23.10.12

« La guerre fait l’État, et l’État fait la guerre », expliquait l’historien et sociologue américain Charles Tilly. Ce constat fait aujourd’hui autorité, tant il est vrai qu’au fil du millénaire médiéval, la formation des États dans l’aire occidentale, comme le montre Philippe Contamine, est étroitement liée aux conflits armés qui s’y déroulent. Plus l’État s’impose comme institution, plus les armées privées, qu’elles relèvent de monastères ou de seigneurs, cèdent le pas à des armées nationales.

Douze ans après le début de ce siècle, sommes-nous bien placés pour en deviner la suite en ce qui concerne la guerre ? L’exemple du siècle précédent n’est pas encourageant. Certes, en 1912, les nationalismes montaient, certains états-majors préparaient la guerre, et quelques auteurs prédisaient qu’elle serait funeste pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Mais personne n’aurait pu prévoir les deux guerres mondiales, les totalitarismes, l’ère nucléaire, la guerre froide et sa fin, tandis qu’ailleurs guerres et révolutions continuaient de plus belle et entraînaient de nouveaux dangers : une grande puissance montante (la Chine) et un problème permanent, la prolifération nucléaire, se combinant avec une évolution économique, sociale et démographique génératrice de violence potentielle.

Guerre

➥ « Aux sources de la guerre », de la Préhistoire à l’an mil, s’interroge sur les premières manifestations de la conflictualité dans l’humanité. Il est montré que la guerre structure très profondément la vie des sociétés traditionnelles, mais aussi qu’elle constitue le principal facteur de changement politique et social.

➥ La deuxième partie, les « États combattants », examine le lien entre la guerre et la construction des États. L’armée, ainsi, est apparue comme une organisation qui contribue à la structuration des institutions étatiques modernes ; en retour l’État moderne s’est appuyé sur l’armée pour imposer sa souveraineté, après l’époque féodale marquée par le problème théologico-politique. Plus l’État dominait le champ militaire, moins l’Église avait de prise sur les âmes.

➥ La troisième partie, « Vers l’apocalypse ? », se focalise sur la période allant de la guerre de Sécession à la guerre froide, marquée par deux déflagrations d’ampleur mondiale. Dans les guerres totales, c’est la société tout entière qui est saisie et pour ainsi dire capturée par l’ordre militaire.

➥ Enfin, dans « Le temps des conflits asymétriques », nous nous interrogeons sur les transformations contemporaines de la guerre. Les conflits interétatiques tendent à s’effacer au profit de nouvelles formes d’affrontement qui mettent en scène d’autres acteurs : du terroriste à l’insurgé, du franc-tireur au partisan. Ces transformations révèlent des mutations sociétales de grande ampleur : l’État se voit attaqué dans sa souveraineté et sa légitimité, ce qui touche par domino l’institution militaire ; en retour, les acteurs transnationaux (groupes combattants, ONG, multinationales) entendent s’imposer dans une scène mondiale reconfigurée.

Les dimensions de la guerre

La guerre doit être donc envisagée au regard de ses multiples dimensions.

➥Dimension militaire d’abord. La guerre est un monde à part, qui engage des soldats, tantôt professionnels, tantôt « citoyens en uniforme », pour reprendre une expression chère à Raymond Aron. C’est aussi un temps à part, qui se distingue du temps diplomatique par des actes, de la déclaration à l’armistice, qui scandent son déroulement.

➥Dimension politique également. La guerre n’est pas à elle-même sa propre fin. C’est un moyen militaire mobilisé à des fins qui relèvent de l’action politique : prises ou protection d’un territoire, imposition d’une idéologie… En ce sens, elle est, selon la formule de Karl von Clausewitz, la « continuation de la politique par d’autres moyens ».

➥Dimension économique ensuite ; sur le plan économique, la guerre peut représenter l’une des conséquences de la crise ; mais il existe aussi une économie de guerre qui peut doper, plus ou moins artificiellement, la croissance. De même, la puissance économique d’un État est souvent liée à sa puissance militaire, comme ce fut le cas pour la Rome antique, l’Angleterre et les États-Unis.

➥La dimension culturelle ne doit pas être négligée. La guerre a fait l’objet de multiples représentations picturales, plastiques ou cinématographiques, du Guernica de Picasso à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola en passant par les bustes de stratèges romains. Mais la guerre a aussi influé sur les pratiques sociales et culturelles, à tel point que certains historiens, à l’image de Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker dans 14-18. Retrouver la guerre (Gallimard, 2003), ont forgé l’expression de « culture de guerre » pour penser l’interaction entre la guerre et la société française au moment de la « Grande Guerre ». de 14-18.

➥Dimension juridique enfin. La guerre a fortement contribué à l’invention d’un droit spécifique, le droit international, qu’on oppose traditionnellement au droit s’appliquant à l’ordre interne des États. Le phénomène guerrier suscite aujourd’hui beaucoup de réflexions juridiques sur la frontière entre le militaire et l’humanitaire, la violence et l’assistance.

11.10.12

Samuel Arbesman de la Fondation Kaufman est l’auteur de “La demi vie des faits : pourquoi tout ce que nous connaissons a une date d’expiration”. Le chercheur s’inquiète que de plus en plus de nos décisions s’appuient sur des connaissances fausses, qu’on traîne avec nous depuis l’école ou la fac. Les données scientifiques doublent tous les 15 ans, et leur taux de croissance serait environ de 4,7 % par an depuis le 17e siècle. Les connaissances d’une génération de chercheurs s’avèrent donc fausses au bout d’une génération ou deux, 30 à 45 ans. Nous avons tendance à savoir ajouter de nouveaux faits à ceux que nous connaissons déjà, plus qu’à assimiler de nouveaux faits qui contredisent ce que nous pensions. Le fait de savoir que nos connaissances ont une durée de vie limitée et qu’il faudra les remettre en cause serait déjà une bonne base, estime le chercheur.

8.10.12

Pourquoi les États-Unis sont-ils riches alors que le Mexique est pauvre ?

La frontière américano-mexicaine, les villes jumelles de Nogales (Arizona, États-Unis) et Nogales (Sonora, Mexique). Des deux côtés, on trouve la même population (mexicaine ou d’ascendance mexicaine), on mange la même cuisine, on écoute la même musique, on subit le même climat et les mêmes bactéries. Comment comprendre alors l’écart de richesse, de un à sept, qui prévaut entre les deux Nogales ?

La seule explication plausible, pour Daron Acemoglu et James A. Robinson, tient à la différence des institutions entre les deux espaces politiques. Et les auteurs de retracer l’histoire de la genèse de ces institutions, genèse qu’ils font remonter aux processus de colonisation de l’Amérique hispanique et de l’Amérique du Nord. Dans la première, les Espagnols ont très tôt mis en place un régime d’extraction de richesse en soumettant les populations à un système de travail obligatoire. Un tel régime a modelé les économies locales jusqu’aux économies rentières et inégalitaires de l’Amérique latine.

En Amérique du Nord, ce mode de conquête a échoué – les populations autochtones ont mieux résisté. Les colons ont dû travailler, se sont rapidement vu concédés des terres et des droits politiques. Bref, deux régimes politiques différents ont mis en place des institutions distinctes par les incitations économiques qu’elles créaient. Là résiderait la clé la richesse ou de la pauvreté des nations.

Beaucoup ont essayé d’expliquer l’hégémonie que l’Occident a exercée sur le monde depuis deux siècles ou la fabrique du monde moderne, comme l’historien britannique travaillant aux États-Unis Gregory Clark dans A Farewell to Alms. A brief economic history of the world (2007), ou Nathan Rosenberg et Luther E. Birdzell dans Comment l’Occident s’est enrichi (1986, trad. fr. André Charpentier, Fayard, 1989). Une telle histoire peut déboucher sur la géopolitique, avec un Samuel P. Huntington – Le Choc des civilisations (1996, trad. fr. Jean-Luc Fidel et al., Odile Jacob, 1997, rééd. 2000) – ; voire la reconsidération de la place de l’Amérique dans le concert des nations, ce que fait le journaliste indien naturalisé américain Fareed Zakaria, auteur d’une œuvre dont on peut retenir From Wealth to Power. The unusual origins of America’s world role(1999) et Le Monde postaméricain (2008, trad. fr. Johan-Frédérik Hel Guedj, Saint-Simon, 2009, rééd. Perrin, 2011).

Dans cette veine universaliste, l’un des ouvrages les plus emblématiques reste Richesse et pauvreté des nations. Pourquoi des riches ? Pourquoi des pauvres ? (1998, trad. fr. Jean-François Sené, Albin Michel, 2000), de David S. Landes. Ce professeur d’économie à l’université de Harvard (Massachusetts) estime comme J. Diamond que les réussites des sociétés sont liées aux ressources qu’offre leur milieu : certaines régions du monde bénéficient d’un climat tempéré quand d’autres, les tropiques, sont le paradis des virus et des bactéries. Si pour D.S. Landes, la science et la technologie permettent d’apporter des réponses à ces graves difficultés, elles ne peuvent paradoxalement atteindre leur pleine efficacité que dans des sociétés déjà développées, donc favorisées par la nature. Reste que les êtres humains ne partagent pas les mêmes croyances ni les mêmes valeurs, et que ces écarts exercent des effets sur développement des sociétés – ainsi de la place que chacune accorde aux femmes, qui constitue pour cet auteur aux multiples intérêts l’un des meilleurs indicateurs de son degré de développement.

6.10.12

 Pierre Buhler rejoint ainsi des analyses réalistes qui se multiplient, et convergent de plus en plus, partout dans le monde, après les idéalisations désarmantes de « la fin de l’histoire » et de la « communauté internationale ». Il le fait de façon rigoureuse, avec une argumentation toujours très serrée, pour saisir le « sprint des géants » (la montée en puissance de l’Asie) ; l’espérance européenne, fragile, que la force, et la puissance, puissent se concrétiser « par la norme » ; l’Amérique, qui ayant « la vocation de la puissance », est confrontée à son « hubris », au risque d’arrogance, et à celui, inverse, de la « puissance par défaut »…
Perspectives qui autorisent de nombreux scénarios, sauf celui du rétablissement du monopole de la puissance occidentale.

5.10.12

L’intelligence abstraite n'est plus le propre de l'homme

La question passionne et divise les philosophes depuis l’Antiquité et les scientifiques depuis la naissance de la science moderne au XVIIème siècle : les animaux sont-ils capables, hors de certaines situations particulières résultant d’un conditionnement ou d’un apprentissage, de faire preuve d’une intelligence abstraite ?

Pendant des siècles, les scientifiques considéraient que, si l’animal pouvait ressentir la souffrance et était éventuellement capable d'exprimer certaines émotions qui pouvaient parfois paraître proches de celles montrées par l'homme (peine, joie, tendresse, affection…), il restait à tout jamais incapable de manifester un certain nombre de comportements proprement humains, comme l’anticipation, la reconnaissance de soi, le deuil, et d'élaborer des concepts abstraits face à une situation inédite.

Mais ces certitudes furent ébranlées au milieu des années 70 par deux expériences scientifiques restées célèbres, réalisées aux Etats-Unis sur des singes et qui ont définitivement changé notre regard sur l’animalité.

4.10.12

“si nous considérons notre notre capacité de prédiction comme le meilleur moyen de tester nos connaissances, nous n’avons pas bien réussi. En novembre 2007, les économistes (…) examinant 45 000 ensembles de données économiques pronostiquèrent qu’il n’existait pas plus d’une chance sur 500 que nous puissions connaître une crise comparable à celle qui commença un mois plus tard. Les tentatives de prévoir les tremblements de terre ont continué à prédire des catastrophes qui ne sont jamais arrivées et n’ont pas réussi à nous préparer à ceux qui se sont produits, comme le désastre de 2011 au Japon.”

Pourtant, tout ne marche pas aussi mal, nous rassure-t-il. Il existe par exemple un domaine où nos facultés de préparer l’avenir a été en constant progrès : la météo.

Évidemment, à première vue, cette idée aurait tendance à faire rigoler tout le monde. Pourtant, insiste Silver, c’est un domaine qui a connu de véritables progrès. Par exemple en 1972 les services météo américains se trompaient d’environ 6 degrés lorsqu’il fallait prévoir le temps 3 jours à l’avance. Maintenant, l’erreur est juste de trois degrés. Encore, mieux, la prédiction des ouragans s’est fortement améliorée. Il y a 25 ans, les spécialistes chargés de cette tâche prédisaient avec une marge d’erreur de 560 km quel lieu pourrait être touché par l’ouragan. Aujourd’hui, la marge est 160 km. Bref, ce n’est pas une science exacte, mais il y a des progrès significatifs, contrairement à ce qui se passe en économie.

3.10.12

Publiée par le cabinet de conseil américain Rhodium Group, réalisée en partenariat avec la China International Capital Corporation(CICC), une banque d’investissement chinoise, et le Brunswick Group cabinet de conseil en communication stratégique, l’étude China Invests in Europe 1 analyse la structure et l’incidence des investissements chinois dans l’Union européenne (UE). 
« L’Europe est en train de connaître le début d’une flambée structurelle des investissements directs dans les économies avancées par les entreprises chinoises », constate d’entrée le rapport du Rhodium Group (RG). La tendance a pris son essor récemment, en 2008, lorsque le volume des flux d’investissements chinois dans l’UE, qui s’élevait à moins d’un milliard de dollars US entre 2004 et 2008, a triplé pour atteindre quelque trois milliards de dollars US en 2009 et 2010, avant de tripler à nouveau et de s’établir à près de 10 milliards de dollars US en 2011 (7,4 milliards d’euros) 2. La progression est spectaculaire et peut entretenir l’impression que « la Chine est en train de se payer l’Europe » mais elle doit être remise en perspective. En 2010, les investissements chinois en Europe ne constituent qu’une part minime (0,1 %) du stock détenu par les pays d’Asie (3,8 % du total des investissements directs étrangers, IDE, dans l’UE) 3. En 2011, avec un volume de 10 milliards de dollars US, la Chine ne représente que 10 % du total des flux d’IDE entrants dans l’UE. Et relativement à la puissance de feu financière de la Chine, les montants que celle-ci a investis en Europe au cours des 11 dernières années sont équivalents à l’accroissement hebdomadaire moyen de ses réserves de change au cours des premiers mois de l’année 2011.

Les débats sur la politique énergétique en France n’ont qu’occasionnellement mis en évidence les risques que font courir à l’économie la volatilité du cours du pétrole et sa hausse probable. Il est vrai qu’il est de plus en plus difficile de « prévoir » l’évolution de la production pétrolière mondiale et de sa capacité à répondre à la demande. Cette équation pétrolière comporte, en effet, de nombreuses variables : la croissance de la demande des pays émergents comme la Chine, le déclin plus ou moins rapide des grands gisements, la mise en production des gisements de pétrole non conventionnel. La géopolitique est également un facteur d’incertitude majeur avec, en particulier, les risques de déstabilisation du Moyen-Orient alors que l’Arabie Saoudite (12 % de la production mondiale) joue un rôle majeur avec ses capacités de production excédentaires, qu’elle peut éventuellement mobiliser pour éviter une envolée du cours du brut. 

En dépit de toutes ces incertitudes, les experts semblent s’accorder pour estimer que la production mondiale de pétrole plafonnerait vers 2020 (la production des grands gisements exploités actuellement amorçant une baisse) et pourrait ensuite décliner, la croissance possible de la production de l’Irak et l’offshore très profond donnant une petite marge de manœuvre dans l’intervalle. Une question reste ouverte : la possibilité d’exploiter de façon acceptable les pétroles non conventionnels (extraits des sables bitumineux et des schistes notamment) dont les réserves seraient aussi importantes que celles des pétroles « conventionnels ». Les États-Unis et le Canada ont commencé à exploiter ces gisements et pourraient devenir totalement autonomes pour leur approvisionnement en pétrole et en gaz.

1.10.12

D’ici 2030, 1 milliard de Chinois, soit 1/8e de la population mondiale, résidera en ville. Plus de 200 villes chinoises compteront plus d’un million d’habitants d’ici 2030. Ce chiffre est à mettre en perspective avec l’ensemble des villes européennes qui ne comptent pas plus de 35 millions de citadins aujourd’hui. 50 000 nouveaux gratte-ciels, soit 10 fois plus qu’à New York, seront construits, ainsi que 5 milliards de mètres carrés de routes).

Selon les données de la Banque mondiale, la classe moyenne, celle dont le revenu annuel se situe entre 3 000 $ et 20 000 $, va s’étendre de 7% de la population mondiale en 2000 à 16% en 2030. Dans un même temps, le pourcentage de personnes définies comme "riches" aura plus que doublé, de 10% à 21% sur la même période.

Cinq milliards de personnes habitent dans les pays émergents. Comme les habitants des campagnes migrent vers les villes, ils achètent des voitures, des maisons, des téléphones portables et des objets de luxe. Aujourd’hui, ces dépenses sont encore relativement faibles. En Chine, avec une population de 1,3 milliard d’habitants, les dépenses de consommation ne représentaient en 2007 que 1 700 milliards de dollars. Ce chiffre est à comparer aux dépenses américaines qui représentent 12 000 milliards pour 300 millions de consommateurs environ.

- Environ 1 milliard de nouveaux consommateurs sont prévus d’ici 2015 sur les marchés émergents.

- Aujourd’hui, la Chine et l’Inde forment à elles seules un demi-million d’ingénieurs tous les ans, alors que les États-Unis n’en forment que 70 000.

- Dans les pays développés, la population d’âge actif devrait régresser de 740 millions à 690 millions entre 2000 et 2025. Dans les pays en développement, au contraire, elle devrait passer de 3 à 4 milliards de personnes.

- En 2000, il y avait 119 États démocratiques sur un total de 192 pays, contre 22 États démocratiques sur 154 pays en 1950. En 1948, seules 41 organisations non gouvernementales avaient le statut d’organisations consultatives aux Nations Unies ; aujourd’hui, elles sont 2 091.

Peut-être mieux connu en France sous le vocable de "mondialisation", ce concept promeut l’idée d’une constante évolution vers une intégration globale, ou une synthétisation des économies, des cultures, des technologies et des gouvernances. Cette globalisation a un impact sur la consommation des consommateurs et sur ce que les entreprises produisent. Quelques anecdotes et faits peuvent illustrer ce phénomène :

- Le bouddhisme est la religion qui connaît la plus grande croissance aux États-Unis.

- Il y a aujourd’hui plus de restaurants de curry en Angleterre qu’en Inde.

- Le PIB de la Chine dépassera probablement celui des États-Unis d’ici la moitié du siècle.

- Des pôles d’excellence ou culturels émergent partout dans le monde (Bollywood, des centres de la mode à Shanghai, en Inde, au Japon…).

- De nombreux produits typiquement asiatiques culturellement parlant inondent le monde occidental (les sushis, le yoga, le feng shui, le tai-chi).

- L’eau est reconnue comme une ressource limitée

Le problème n’est pas confiné à l’épuisement de certains minéraux (le charbon et le cuivre). L’eau est rapidement devenue une ressource limitée. Des problèmes quant à sa quantité, sa qualité et à sa distribution sont d’actualité. L’OCDE estime que la moitié de la population mondiale vivra dans des régions connaissant des pénuries d’eau d’ici 2030.

La première ville neutre en termes d’émission carbone devient une réalité dans le désert d’Abu Dhabi. Actuellement en phase de construction, Masdar City veut être un exemple mondial de communauté durable autosuffisante en énergie (presque entièrement fournie via système solaire).

L’initiative va abriter 40.000 habitants et 1 500 entreprises de technologie propre, en plus du Masdar Institute of Science and Technology, une université tournée vers la recherche et l’innovation, créée en coopération avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l’Imperial College.

Shanghai souhaite également monter une ville totalement écologique sur l’île de Chongming. Appelée Dongtan, elle sera autosuffisante en énergie, avec des sources comme le solaire, les éoliennes, la biomasse et même le biogaz - au moins 80% des déchets seront recyclés et réutilisés comme engrais.

Avec ses chiffres implacables, il décrit ce qui devrait être une évidence de notre monde contemporain, on ne peut pas tous vivre en ville (85% de la population y réside en France, selon l’Insee) et tous posséder une voiture.