internet. Dans nos vieilles démocraties et surtout dans les dictatures, les médias classiques sont plus visibles mais de moins en moins crédibles. Notre monde est passé, en une décennie, d’un univers dominé par des entreprises médiatiques de grande taille à un éclatement de la circulation de l’information, une implosion entropique, au bénéfice de la multiplicité des sites Internet, des blogs. Ce phénomène ressemble, à l’échelle planétaire, à l’explosion des radios libres en France au début des années 80, qui a rompu le monopole des grandes radios de l’époque.
On est passé d’une logique de tuyaux à une logique de réseaux, à un univers totalement éclaté, qui a permis, en Tunisie, de contourner la censure, de faire circuler l’information et de partager une analyse collective de la situation par la société civile tunisienne. Il n’y a donc plus quelques leaders charismatiques, mais une multiplicité de points de vue, de blogueurs, de journalistes auto-proclamés. Cette communauté a construit, devant l’obstacle que représentait Ben Ali et ses sbires, une stratégie de combat commune, partagée et réactive. Elle était totalement inconnue de nos experts et journalistes français.
En effet, l’univers médiatique permet à une minorité, en se cooptant mutuellement, grâce à des codes sociaux partagés, de rester « entre soi ». Cette minorité ignore le bouillonnement de l’Internet et n’a donc pas toujours conscience de la révolution en cours. Le village planétaire de Marshall McLuhan ne concerne plus uniquement les élites, il s’est élargi à toutes les populations lettrées, assez armées à la fois intellectuellement et du point de vue informatique pour participer au village global, en Tunisie, comme partout dans le monde.
20.1.11
L’équipe a constaté le même type de relation entre la consommation d’énergie et le produit intérieur brut (PIB) par individu que le métabolisme et le poids du corps chez l’animal.
Le groupe de recherche suggère que cette similitude est bien réelle : les villes et pays, tout comme les animaux, ont des métabolismes qui doivent brûler du carburant pour se maintenir et se développer. Cette analogie, avec les données et la théorie, renforce l’idée que le lien entre la consommation d’énergie et l’activité économique est causale. Cependant d’autres facteurs doivent également entrer en jeu pour expliquer la variabilité dans les données.
L’étude montre ensuite que les variables relatives au niveau de vie, tels que la proportion de médecins dans une population, le nombre de téléviseurs par personne, et le taux de mortalité infantile, sont également corrélées avec la consommation d’énergie et le PIB par individu. Ces corrélations conduisent les auteurs à leurs conclusions sur l’augmentation de la production d’énergie nécessaire pour maintenir une population mondiale toujours croissante, sans baisse du niveau de vie.
Il y a a la fois une relation inséparable et une contradiction formidable entre l'unité techno-économique du globe et la prolifération d'Etats souverains.
En meme temps, et en dépit de l'hégémonie techno-économico-militaire des Etats-Unis se développe un monde multipolaire dominé par de grands blocs aux intérets a la fois coopératifs et conflictuels, ou les crises multiples augmentent a la fois les nécessités de coopération et les risques de conflit.
Enfin la globalisation a produit comme l'infra-texture d'une société-monde. Une société nécessite un territoire comportant de permanentes et innombrables intercommunications, ce qui est arrivé a la planete; elle nécessite sa propre économie, ce qui est la cas de l'économie mondialisée; mais il lui manque le contrôle de l'économie; il lui manque les autorités légitimes dotées de pouvoirs de décision ; il lui manque la conscience d'une communauté de destin, indispensable pour que cette société devienne Terre Patrie. Aussi ce ne sont pas seulement les souverainetés absolues des Etats-Nations, c'est aussi le mouvement techno-économique de la globalisation qui, parce qu'incontrôlé, empeche la formation d'une société monde
La globalisation a comporté, suite a l'effondrement de l'URSS et la déconfiture du maoisme, une vague démocratisante en diverses parties de la planete, une valorisation des droits de l'homme et des droits de la femme, dont les effets sont demeurés incertains et limités. Elle a comporté également trois processus culturels a la fois concurrents et antagonistes, d'une part un processus d'homogénéisation et de standardisation selon les modeles nord-américains, d'autre part un contre processus de résistances et de refloraisons de cultures autochtones, et, en meme temps, un processus de métissages culturels.
14.1.11
Il y a 5 ans, John Wilmoth, de l’Université de Berkeley, en Californie, a publié dans la revue Science, un article qui a eu un grand retentissement et qui montre que l’âge maximal de la mort augmente depuis un siècle et demi, connaissant même une hausse rapide depuis 30 ans. Et, sous réserve d’adopter une bonne hygiène de vie, rien ne laisse présager qu’il va plafonner. L’idée d’une limite biologique à notre durée de vie est donc sans fondement sérieux, estime-t-il. Ces travaux établissent que depuis 1841, l’espérance de vie a "imperturbablement" augmenté de trois mois par an. Un constat dont ils tirent la conclusion qu’"il n’y a aucune raison de penser que la progression de l’espérance de vie puisse s’arrêter avant longtemps". Pas si sûr ou, en tous cas, pas au même rythme.
L’Australie détient le record de l’espérance de vie durant une bonne partie du XXe siècle. Des années 1960 à aujourd’hui, l’espérance de vie fait un nouveau bond, moins important cependant que pendant la période précédente, grâce, cette fois, "à la révolution cardiovasculaire".
L’accélération, importante entre 1960 et 1995, devient encore plus rapide entre 1995 et 2003. Dans les années 1970, l’Islande se hisse au tout premier rang des pays où l’on vit le plus longtemps, détrôné depuis le début des années 1980 par le Japon, qui, avec 86,4 ans pour les femmes, bat tous les records de longévité, les Nippones devançant les Hongkongaises (86,1) et les Françaises (84,5).
Côté masculin, c’est le Qatar qui remporte la palme, avec une espérance de vie de 81 ans, devant Hongkong (79,8 ans), l’Islande et la Suisse (79,7 ans). Un progrès dont est encore exclue une immense partie de la population humaine : en Afrique, l’espérance de vie à la naissance est de 55 ans et en Asie de 69,6 ans.
L’histoire de l’évolution de l’espérance de vie indique que les progrès récents ont été obtenus principalement "grâce à une accélération de la baisse de la mortalité aux grands âges". D’où l’idée que tout se jouera désormais "au-delà de 80 ans".
Édito : Espérance de vie : jusqu’où ?
Dans une récente publication intitulée "Espérance de vie, peut-on gagner trois mois par an indéfiniment ?", les chercheurs de l’INED retracent les progrès accomplis grâce aux bonds en avant médicaux et tentent de cerner les facteurs qui pourraient permettre de repousser encore les limites de la vie humaine.
27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes en 1750, 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes aujourd’hui, sans doute centenaires demain... En deux siècles et demi, l’espérance de vie a progressé de façon tellement spectaculaire que l’Institut national des études démographiques (INED) s’interroge : "Peut-on espérer continuer sur cette voie encore longtemps ?"
La question taraude les scientifiques. De record en record, nombreux sont ceux qui ont essayé de trouver la limite. A la fin des années 1920, l’Américain Dublin pronostiquait que l’espérance de vie des femmes ne pourrait jamais dépasser 64,7 ans. Le démographe ne savait pas que c’était un "seuil qu’avait déjà franchi l’Australie dès 1925"... En 1952, le démographe français Pichat estimait que l’espérance de vie plafonnerait à 78,2 ans. Sa prédiction est démentie, l’Islande ayant atteint ce niveau en 1975.
6.1.11
L’historien Lewis Mumford (Wikipédia) décrit la naissance de la mégapole comme “la dernière étape dans le cycle classique de la civilisation”. Un avis que semble partager West : “La seule chose qui arrête les équations superlinéaires, c’est quand nous manquons de quelque chose dont nous avons besoin”. Pour éviter ce sombre avenir, nous devons recourir à l’innovation constante, comme ça a été le cas avec le moteur à vapeur ou l’internet. “Ces innovations majeures ont complètement changé la façon dont la société fonctionne. (..) C’est comme si nous étions au bord d’une falaise, sur le point de manquer de quelque chose. Puis on trouve une! nouvelle façon de créer de la richesse qui nous permet de continuer à grimper”. Les villes sont donc la seule solution au problème des villes.
Reste que notre mode de vie est devenu coûteux à entretenir : chaque nouvelle ressource que nous inventons à tendance à s’épuiser à un rythme toujours plus rapide. Ce qui signifie que le cycle d’innovations doit constamment s’accélérer, chaque percée fournissant un court répit. Le résultat est que les villes n’augmentent pas seulement le rythme de la vie, mais accélèrent le rythme auquel la vie change. “C’est comme être sur un tapis de course qui ne cesserait d’aller de plus en plus vite. (…) Nous avons utilisé la ville pour obtenir des révolutions tous les milliers d’années. Puis, il nous a fallu un siècle pour aller de la machine à vapeur au moteur à combustion. Maintenant, les grandes innovations se succèdent tous les 15! ans. Ce qui signifie que, pour la première fois, les gens vivent des révolutions multiples. Et tout cela vient des villes. Une fois que nous avons commencé à nous urbaniser, nous nous mettons sur ce tapis roulant. Nous avons troqué la stabilité contre la croissance. Et la croissance requiert le changement.”
Bien sûr ces règles générales, ces ordres de croissance, ces rapports d’échelles peuvent être aggravés ou réduits par des politiques spécifiques. Mais ce que montrent ces modèles selon West, c’est que les villes sont les plus importantes inventions dans l’histoire humaine. Elles sont l’idée qui a permis le développement de notre potentiel économique et qui a déclenché notre ingéniosité.“Lorque nous avons commencé à vivre dans les villes, nous avons fait quelque chose qui ne s’était jamais produit auparavant dans l’histoire. Nous avons rompu avec les équations de la biologie, qui sont sous-linéaires. Chaque créature devenant plus lente à mesure qu’elle grossit. Avec les villes, la croissance est superlinéaire! . Plus les villes deviennent grandes plus ça s’accélère. L’équation urbaine prédit un monde où la consommation de ressource ne cesse d’augmenter, l’expansion des villes carburant à l’expansion économique. En fait, la consommation sociale conduit le processus d’urbanisation (notre désir collectif d’iPad, de Frappucinos et toutes ces choses à la mode), bien plus que les avantages écologiques du transport en commun local.”
West illustre le problème autrement. “Un homme au repos fonctionne sur 90 watts. C’est la puissance dont vous avez besoin pour vous coucher. Si vous êtes chasseur-cueilleur en Amazonie, vous aurez besoin d’environ 250 watts pour courir et trouver votre nourriture. Quelle est la quantité d’énergie dont notre mode de vie américain a besoin ? Eh bien, quand on additionne nos calories et l’énergie nécessaire pour alimenter notre ordinateur et l’air conditionné, on constate qu’on a besoin de quelque 11 000 watts ! Quel type d’animal a besoin d’11 000 watts pour vivre ? Nous avons créé un style de vie où nous avons besoin de plus de watts que la baleine bleue. Nous avons besoin de plus d’énergie que le plus gros animal qui n’ait jamais existé sur terre.”
27.12.10
Accélération tout d’abord chinoise. Avec un taux de croissance annuelle de 10%, la Chine double son produit intérieur brut tous les 7 ans et demi. Il avait fallu 58 ans au Royaume-Uni, pour doubler son revenu par tête à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles; 47 ans aux Etats-Unis, entre 1839 et 1886; 34 ans au Japon entre 1885 et 1919. La Chine l’a fait plus de trois fois depuis 1978. En 1999, elle occupait la 7e place mondiale, derrière l’Italie. elle est numéro deux, derrière les Etats-Unis.(3) On dit qu’elle dépassera les Etats-Unis en 2025
16.12.10
On mesure mieux les progrès accomplis en matière de puissance de calcul quand on sait que le Cray-1, le « must » des supercalculateurs des années 1980, était moins puissant qu’un ordinateur portable de 2010.
Depuis l’Antiquité, l’homme n’a cessé d’inventer des machines pour mieux compter mais c’est l’avènement des premiers calculateurs informatiques dans les années 40 qui a donné à l’espèce humaine une puissance de calcul inimaginable et celle ci a augmenté en moyenne d’un facteur mille tous les 10 ans depuis la naissance de l’informatique.
9.12.10
Édito : la vie, cette inconnue !
A quelques jours d’intervalle, deux découvertes extraordinaires dans le domaine du vivant ont fait grand bruit au sein de la communauté scientifique mondiale.
Tout d’abord, des chercheurs de l’université d’Harvard sont parvenus à inverser le processus de vieillissement de souris. Comme le précise Ronald de Pinho qui a dirigé cette expérience, « Il ne s’agit pas d’un ralentissement de la vieillesse, mais bien d’organes âgés qui se sont régénérés » (Voir article).
En modifiant certains de leurs gènes, les chercheurs sont parvenus à régénérer les organes de ces souris âgées de manière spectaculaire.
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont élevé un groupe de souris dépourvues d’une enzyme appelée télomérase, enzyme qui permet de conserver la longueur du chromosome en ajoutant une structure spécifique à chaque extrémité : le télomère.
Son amenuisement est lié au processus de vieillissement. Sans cette enzyme, donc, les souris ont vieilli rapidement. Mais lorsqu’elles ont été réactivées sur ces mêmes souris, leurs organes se sont régénérés de façon substantielle.
Bien que l’activation de la télomérase ne soit pas applicable à l’homme pour l’instant, car elle pourrait augmenter les risques de cancers, cette expérience remarquable montre bien que les maladies liées à l’âge sont réversibles, ainsi que le souligne Ronald de Pinho, l’auteur principal de l’étude.
L’équipe de scientifiques veut maintenant savoir si la durée de vie de ces souris va augmenter ou bien si elles vivront simplement en bien meilleure santé.
7.12.10
Nous sommes de ceux qui pensent que les mécanismes en cause - que nous avons nommés "anthropotechniques" - sont trop lourdement déterminés pour pouvoir être infléchis par de simples décisions volontaristes. Jamais les intérêts multiples poussant à la production des gaz à effets de serre et autres catastrophes environnementales ne se laisseront influencer par des avis d'experts. Ils ne ralentiront pas leur marche inexorable aux désastres envisagés. Les populations elles-mêmes, qui devraient se sentir les premières concernées, paraissent parfois prendre en dérision ceux que l'on caricature comme des prophètes de malheur.
26.11.10
Le grand défi urbain de demain sera de concevoir des villes denses, sobres et efficaces sur le plan de l’énergie et des transports mais où la végétation sera présente partout, toits, trottoirs, rues... De telles villes seront vraiment « durables » car elles combineront le meilleur de la technologie et l’intégration de la nature à tous les niveaux d’organisation de la cité.