31.8.11

Des Etats-Unis tancés et privés de la note de meilleur élève de la classe (capitaliste) ; une Chine sollicitée pour renflouer les caisses et impulser la croissance mondiale. Même dans leurs rêves nationalistes les plus fous, les dirigeants chinois n’auraient pu imaginer plus spectaculaire basculement de l’histoire.

Ils ne se privent donc plus de donner des leçons à cette Amérique « qui doit soigner son addiction à la dette » (Xinhua, 7 août 2011). Et précisent que Pékin « a tous les droits d’exiger des Etats-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel ». Qui paye le bal mène la danse. Or la Chine se montre très généreuse : elle a accumulé en bons du Trésor américain 1 170 milliards de dollars, soit l’équivalent ou presque de la richesse annuelle produite par la Russie. Une arme financière qu’elle utilise politiquement, renvoyant les Occidentaux à leurs turpitudes.

On aurait tort de croire qu’à ce jeu elle est isolée. Dans la région, les souvenirs des mesures imposées en 1997-1998 par le Fonds monétaire international (FMI) restent vifs. L’ex-ambassadeur singapourien Kishore Mahbubani fait remarquer, non sans ironie : « Tous les conseils que les pays asiatiques ont reçus ont été ignorés par l’Occident (1). »Malgré des tensions territoriales en mer de Chine méridionale, les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Anase) ont donc, le 9 août, mis l’accent sur la complémentarité des économies asiatiques. Leur voisin est encombrant, voire arrogant ; mais, en cas de crise aggravée, il dispose de moyens sonnants et trébuchants.

30.8.11

7-«Certains conflits ne finiront jamais»

Il ne faut jamais dire jamais. En 2005, des chercheurs de l'Institut américain de la paix avaient caractérisé 14 guerres, de l'Irlande du Nord au Cachemire, comme «insolubles», c'est-à-dire «résistantes à n'importe quel type de règlement ou de résolution». Six ans plus tard, on note une chose assez amusante: la quasi totalité de ces guerres (à l'exception d'Israël/Palestine, de la Somalie et du Soudan) sont soit terminées, soit ont fait de substantiels progrès sur cette voie. Au Sri Lanka, une victoire militaire à mis fin au conflit, mais après une ultime offensive dans laquelle les deux camps ont très probablement commis des crimes de guerre. Au Cachemire, le cessez-le-feu semble assez stable. En Colombie, la guerre connaît quelques soubresauts, financés par les revenus de la drogue, mais le conflit est globalement terminé. Dans les Balkans et en Irlande du Nord, des traités de paix bancals ont réussi à se stabiliser; il est difficile de s'imaginer l'une ou l'autre de ces régions reprendre fermement le chemin des hostilités. Dans la plupart des cas africains – le Burundi, le Rwanda, la Sierra Leone, l'Ouganda, la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire (exceptées les violentes échauffourées qui ont suivi les élections de 2010, mais qui sont aujourd'hui terminées) – les missions de l'ONU ont apporté de la stabilité, et ont rendu une reprise des combats moins probable (ou, du moins, au Congo et en Ouganda, ont réduit la zone de conflit).

Les variations de l'équilibre des puissances mondiales ne nous condamnent pas non plus à un avenir de guerre perpétuelle. Si certains politologues affirment qu'un monde de plus en plus multipolaire est aussi un monde de plus en plus instable – que la paix est mieux assurée par la prédominance d'une seule puissance hégémonique, les États-Unis pour ne pas les citer – l'histoire géopolitique récente suggère le contraire. Ces dix dernières années, la puissance relative des États-Unis et la prévalence des conflits se sont émoussés de concert. Les exceptions à cette tendance, l'Irak et l'Afghanistan, ont été des guerres mal conçues et portées par l'hégémonie, et non pas par le va-et-vient de nouvelles puissances. Le meilleur précédent historique à l'ordre mondial qui émerge actuellement pourrait se retrouver dans le Concert européen du XIXème siècle, une collaboration entre grandes puissances ayant largement contribué au maintien de la paix pendant un siècle, avant son délitement et la boucherie de la Première Guerre Mondiale.

Quid de la Chine, montrée du doigt comme la menace militaire la plus redoutable de l'époque actuelle? Pékin est effectivement en train de moderniser ses forces armées, poussant sa croissance à deux chiffres par d'énormes dépenses militaires, atteignant aujourd'hui les 100 milliards de dollars [70 milliards d'euros] par an. Ce sont les deuxièmes dépenses militaires les plus importantes du monde, derrière les États-Unis, mais loin derrière: le Pentagone dépense, lui, quasiment 700 milliards de dollars [490 milliards d'euros]. Non seulement la Chine est loin de pouvoir combattre les États-Unis à armes égales, mais rien ne dit qu'elle veuille le faire. Un conflit militaire (surtout contre son premier client et débiteur) rognerait sur la position commerciale de la Chine dans le monde, et mettrait ses possessions en danger. Depuis la mort du Président Mao, la Chine a été de loin la puissance la plus pacifique de son temps. En réponse à tous les récents tourments provoqués par les nouvelles manifestations de force de la Marine chinoise dans des eaux territoriales contestées, les militaires chinois n'ont pas tiré un seul coup de feu belliqueux depuis 25 ans. 

2-«L’Amérique livre aujourd'hui plus de guerres que jamais».

Oui et non. Les États-Unis sont clairement sur le pied de guerre depuis le 11 septembre 2001, avec une offensive toujours en cours en Afghanistan, qui a dépassé la Guerre du Vietnam au rang du conflit le plus long de toute l'histoire de l'Amérique, et une guerre préventive en Irak qui s'est révélée plus longue, plus sanglante et plus chère que tout ce qu'on avait pu prévoir. Ajoutez l'actuelle intervention de l'OTAN en Libye, et les tirs de drones au Pakistan, en Somalie et au Yémen, et on comprend aisément pourquoi les dépenses militaires américaines ont augmenté de plus de 80%, en termes réels, ces dix dernières années. Avec 675 milliards de dollars cette année [470 milliards d'euros], elles ont dépassé de 30% les sommes de la fin de la Guerre Froide.

1-«Le monde d'aujourd'hui est plus violent qu'avant»

Absolument pas. Le début du XXIème siècle semble saturé de guerres: les conflits en Afghanistan et en Irak, la guerre civile en Somalie, les insurrections islamistes au Pakistan, les massacres au Congo, les assauts génocidaires au Soudan. Si on fait le compte des conflits réguliers, ce sont 18 guerres qui se déroulent actuellement aujourd'hui, à travers le globe. Cette impression d'un monde plus dangereux aujourd'hui qu'hier se retrouve dans l'opinion publique: selon un sondage, il y a quelques années, 60% des Américains pensaient probable la survenue d'une troisième guerre mondiale.  Les prévisions pour le siècle nouveau étaient sinistres bien avant le 11 septembre 2001, et ses lendemains sanglants: le politologue James G. Blight et l'ancien Secrétaire de la défense américaine, Robert McNamara, avaient estimé au début de cette année qu'en moyenne et par an, on allait dénombrer dans le monde 3 millions de morts dûes à la guerre au XXIème siècle.

Pour l'instant, ils sont loin d'avoir vu juste. En réalité, la dernière décennieest plus pauvre en morts de guerre que n'importe quelle autre décennie de ces 100 dernières années, selon des données collectées par les chercheurs Bethany Lacina et Nils Petter Gleditsch, de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo. Dans le monde, le nombre de morts causées directement par des violences guerrières, au XXIème, atteint une moyenne d’environ 55 000 par an, soit un peu plus de la moitié du chiffre des années 1990 (100 000), le tiers de celui de la Guerre Froide (180 000 par an, entre 1950 et 1989), et le centième de celui de la Seconde Guerre Mondiale. Si vous rapportez cela à l'évolution de la population mondiale, qui a quasiment quadruplé depuis le siècle dernier, ce déclin est encore plus sensible. Loin d'être une époque d'anarchie meurtrière, les 20 années qui ont suivi la fin de la Guerre Froide ont vu s'accélérer les progrès vers la paix.

Les conflits armés ont diminué, en grande partie, parce que les conflits armés ont fondamentalement changé. Les guerres opposant de grandes armées nationales ont disparu avec la Guerre Froide, emportant avec elles les parangons les plus horribles de la destruction de masse. Les guérillas actuelles et asymétriques ont beau être souvent insolubles et barbares, elles n'entraîneront jamais quelque-chose de comparable au siège de Leningrad. Le dernier conflit entre deux grandes puissances, la Guerre de Corée, s'est terminé voici de cela quasiment 60 ans. La dernière guerre de territoire soutenue, entre deux armées régulières, a opposé l’Éthiopie et l’Érythrée et s'est terminée depuis une dizaine d'années. Même les guerres civiles, qui demeurent un mal tenace, sont moins courantes que par le passé; en 2007, elles avaient diminué d'environ un quart par rapport à 1990.

Si le monde semble plus violent qu'il ne l'est réellement, c'est parce que nous recevons davantage d'informations sur les guerres – et pas que les guerres sont, en soi, plus nombreuses. Des batailles et des crimes de guerre autrefois distants occupent aujourd'hui, très souvent, nos écrans de télé et d'ordinateurs, et y arrivent plus ou moins en temps réel. Les appareils-photos des téléphones portables ont transformé les habitants des zones de guerres en reporters. Les normes sociétales sur ce qu'il faut faire de ces informations ont elles aussi changé. Comme l'a remarqué le psychologue Steven Pinker, de l'Université de Harvard «Le déclin des comportements violents a répondu au déclin des attitudes tolérant ou glorifiant la violence», et les atrocités actuelles – relativement modérées, comparées à d'autres moments de l'histoire – nous semblent «bien plus signifier les bas-fonds que nos comportements peuvent atteindre que les hauteurs vers lesquelles nos normes se sont élevées».

«Explosion de l’ère industrielle, raconte Georges Foveau, les frères Lumière - dont le nom même évoque l’image prométhéenne d’une torche avec le feu - se disent: “On va créer une forme artistique donnant l’illusion de la vie en enfermant des spectateurs dans des salles obscures face à des images animées avec de la lumière”. De manière étonnante, on a là la même démarche que celle des hommes des cavernes”. Il était inévitable que le cinéma devienne l'une des formes d’expression les plus en accord avec le thème du chamanisme. 

L’art même est né dans l’humanité grâce au chamanisme, dit-il : «C’était la religion primordiale de l’humanité. Si on se penche sur les peintures rupestres qui sont les premières formes d’expression artistique de l’espèce humaine, que ce soient les mains sur les parois des grottes ou les silhouettes d’animaux dessinées ou gravées, elles ont été faites dans le fait d’invoquer les âmes, d’amadouer les esprits des prédateurs et du gibier, pour pouvoir exercer un pouvoir sur le réel à partir d’une image. Ce que l’on sait aussi, c’est que ces images se trouvaient dans des lieux profonds, sombres, où les hommes descendaient avec des torches guidés par le chaman et que ces images, sous l’influence de la prière et du jeu des flammes sur les parois, prenaient vie”.

26.8.11

Combien d'espèces coexistent sur Terre? Un groupe de chercheurs pense qu'il y a 8,7 millions d'espèces sur notre planète, un nombre qui reste une estimation, mais a été atteint par une analyse mathématique rigoureuse.

D'après les scientifiques qui ont publié cette étude dans PLoS Biology, il reste encore 86% des espèces terrestres et 91% des espèces marines à découvrir et cataloguer. Autrement dit, nous ne connaissons toujours que très peu des espèces de notre planète,

20.8.11

Après la sélection artificielle qui avait dans les siècles précédents permis aux éleveurs de transformer laborieusement certaines espèces utilisées dans l'agriculture et l'élevage, est apparu le génie génétique proprement dit. Depuis une quinzaine d'années, c'est ce qu'on appelle aussi "la biologie synthétique", le secteur applique le remplacement de quelques gènes au sein du génome d'une espèce donnée afin de la doter de propriétés utilisables par l'homme.

18.8.11

Cinq tendances mondiales se déroulent dans l’espace mondial entre les Etats et les régions: la chute des Etats-Unis, le déclin de l’Occident, l’affaiblissement des Etats et le renforcement des régions, la hausse des pays sous-développés, et la croissance de la Chine.

Cinq tendances sociales se déploient dans l’espace social entre des groupes de personnes: le renforcement des nations, le renforcement de la société civile, la croissance de l’activité des jeunes, le rôle croissant des femmes, l’aggravation des inégalités et des émeutes. (Extrait du rapport du professeur Galtung au Symposium de Saint-Gall, mai 2011).

14.8.11

Au-delà des conséquences financières immédiates, M. Zoellick a estimé que cette crise allait provoquer des changements dans l'équilibre des pouvoirs dans le monde.

Toute cette crise est en train de transférer "très rapidement, du point de vue de l'histoire", le pouvoir économique de l'Occident vers la Chine, qui pourtant "ne tient pas à ce rôle".

Celle-ci a en effet ses propres soucis à gérer: éviter la surchauffe de son économie, mais aussi limiter la pollution, réformer son système fiscal et maintenir l'équilibre entre entreprises publiques et privées.

La Chine veut également améliorer la protection sociale de sa population, mais sans aller jusqu'au modèle européen, a-t-il ajouté. "Ils me disent... qu'il coûte trop cher."

12.8.11

L'« hyperpuissance » américaine n'en est plus une

En termes relatifs, comme en termes géopolitiques, l'Occident est en déclin. Il était le « maître du monde », il doit aujourd'hui composer avec d'autres « pôles » d'un monde devenu complexe. Même si le déploiement de troupes occidentales sur plusieurs continents fait encore illusion : pas pour longtemps…

Dans un livre bien vu, le commentateur américain Fareed Zakaria (éditorialiste à … Time ! ) avait décrit « the post-american world » (étrangement titré en français « L'Empire américain », éd. Saint-Simon), c'est-à-dire un monde dans lequel les Etats-Unis resteraient une puissance de premier plan, mais seraient contraints de composer avec les émergents. La réalité va au-delà de ce qu'il imaginait comme affaiblissement d'une Amérique qu'Hubert Védrine, l'ancien chef de la diplomatie française, n'oserait plus surnommer « hyperpuissance ».

Des grands pays qu'on devrait cesser d'appeler « le Sud »

Difficile de ne pas voir, dans la période actuelle, une redistribution des cartes à l'échelle globale, mettant fin de manière confuse, tendue, complexe, à une période finalement très brève d'hégémonie américaine dans la foulée de la chute du mur de Berlin (1989) et de la fin de l'URSS (1991, vingt ans déjà…), et de vaine tentative de décollage autonome de l'Europe enfin réunifiée.

Cette période d'accélération de la globalisation a au contraire permis l'émergence rapide, plus rapide que quiconque avait pu l'imaginer, des grands pays de ce qu'on devrait cesser d'appeler « le Sud » : la Chine, l'Inde, le Brésil, et quelques autres pesant moins lourd, auxquels s'est raccrochée la Russie et ses matières premières.

Cela ne produit pas un monde cohérent, mais au contraire un face à face ambigu et assez inefficace entre les puissants d'hier et qui croient l'être encore, et les grands de demain qui ne savent pas encore comment gérer leurs muscles nouvellement acquis.

22.7.11

Mais il faut savoir qu'aujourd'hui, l'énergie primaire consommée par les 7 milliards d'habitants de notre planète repose pour 78 % sur l'utilisation des combustibles fossiles, pour 16 % sur celle des ressources renouvelables et pour 6 % sur les technologies nucléaires. Avec une population mondiale de 9 milliards d'habitants en 2050, nous devons donc impérativement réussir à réduire drastiquement l'utilisation des énergies fossiles, tant en proportion qu'en valeur absolue.

Mais quels que soient les efforts que le monde fera pour maîtriser ses besoins énergétiques en réduisant sa consommation à la source partout où cela est possible et en améliorant l'efficacité énergétique de nos systèmes industriels et économiques, il semble illusoire de penser que cette sobriété nouvelle suffira à elle seule, compte tenu de l'évolution démographique, à répondre à la soif mondiale d'énergie et à réduire de moitié nos émissions de CO2 d'ici 2050. Il faudra donc également développer de manière massive l'ensemble des énergies renouvelables existantes (vent, soleil, biomasse et hydraulique) ainsi que celles qui en sont encore à un stade quasi-expérimental mais recèlent un fort potentiel : énergie des mers et solaire spatial notamment. Mais ces énergies renouvelables ne parviendront pas à répondre à elles seules à l'immense soif d'énergie de l'humanité, notamment dans les vastes régions du monde qui connaissent un développement économique sans précédent.

Depuis la deuxième guerre mondiale, la consommation mondiale d'énergie et les émissions humaines de CO2 ont été multipliées par 8. Aujourd'hui le monde consomme 12 gigatonnes d'équivalent-pétrole et émet 8 gigatonnes de carbone par an et chaque terrien consomme en moyenne 1,6 tonnes équivalent-pétrole et émet plus d'une tonne de CO2 chaque année !

En supposant que la demande mondiale d'énergie continue à croître au rythme actuel de 2 %, hypothèse plutôt prudente, l'humanité consommera au moins 30 Gigateps d'énergie en 2050 et en admettant que l'humanité parvienne à stabiliser à son niveau actuel ses émissions de carbone par habitant, celles-ci atteindraient tout de même 15 gigatonnes par an en 2050, sous le simple effet de l'évolution démographique mondiale (il y aura au moins 9 milliards d'habitants en 2050 selon les dernières prévisions de l'ONU).

21.7.11

 “La convergence NBIC a été employée la première fois par un rapport envoyé à la NSF américaine (l’équivalent de notre CNRS) intitulé La convergence des technologies pour l’amélioration des performances humaines (.pdf) et signé Mihail C. Roco et William Sims Bainbridge. Il s’agissait de faire le point sur un ensemble de technologies (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et sciences cognitives) qui allaient changer la nature humaine.” Le rapport ! n’est pas sorti de rien, estime Rémi Sussan. Il est la conséquence d’idées qui datent au moins des années 70 et qui ont été le fruit de divers mouvements underground allant des communautés cyber aux transhumanistes qui ont cherché à dépasser les limites humaines comme la mort ou l’intelligence…

L’acronyme NBIC désigne 4 technologies. La nanotechnologie est la technologie qui permet de travailler au niveau moléculaire. La biotechnologie correspond à l’ensemble des sciences du vivant. Les sciences de l’information désignent la science informatique. La cognition correspond aux sciences du cerveau, qui vont de la psychologie aux neurosciences jusqu’à l’intelligence artificielle.“C’est à la fois l’outil et le but de cette transformation technologique. Le but de l’amélioration n’est pas tant de créer un super sportif que de modifier nos capacités cérébrales.”

Pourquoi rassemble-t-on ces technologies et parle-t-on de convergence ? Quel est le rapport entre ces technologies ? “Pour Benbridge, l’un des auteurs du rapport, la convergence est celle de l’échelle : tout se termine (ou commence) au niveau moléculaire. Pour ma part, je pense que ce sont plutôt les sciences de l’information qui font tenir l’ensemble. On est passé de la convergence mathématique de Newton (on a tenté de comprendre le monde par les équations, mais cela n’a pas marché pour tout, comme l’ont montré les sciences humaines), à un nouveau domaine qui tente de définir le monde sous la forme d’un programme informatique. Pour ma part, je préférerais parler de IBNC, car il me semble bien que c’est l’informatique qui domine l’ensemble et la cognition le but ultime. Il s’agit donc de passer de la pen! sée mathématique à la pensée informaticienne !”

22.6.11

Evaluation des risques menaçant plus particulièrement l'Europe

Ces risques découlent des précédents. Mais certains sont inhérents à l'histoire ou à l'organisation de l'ensemble pan-européen. 

* Le risque démographique: baisse de la natalité, vieillissement. L'appel à l'immigration ne permettra pas de résoudre les insuffisances de population active prévisibles. Des mesures de redressement de la natalité s'imposeraient donc sans attendre. 
* L'insuffisance marquée de la plupart des matières premières énergétiques et industrielles jugées stratégiques. 
* La perte progressive, par manque d'investissement et par délocalisation hors d'Europe, du potentiel scientifique, technologique et industriel ayant fait jusqu'à présent la puissance de l'Europe. Il en résulte un chômage de moins en moins supportable par les structures de l'Etat providence.
* Le maintien sinon la croissance des inégalités sociales et géographiques. Le sous-investissement dans les banlieues affecte toutes les villes européennes. Les transferts de ressources des pays européens riches vers les pays plus pauvres semblent bloqués. 
* La tentation qu'éprouve, face à ces difficultés comme face à la crise, chaque Etat ou ensemble régional à se replier sur lui-même, au détriment de l'idéal européen. Ceci peut se traduire à l'extrême par un retour des nationalismes de type populiste. 
* La perte d'influence des valeurs dont l'Europe était jusqu'à ces derniers temps le berceau: droits de l'homme, égalité entre les sexes, laïcité, démocratie politique et contre-pouvoirs, Etat régulateur et Etat-providence. 
* L'abandon systématique des efforts de défense. * D'une façon générale, l'absence d'une coordination politique suffisante. L'Union européenne, face aux grands empires, se présente comme un ectoplasme politique. 
* La géopolitique du crime organisé et de l'illicite (Europe)

Evaluation des risques menaçant le monde global

L'Europe n'échappera évidemment pas à ces risques. Elle devra mettre en oeuvre pour les prévenir, dans son propre intérêt comme dans celui du reste du monde, des politiques aussi efficaces que possible. 

* Le changement climatique et ses conséquences: désertification, inondations, phénomènes météorologiques violents...D'une façon générale, les scientifiques prévoient pour 2050 et au-delà une montée du niveau des mers et un déplacement vers les pôles (notamment l'arctique) des régions tropicales et tempérées.
* L'effondrement, au détriment de beaucoup d'espèces déjà menacées, de la biodiversité terrestre et océanique.
* La possibilité d'une croissance démographique mondiale supérieure aux plafonds actuellement estimés. La demande en produits alimentaires pourrait alors dépasser les prévisions actuelles. 
* L'épuisement progressif de certaines ressources vitales: eau, terres arables, air non pollué, matières premières rares. 
* Les catastrophes de type technologique, pouvant survenir partout y compris dans les pays développés. Avec l'accident de Fukushima au Japon, l'exemple du nucléaire de fission est aujourd'hui présent dans tous les esprits. Mais on doit évoquer aussi certains risques tenant notamment aux biotechnologies. 
* Le maintien ou le développement, au niveau mondial, des inégalités de niveau de vie et d'éducation entre pays pauvres et pays riches. Il en résulte une dégradation croissante des services publics et des équipements dans de nombreux pays. Différentes tensions, pouvant prendre des formes violentes, en découleront nécessairement. 
* La faiblesse persistante des institutions internationales, au moment où la mondialisation des dangers demanderait une grande efficacité des organisations destinées à les combattre. 
* La géopolitique du crime organisé et de l'illicite (monde)

13.5.11

Va-t-il falloir revoir à la hausse les prévisions démographiques qui tablent sur un pic de la population mondiale autour de 9 milliards d’individus, en 2050, avant sa stabilisation. Peut-être, si l'on en croit le dernier rapport de l'ONU qui prévoit une poursuite de la hausse : la planète, qui devrait passer le cap des 7 milliards de personnes le 31 octobre, comptera 9,3 milliards d’individus en 2050 et 10,1 milliards en 2100. Les causes de cette hausse ? Un taux de fertilité qui ne décroît pas dans les pays pauvres et qui augmente même dans plusieurs pays riches, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, alors que dans le même temps, les avancées médicales et l’amélioration du niveau de vie permettent aux gens de vivre plus longtemps.

Un bonne part de la hausse de la démographie est attendue dans les “pays à fertilité élevée”, en particulier en Afrique, où la population pourrait tripler en un siècle et passer de 1 milliard aujourd’hui à 3,6 milliards en 2100. L’Amérique du Nord devrait elle aussi voir sa population croître, de 344,5 à 526,4 millions. L’Europe, en revanche, est bien partie pour suivre la courbe inverse, et atteindre 675 millions d’individus en 2100 alors qu’elle en compte actuellement 738 millions. En France, la fertilité supérieure à la moyenne européenne devrait nous émanciper des tendances du continent, avec une augmentation de 30 % au cours du siècle (de 62,8 à 80,3 millions).

 

8.5.11

Si on définit le sujet humain comme un être vivant capable de dire « je », autrement dit d’occuper une position qui le met au centre de son monde, il s’avère que chacun de nous porte en lui un principe d’exclusion (personne ne peut dire «  je » à ma place). Ce principe agit comme un logiciel d’auto-affirmation égocentrique, qui donne priorité à soi sur toute autre personne ou considération et favorise les égoïsmes. Dans le même temps, le sujet porte en lui un principe d’inclusion qui nous donne la possibilité de nous inclure dans une relation avec autrui, avec les « nôtres » (famille, amis, patrie) et qui apparaît dès la naissance où l’enfant ressent un besoin vital d’attachement. Ce principe est un quasi logiciel d’intégration dans un « nous » et il subordonne le sujet, parfois jusqu’au sacrifice de sa vie. L’être humain est caractérisé par ce double principe, un quasi double logiciel : l’un pousse à l’égocentrisme, à sacrifier les autres à soi ; l’autre pousse à l’altruisme, à l’amitié, à l’amour... Tout, dans notre civilisation, tend à favoriser le logiciel égocentrique. Le logiciel altruiste et solidaire est partout présent, mais inhibé et dormant. Il peut se réveiller. C’est donc ce logiciel qui doit être stimulé.