27.1.12

Inventée il y a moins d'un siècle, la télévision fait partie de ces innovations de rupture, avec le téléphone et l'ordinateur, qui ont profondément transformé notre civilisation : il y a aujourd'hui au moins 1,5 milliard de téléviseurs en service dans le monde, ce qui correspond à environ 4,5 milliards de téléspectateurs. En France, on estime le parc de téléviseurs à 47 millions, soit presque deux postes par foyer et près de 9 millions de téléviseurs ont été vendus dans notre pays en 2011. Chaque Français adulte passe en moyenne 3h50 devant la télévision, soit 40 minutes de plus que la moyenne mondiale.

24.1.12

Stratégie de réduire significativement la taille du gouvernement fédéral en suivant les trois étapes suivantes :

Baisse de taxes et impôts  ­­>> création d’un déficit budgétaire  >>  réduction de dépenses pour retourner à l’équilibre budgétaire

Les coupures de dépenses ne doivent pas être justifiées par l’existence du déficit budgétaire mais par le désir de réduire la taille du gouvernement.

19.1.12

 Il est peut-être temps d'admettre enfin que nous sommes en train d'entrer, comme le pense Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, et un nombre croissant de scientifiques, dans l'ère de l'anthropocène, une nouvelle ère géologique qui pourrait être prochainement reconnue par la communauté scientifique internationale et qui se caractérise par l'influence majeure que détient à présent l'espèce humaine sur sa planète, par rapport aux forces et phénomènes naturels et géologiques.

Cette nouvelle puissance, sans précédent dans la longue histoire de l'homme, nous confère évidemment une responsabilité immense et un devoir d'agir pour éviter que le pire n’advienne.

14.1.12

Comme tous les ans, IBM nous livre son top 5 des technologies qui vont changer le monde dans les 5 prochaines années. L'année dernière, IBM pariait sur les hologrammes 3D, les piles et batteries "à air", le crowdsourcing scientifique, l'optimisation en temps réel des trajets et la cogénération d'énérgie pas les ordinateurs.

Cette année, on ne reprend pas les mêmes, mais on recommence :

  1. Chacun produira son énergie et controlera mieux ses choix énergétiques; 
  2. Vous n'aurez plus jamais besoin d'un mot de passe grâce à la biomètrie; 
  3. Lire dans les esprits ne sera plus de la science fiction; 
  4. La fracture digitale aura cessé d'exister; 
  5. Il n'y aura plus de spams grâce à la fouille de données et aux algo d'analyse 

12.1.12

Le chômage des jeunes, le vieillissement de la population et la montée des inégalités attisent une colère populaire qui menace la croissance mondiale, prévient le forum de Davos. L'omniprésence des nouvelles technologies de l'information et la désuétude des moyens d'encadrement des gouvernements dans un monde de plus en plus complexe et interdépendant apparaissent aussi sur la liste de la cinquantaine de risques que court l'humanité à long terme.

L'explosion d'une population jeune aux perspectives restreintes, le nombre croissant de retraités dépendant d'États surendettés et le fossé grandissant entre riches et pauvres alimentent une dystopie (le contraire d'une utopie) qui, en absence d'option viable, est susceptible de se traduire en nationalisme, en populisme et en protectionnisme à un moment où le monde peine à se relever de sa pire crise économique depuis les années 30 et qu'il aurait bien besoin du contraire, a observé hier la 7e édition du Rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial qui se tiendra à la fin du mois à Davos, en Suisse...

Deux autres «facteurs de risque majeurs». L'un d'eux est «le côté sombre de la connectivité» dans un monde où 5 milliards d'ordinateurs, de téléphones intelligents et de mille et un autres appareils sont déjà branchés sur Internet et où l'on prévoit que ce nombre dépassera les 30 milliards en 2020. Cette «hyperconnectivité» se révèle un puissant moteur de progrès économique et social, comme l'a encore montré récemment le printemps arabe. Mais elle expose aussi les pays, les entreprises, les services publics et les citoyens à toutes sortes de nouvelles menaces prenant la forme d'accidents ou d'attaques lancées par des puissances ennemies, des terroristes, des criminels ou de petits pirates informatiques.

5.1.12

L’essor constant de cette société de consommation s’accompagne ainsi du développement d’une délinquance d’appropriation qui constitue une sorte de redistribution violente. La « modernité » se caractérise donc aussi par cette compétition de plus en plus âpre pour la possession des biens de consommation, dans une société où l’anonymat facilite grandement la tâche des voleurs. Là réside la caractéristique principale des transformations de la deuxième moitié du XXe siècle. De fait, le principal risque dans la société française contemporaine est de se faire voler des biens ou de l’argent permettant d’acquérir des biens, dans son commerce, chez soi ou dans l’espace public : voiture, scooter, sacs à main, vestes et portefeuilles, bagages, et désormais aussi téléphones portables, MP3, ordinateurs portables, consoles de jeux, etc. Et de se faire violenter si d’aventure on tente de résister au vol.

Ainsi, dans les années 1990, confrontés aux conséquences du chômage de masse et du redéploiement des inégalités, à un haut niveau des vols et cambriolages et à une demande de sécurité croissante, la plupart des États occidentaux ont fortement réinvesti leurs prérogatives régaliennes en matière pénale et tenté d’imposer un nouveau contrôle social (3). Le processus de criminalisation en est la clef. Il se poursuit sans discontinuité depuis le début des années 1980 . Le législateur ne cesse de créer de nouvelles infractions ainsi que de durcir la poursuite et la répression d’incriminations préexistantes. De trois manières : en alourdissant les peines encourues, en changeant la qualification de certaines infractions (par exemple de la contravention au délit), et en durcissant la qualification de certaines infractions (surtout les vols et les atteintes aux personnes) par l’ajout de « circonstances aggravantes ». Outre le renforcement continu de la pénalisation des violences sexuelles, des violences visant certaines catégories de personnes (les conjoints, les mineurs, les fonctionnaires), certains lieux (notamment les établissements scolaires) ou certaines circonstances (les manifestations, le fait d’agir « en réunion »), on relève aussi dans les années 1990 la création des délits de bizutage et de harcèlement moral. Enfin, depuis 2002, nous sommes entrés dans une période de véritable frénésie sécuritaire avec près de 50 réformes du code pénal et du code de procédure pénale (4).

La célèbre thèse de Norbert Elias sur le « processus de civilisation » – parlons plutôt de « pacification », mot moins normatif – n’est pas obsolète. En effet, contrairement à un préjugé omniprésent dans le débat public, les violences interpersonnelles ne connaissent pas d’« explosion » depuis une quinzaine d’années (encadré ci-dessous). Au contraire, un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul lent, irrégulier mais continu de l’usage de la violence interpersonnelle comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale. Il la réduit parce qu’il a pour conséquence première de la stigmatiser, de la délégitimer. D’où un paradoxe qui n’est qu’apparent : le sentiment général d’une augmentation des comportements violents peut parfaitement accompagner un mouvement d’accélération de leur dénonciation mais aussi de stagnation voire même de recul de leur fréquence réelle. En réalité, notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. Du coup, les comportements changent de statut. Ce qui était regardé jadis comme normal ou tolérable devient anormal et intolérable. Ceci concerne massivement les violences sexuelles, les violences conjugales, les maltraitances à enfants, les bagarres entre jeunes. Cette mutation s’étend aussi à la violence psychologique ou morale, sans dommage physique, c’est-à-dire à la violence verbale. De là, la fortune de la notion de harcèlement moral.

29.12.11

Edgar Morin 

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?

Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

28.12.11

Alors que les Occidentaux ont entamé ce processus de décrédibilisation et que la Chine n’a pas encore atteint une puissance suffisamment significative pour représenter une réelle alternative, le monde est peut-être entré dans ce que le commentateur américain Ian Bremer a désigné sous le terme de « G-0 »[8] [8] « A G-Zero World, The New Economic Club Will Produce...
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, une société internationale sans leader et privée de système fonctionnel de gouvernance. Cette vacance de la puissance n’est en rien le fait de la Chine mais elle est bien la conséquence d’une politique occidentale qui n’a cessé de fouler aux pieds les valeurs qu’elle entendait faire respecter par les autres nations[9] [9] Le commencement d’un monde…, op. cit.  ; L’Occi-dent...
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. L’émergence de la Chine dans un tel contexte est-elle une menace pour l’ordre international ou bien l’opportunité d’une approche nouvelle des relations internationales ? 

Le concept de « menace chinoise » semble avoir perdu de son sens face à un constat simple : nul ne peut aujourd’hui se passer de la Chine. Elle est désormais le 1er créancier étranger des États-Unis devant le Japon avec près de 1 200 milliards de dollars de Bons du Trésor, elle est en passe de devenir le principal pourvoyeur d’aide au développement, elle est courtisée par les Européens qui tentent à tout prix de sauver leur monnaie et de sauver certains États membres de la faillite, elle absorbe à un rythme de croissance impressionnant les exportations américaines. Dans les faits, la Chine est devenue, au même titre que les États-Unis et l’Europe, productrice de gouvernance mondiale car ses décisions ont un impact mondial, ce qui n’est le cas ni de l’Inde, du Brésil ou de la Russie. Les dérives impériales accentuées des États-Unis, rejoints par les Européens avec l’intervention en Libye, ont progressivement entamé l’idée d’une « communauté de valeurs » qu’ils auraient incarnée. Avec la guerre de Libye et les dérives qui ont rapidement suivi l’adoption de la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité, l’évidence du double standard et du mensonge érigé en règle de politique extérieure, au même titre que Washington lors de la guerre d’Irak, a décrédibilisé non pas réellement les valeurs universelles auxquelles ne cessent de se référer les Occidentaux, mais l’idée qu’ils en seraient les uniques représentants. 

25.12.11

L'évolution naturelle de la vie vers toujours plus de complexité et d'intelligence .

23.12.11

Et si les journaux papier disparaissaient? Avec plus de 3.775 postes supprimés, aux Etats-Unis, en 2011, selon le blog Paper Cuts, c'est 30% de perte de plus que l'an dernier alors que les quotidiens américains avaient éliminé plus de 2.920 emplois. Cette tendance à la réduction des effectifs ne présage rien de bon pour la survie des journaux papier.

Pire, aux Etats-Unis, l'effondrement pourrait s'accentuer dans les prochaines années, jusqu'à la disparition presque totale du journal papier vers 2017, rapporte le quotidien québécois Le Devoir. En effet, le Center for the Digital Future de la USC Annenberg, prestigieuse école de communication et de journalisme de Californie, prédit que la grande majorité des journaux américains cesseront d'être imprimés d'ici cinq ans.

16.12.11

. L’avenir de la science en 2021 – Institute For The Future
L’Institut pour le futur vient de publier une carte qui met en valeur 6 grandes histoires de la science qui vont se jouer dans les prochaines années : le décryptage du cerveau, le hacking de l’espace, les données massivement multijoueurs, l’avenir de la mer, la matière étrange et l’évolution usinée. Des scénarios qui déplacent l’écologie de la science vers l’ouverture, la réutilisation et la participation citoyenne.

13.12.11

Il est donc clair que face à tous ces dangers, un travail important de réinvention de la démocratie doit être accompli, au risque, si rien n'est fait, de voir s'aggraver ce fossé et de placer les modes techniques de substitution en position d'institutions gouvernementales nouvelles.

Il n'y a donc pas de choix, la régulation de demain ne pourra être que multilatérale, globale, inclusive, ouverte aux acteurs sociaux, selon d'ailleurs un schéma de pensée que plusieurs dirigeants d'ONG et le secrétaire général des Nations unies,Koffi Annan, avaient déjà imaginé.

Le premier réflexe fut, dans cette ligne, de faire confiance au multilatéralisme global. Celui inventé en 1945 a les vertus qui lui permettent de porter cette régulation globale. Mais d'une part, il doit être repensé : la situation, les rapports de force aujourd'hui ne sont plus ceux de 1945 ; une place plus grande doit être faite aux "émergents", tandis qu'il est de plus en plus impossible de continuer à ignorerle poids exercé par les sociétés et les acteurs sociaux dans le jeu de la mondialisation. D'autre part, le multilatéralisme, qui croyait pouvoir renaître de la fin de la bipolarité, a été arrêté dans son élan au cours des premières années du nouveau millénaire : les échecs subis par les projets de réforme, les assauts répétés des néoconservateurs contre le système onusien, la méfiance croissante des puissances à son égard, l'ont installé dans le conservatisme lorsqu'il s'agit des institutions de Bretton Woods, et dans la léthargie lorsqu'il s'agit de l'ONU.

Si on se place maintenant d'un point de vue plus global, c'est-à-dire à l'échelle mondiale, la souveraineté se trouve défiée de manière permanente par le jeu de l'interdépendance croissante qui vient de plus en plus lier les économies entre elles, empêcher toute délibération souveraine, ou tout du moins les rendre vaines. Nous sommes clairement entrés, de ce point de vue, dans un monde post-souverain, mais tout l'enjeu est alors desavoir comment cette interdépendance sera régulée et gouvernée, c'est-à-dire comment sera réinventé un politique capable de se construire au-delà de la souveraineté tout en respectant le droit de chacun de participer réellement à la délibération globale.

7.12.11

Les intellectuels les plus audacieux, les plus lucides et les plus tournés vers les temps présents à venir, sont ceux qui sont les mieux outillés pour penser la crise. Ce ne sont donc pas ceux, très nombreux, qui se consacrent à revisiter encore et encore l’histoire de la philosophie. Parmi les intellectuels médiatisés, Peter Sloterdijk et Slavoj Zizek sont selon moi les plus pertinents. Ils ont une approche à la fois extrêmement lucide et multifactorielle. Des penseurs renommés commeChristopher Lash, Karl Polany, Norbert Elias, ou aujourd’hui dans un autre registre, par exempleJared Diamond, avec son fameux ouvrage Effondrement, dans lequel il analyse l’extinction de certaines civilisations du fait de la raréfaction des ressources conjuguée à des décisions politiques inadaptées, offrent tous une approche consciente de la fragilité de l’édifice sur lequel nous avons bâti nos sociétés.

Deux auteurs me semblent incontournables. Michael Klare est un grand analyste des questions stratégiques et militaires américaines depuis dix ans. Il est l’un des meilleurs analystes sur le lien entre les conflits liés à la compétition pour les matières premières, le pétrole et les ressources géologiques. Il permet de comprendre le lien entre la sécurité et l’environnement. C’est déjà très important.

J. Howard Kunstler, urbaniste, spécialisé sur les grandes banlieues américaines qu’il considère comme « le plus grand gaspillage de ressources de l’histoire humaine », part d’un angle plus atypique. Il décrypte les interactions entre environnement, société et sécurité à l’échelle planétaire. Il appelle notre XXIème siècle « le siècle de la longue urgence », dans lequel les problèmes de changement climatique, de crise des hydrocarbures, de pénurie d’eau et de nouvelles pandémies, vont entrer en synergie, ce qui aboutira à une grande fragilisation des sociétés. Cela posera selon lui inévitablement des questions de sécurité et de défense, car il faudra assurer l’accès à la nourriture et gérer les conflits.