31.3.12

Les outils que nous construisons sont désormais utilisés autour de la planète par toutes sortes de personnes ayant des objectifs bien différents. Ils sont utilisés par les activistes pour contester le statu quo, mais ils sont également utilisés par le statu quo pour faire valoir de nouveaux types d’autorité. Les gens construisent de nouveaux réseaux de pouvoir sur les réseaux technologiques que nous avons générés et ils renforcent également les structures de pouvoir existantes.
Nous aimons nous considérer comme perturbant les systèmes de puissance et, en fait, c’est ce que nous faisons depuis longtemps. Mais désormais, ceux qui sont au pouvoir tirent parti de nos outils pour exercer de nouvelles formes de pouvoir. La peur est l’un des outils qui est utilisé. Elle s’infiltre dans nos systèmes.

La peur se répand très vite et nous n’avons pas trouvé un bon antidote pour la combattre. George Gerbner a observé que la couverture médiatique des contenus violents fait croire aux gens que le monde est plus dangereux qu’il ne l’est réellement. Il a appelé ce phénomène le “syndrome du monde méchant” : “Plus les gens sont exposés à des contenus négatifs au sujet de ce qui se passe dans le monde, plus ils croient que le monde est un endroit négatif.

Les gens tolèrent certaines choses et pas d’autres – et cela change la tolérance sur les personnes, sur les enjeux, sur les risques d’être tolérant. Nos décisions concernant ce qui est acceptable de tolérer plongent dans nos valeurs et nos croyances au sujet de ce qui est juste et ce qui est faux. Il y a certainement des gens qui embrassent la différence quand ils y sont! exposés, mais il y a aussi des gens qui la redoutent plus encore. L’exposition à de nouvelles personnes ne produit pas automatiquement de la tolérance. Lorsque les premiers explorateurs ont traversé la terre, ils ont pillé et dépouillé ceux qu’ils ont rencontrés avant même d’avoir commencé à les coloniser. L’exposition à d’autres personnes, au cours des grandes explorations, n’a pas magiquement produit de la tolérance. Elle a produit plutôt de la colère, de la méfiance et de la haine.

“Le problème est que plus les stimuli sont en compétition pour votre attention et plus les demandeurs d’attention vont se battre pour capter la votre. Et cette guerre psychologique va se traduire par le fait que les demandeurs d’attention vont avoir tendance à toujours plus utiliser l’émotion pour attirer votre attention. Et c’est là que la peur entre à nouveau en scène. Parce qu’elle est un mécanisme biologique simple et efficace pour obtenir l’attention des gens, nombre de demandeurs d’attention se tournent vers elle. La peur est particulièrement puissante dans un environnement où l’attention disponible est limitée.”

Le fait que les gens soient sensibles à une campagne de peur est ce qui les rend vulnérables à la manipulation par ceux qui veulent générer de la peur. Pour comprendre de plus près cette dynamique, il faut observer le rôle de l’attention, estime la chercheuse, car l’économie de l’attention constitue un terrain fertile pour la culture de la peur. Dans les années 1970, l’économiste et sociologue Herbert Simon a fait valoir que “dans un monde riche en informations, la richesse de l’information signifie un manque de quelque chose d’autre. Une pénurie de ce que l’information consomme. Ce que l’information consomme est assez évident : elle consomme l’attention de ses bénéficiaires.”

Ses arguments ont donné lieu à la fois à la notion de “surcharge d’information” mais aussi à l’”économie de l’attention”, rappelle danah boyd. “Dans l’économie d’attention, la volonté des gens pour distribuer leur attention à des stimuli d’information divers crée de la valeur pour lesdits stimuli. L’importance économique de la publicité repose sur l’idée qu’amener les gens à prêter attention à quelque chose a une valeur.”

L’information est étroitement liée à l’économie de l’attention. Les journaux tentent de capturer l’attention des gens par leurs manchettes. Les stations de télévision et de radio tentent d’inciter les gens à ne pas changer de chaîne. Et, en effet, il y a une longue histoire des médias d’information tirant parti de la peur pour attirer l’attention, que ce soit en utilisant des titres effrayants pour générer des ventes ou en faisant de la propagande pour façonner l’opinion publique.

En quoi la peur est-elle utile ? “En fait, elle prédispose l’attention des gens et les incite à suivre les commandements qu’on leur donne. Une des raisons qui font que la peur fonctionne est que les gens ont du mal à évaluer les risques et à répondre intellectuellement à la peur. La peur fonctionne sur une réaction émotionnelle plus que rationnelle.” Nombre de livres ont été écrits sur l’incapacité des gens à évaluer des risques raisonnables, comme Freakonomics de Steven D. Levitt et Stephen J. Dubner ou Culture de la peur de Barry Glassner. Barry Glassner met en évidence le rôle des médias dans l’écosystème de la peur. Il raconte par exemple que dans le! s années 90, après qu’une série de femmes âgées aient été agressées, les médias ont commencé à distiller des messages sur le risque à sortir dans la rue. Les informations communiquées étaient très effrayantes, insistant sur toutes les choses terribles qu’elles risquaient. Dans les mois qui suivirent, plus de personnes âgées sont mortes de faim, de peur de quitter leurs maisons, qu’il n’y a eu de victimes d’agressions. “La peur, conjuguée à de mauvaises évaluations des risques, peut avoir des conséquences mortelles.”

Notre peur est impossible à rassurer

Pour danah boyd, la “culture de la peur” se réfère à la façon dont la peur est employée par les commerçants, les politiciens, les concepteurs de technologies [notamment ceux de la sécurité informatique] et les médias afin de “réguler” le public. La peur n’est pas seulement un produit des forces naturelles. “Elle peut être systématiquement générée pour attirer, motiver et réprimer le peuple. Les personnes au pouvoir ont longtemps utilisé la peur pour contrôler le peuple. Le “Terrorisme” – par exemple – est l’utilisation systématique de la peur pour atteindre des objectifs politiques. La culture de la peur est ce qui émerge quand la peur est utilisée à un niveau tel qu’il façonne largement la vision du monde des gens.”

La peur est une émotion importante, rappelle la chercheuse. C’est une réaction psychologique raisonnable face à une incertitude et de menace. “Il s’agit d’un mécanisme de survie. C’est ce qui nous permet d’évaluer une situation à risque et de déterminer une réponse.” On peut apprendre la peur par l’expérience : quand vous vous brûler, vous développez une crainte respectueuse du feu par exemple. Et elle peut également être séduisante comme quand on pratique des sports extrêmes.

“Pourtant, la peur peut aussi être un outil de contrôle. Le 11 septembre fut une journée traumatisante pour beaucoup de gens. Dans les jours qui suivirent, les gens s’affairaient à comprendre ce qui se passait et pour comprendre la menace potentielle à laquelle faisait face leur communauté. Ce n’est pas la première fois que l’Amérique a ressenti une telle confusion et un tel chaos. Lisez les comptes rendus de ce qui s’est passé autour de la crise des missiles cubains et vous entendrez un ensemble similaire de craintes et d’incertitude. Mais là où les évènements post 9 septembre se sont écartés de la crise des missiles cubains repose dans la façon dont la peur a été employée par le complexe militaro-industriel et le Congrès. Aux États-Unis, nous sommes en état d’alerte orange de! puis plus d’une décennie maintenant. 

Rifkin dresse un double constat. D’une part, celui de la fin de la seconde révolution industrielle, fondée sur le pétrole et les énergies fossiles. Plus que le pic pétrolier, nous avons atteint “le pic de la mondialisation”, estime-t-il. Nous ne pouvons plus fonder notre croissance sur un système qui va générer par définition des crises à mesure que les énergies fossiles vont se raréfier. Même la perspective de trouver de nouveaux secteurs d’extractions ne suffira pas à combler notre appétit insatiable d’énergie. Pour lui,“la crise c’est le pétrole !” et les conséquences organisationnelles que notre pétrodépendance a eues sur! la société tout entière. “Les régimes énergétiques déterminent la nature des civilisations – leur façon de s’organiser, de répartir les fruits de l’activité économique et des échanges, d’exercer le pouvoir politique et de structurer les relations sociales.”

23.3.12

Internet, cinquième puissance économique mondiale en 2016
Une étude du Boston Consulting Group chiffre à 4.200 milliards le poids de l'économie Internet en 2016, contre 2.300 milliards en 2010. Parmi les pays du G20, le Royaume-Uni afficherait la contribution d'Internet au PIB la plus forte, devant la Corée du Sud.

L'un des grands défis scientifiques et théoriques de ce siècle sera donc de savoir si la vie, même sous des formes très étranges, est bien présente ailleurs que sur terre (il n'est d'ailleurs toujours pas exclu qu'elle existe dans le sous-sol martien ou dans les profondeurs liquides d'Europe, l'un des satellites de Jupiter) ou si nous devons nous résoudre finalement à accepter l'idée qu'elle n'est apparue sur notre planète qu'à la suite d'une succession de circonstances si exceptionnelles et improbables qu'elles n'ont aucune chance de s'être reproduites ailleurs dans l'Univers.

22.3.12

....il n’est pas question pour autant de revenir à la croyance en une créativité s’exerçant exclusivement en solo. Dans divers domaines, comme la science, c’est d’ailleurs impossible. La spécialisation y est devenue telle qu’il devient impensable de travailler sur un sujet sans collaborer avec différents spécialistes très pointus. Une étude menée par Ben Jones, professeur à l’école de Management Kellog de la Northwestern University a ainsi analysée 19 millions d’articles universitaires et 2 millions de brevets de ces cinquante dernières années, montrant que les travaux en équipe n’ont cessé d’augmenter dans 95 % des sous-champs scientifiques et que les équipes universitaires ont augmenté ! de 20 % en moyenne à chaque décennie. Pour Jones, les chercheurs sont désormais contraints de collaborer, notamment parce que les mystères les plus intéressants se trouvent désormais à l’intersection des disciplines. “Il ya cent ans, les frères Wright pourrait construire un avion par eux-mêmes. Aujourd’hui, Boeing a besoin de centaines d’ingénieurs pour concevoir et produire des moteurs”. Face à la complexité croissante, le travail collectif est désormais de mise. Mais alors, quel est le meilleur modèle pour favoriser la créativité de groupe ?

Ce n’est pas une provocation feinte, ce n’est même pas une provocation. L’homme a à cœur d’être bien compris. Il s’agit de venir à bout de l’évolution darwinienne, pathétiquement coincée à un stade qui n’assure plus les besoins en énergie des 10 milliards d’humains à venir. Il faut pour ça réécrire la vie, son code. Innover dans l’alphabet de quatre lettres, A, C, G et T. Créer une nouvelle biodiversité. Condition sine qua non : ces mondes, le nôtre, le naturel, et le nouveau, l’artificiel, devraient cohabiter sans pouvoir jamais échanger d’informations. Il appelle ça la tour de Babel génétique, où les croisements entre espèces seraient impossibles.

“Les écologistes exagèrent souvent, mais ils mettent en garde contre les risques de dissémination génétique et ils ont raison. Les croisements entre espèces vont très loin. J’ai lu récemment que le chat et le serval sont inter-féconds”.

L’être humain est devenu ingénieur du vivant, il peut transformer de simples êtres unicellulaires, levures ou bactéries en de petites usines qu’il contrôle. C’est le bio-entrepreneur américain Craig Venter qui sort la discipline des laboratoires en annonçant en juin 2010 avoir crée Mycoplasma mycoides, une bactérie totalement artificielle “fabriquée à partir de quatre bouteilles de produits chimiques dans un synthétiseur chimique, d’après des informations stockées dans un ordinateur”.

Biologiste-ingénieur

L’évolution sur terre depuis 3 milliard et demi d’années telle que décrite par Darwin est strictement contingente. La sélection naturelle, écrit le prix Nobel de médecine François Jacob dans Le jeu des possibles “opère à la manière d’un bricoleur qui ne sait pas encore ce qu’il va produire, mais récupère tout ce qui lui tombe sous la main, les objets les plus hétéroclites, bouts de ficelle, morceaux de bois, vieux cartons pouvant éventuellement lui fournir des matériaux […] D’une vieille roue de voiture il fait un ventilateur ; d’une table cassée un parasol. Ce genre d’opération ne diffère guère de ce qu’accomplit l’évolution quand elle produit une aile à partir d’une patte, ou un morceau d’oreille avec un fragment de mâchoire”.

Le hasard de l’évolution naturelle, combiné avec la nécessité de l’adaptation a sculpté un monde“qui n’est qu’un parmi de nombreux possibles. Sa structure actuelle résulte de l’histoire de la terre. Il aurait très bien pu être différent. Il aurait même pu ne pas exister du tout”. Philippe Marlière ajoute, laconique : “A posteriori on a toujours l’impression que les choses n’auraient pas pu être autrement, mais c’est faux, le monde aurait très bien pu exister sans Beethoven”.

16.3.12


Peut-on construire un être humain de A à Z ?
 Lundi, 12/03/2012 - 00:40
 

Après avoir permis l'amélioration du corps, la technologie pourrait à terme permettre la construction d'un être humain de A à Z, selon le site de la BBC qui énumère quelques membres et organes que la haute technologie et l'électronique pourraient aider à remplacer.

Comme le bras bionique, la jambe bionique est capable de«reproduire le mouvement naturel» d'un vrai membre en utilisant pour certaines les mêmes technologies que la télécommande de la Wii, permettant à l'utilisateur de«contrôler la direction et régler la taille des pas grâce à une manette».

Fin 2011, un coeur défectueux a été remplacé par un coeur en plastique pour la première fois : «Une pompe logée dans un sac à dos pousse le sang vers le coeur le long des tubes qui pénètrent dans le corps sous la cage thoracique. L'air est rythmiquement pompé dans le cœur artificiel, forçant le sang à parcourir le corps de la même façon que le ferait un coeur qui bat.»

Des implants oculaires ont permis de rendre la vue à certains patients aveugles. Plus courant, les«oreilles bioniques» ou implants cochléaire ont permis à des milliers de personnes de mieux entendre.

En juin 2011, des scientifiques ont réussi à implanter une mâchoire en titane identique à la mâchoire d'un patient à l'aide d'une impression 3D. Selon le Global Post, ils espèrent utiliser cette technique pourcréer des os plus gros ou des «parties du corps plus complexes» tels que les vaisseaux sanguins.

Un des «défis» reste l'élaboration d'une peau bionique qui permettrait de «ressentir la pression, la température et la douleur». Défi que tente de relever un professeur de l'université de Californie à Berkeley. Avec la «e-skin», il espère à terme redonner le sens du toucher à des patients portant des prothèses.

Selon le Huffington Post, le professeur Hugh Herr a déclaré que dans une dizaine d'années, les membres bioniques pourront être reliés aux terminaisons nerveuses, permettant ainsi «une collaboration, une danse transparente entre la chair et la machine».

Slate

Il faut bien comprendre que les sauts technologiques en cours dans le domaine du traitement, du stockage et de la transmission optique vont avoir des effets non seulement dans le domaine informatique mais également sur l'ensemble de l'économie numérique et virtuelle. En effet, en disposant à moindre coût d'une puissance de calcul et d'un débit cent fois plus grand dans 10 ans, les entreprises, les administrations et les ménages vont pouvoir accéder à des outils et services reposant massivement sur l'intelligence artificielle, la 3D et les environnements virtuels...Avec l'arrivée de ces systèmes photoniques intelligents, notre économie va connaître un nouveau et puissant cycle d'expansion aux conséquences incalculables car cette croissance reposera sur une augmentation prodigieuse et qualitative de l'intelligence collective. 

15.3.12

Selon une étude de la Dares, l’instabilité professionnelle s’accroit. “Si les individus nés avant 1940 n’avaient connu, en moyenne, que 2,7 emplois à l’âge de 40 ans, ceux nés dans les années 1960 en sont déjà à 4,1 emplois au même âge.”

40 % des entreprises qui étaient dans le top 500 de Fortune en 2000 ne l’étaient plus en 2010. Selon Edward Lawlet et Christopher Worley, auteurs de Built to Change, l’évolution de la liste publiée par Fortune ne cesse de s’accélérer avec les années. Entre 1973 et 1983, 35 % des entreprises avaient disparu de ce classement, entre 1993 et 2003, 60 %… Entre 2003 et 2013, 75 % des entreprises devraient être déclassées. C’est ce que Brian Solis appelle le darwinisme numérique, quand la technologie et la société évolue plus vite que la capacité à s’adapter.

5.3.12

Aujourd’hui, l’existence ou non d’une intelligence animale n’est plus à démontrer. Il s’agit plutôt de savoir quel statut lui accorder. Les spécialistes ont rompu avec une vision de l’intelligence conçue comme une aptitude uniforme qui se déploie le long d’une échelle unique allant des animaux les plus simples aux plus complexes, les humains. Chaque espèce a développé des capacités cognitives spécifiques en fonction de ses besoins et de son environnement.
La perception visuelle en est un bon exemple. En matière d’acuité visuelle, les humains sont surclassés par l’aigle. Si les humains voient les couleurs bien mieux que les chiens et les chats, en revanche, ils voient beaucoup plus mal dans l’obscurité que leurs compagnons. Certaines espèces ont développé des formes de perception inconnues aux humains comme l’écholocation des chauves-souris ou des baleines à dents, l’électrolocation de l’ornithorynque, les capteurs sensoriels de chaleur de certains serpents, la perception magnétique de l’axe terrestre chez certains oiseaux migrateurs, etc.
Des formes d’intelligence sont donc partout présentes dans le monde animal et sous des formes variées. Le plus étonnant est que ce ne sont pas les espèces les plus proches qui partagent les mêmes capacités. 

Il existe plus de 10000 religions dans le monde, sans compter les fractures internes (plus de 4000 Églises pour le seul christianisme) et les cultes disparus dans les brumes de l’Histoire. Ces chiffres attestent de la prodigieuse fertilité de l’esprit humain, qui n’a eu de cesse, depuis ses balbutiements, de chercher dans le divin des réponses à ses questions.