27.11.12

Si le prix du pétrole monte trop vite, cela traduit une insuffisance de ce précieux liquide pour alimenter une économie mondialisée, et à ce moment nous avons une récession qui frappe tout ou partie du monde. En conséquence la demande baisse... et le prix aussi. Le prix ayant baissé la demande se remet à augmenter, et nous sommes repartis pour un cycle. 

http://www.manicore.com/documentation/petrole/prix_futur.html

26.11.12

Le milliardaire américain Warren Buffett : "Il y a bien une lutte des classes, et cette guerre, c'est ma classe, la classe des plus riches, qui est en train de la gagner."

Un phénomène mondial : les revenus des patrons américains ont été multipliés par plus de sept entre 1980 et 2000 ; ils gagnaient 35 fois plus qu'un salarié en 1980, 130 fois plus en 2000.

"La France détesterait ses riches parce qu'elle est rurale, catholique et imprégnée de marxisme ? Mais ces trois facteurs sont marginalisés depuis longtemps. Nous sommes dans une société vidée d'espérances idéologique ou religieuse. Ce qui reste, c'est la passion d'avoir. On a inoculé à la jeunesse le virus de la réussite matérielle."

23.11.12

Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), la consommation énergétique mondiale devrait augmenter de 40 % d’ici 2030, atteignant 16 Gteps par an, contre 12 Gteps. Dans ce scénario énergétique, les combustibles fossiles devraient encore représenter près des trois quarts de l’énergie consommée par la planète dans 20 ans.

L'AIE estime que la consommation mondiale d'énergie pourrait croître de 35 % d'ici 2035, l’Inde et la Chine représentant à elles seules plus de la moitié de cette hausse.

La demande mondiale de gaz devrait augmenter de moitié d’ici 25 ans et les gaz non conventionnels représenteront au moins la moitié de cette hausse.

La consommation mondiale de pétrole, quant à elle, devrait atteindre 90 millions de barils par jour en 2012, soit 4,5 milliards de tonnes par an ! En 40 ans, cette consommation, qui était d’environ 48 millions de barils par jour en 1970, a progressé de presque 90 % !

Selon un rapport qui a fait grand bruit, publié en 2011 par HSBC, dans 50 ans, il pourrait ne plus rester de pétrole exploitable sur Terre, même si la demande n'augmente pas. Or, les dernières projections de l'Agence internationale de l'énergie prévoient une consommation mondiale à 107 millions de barils par jour en 2035, soit une hausse de presque 20 % d’ici 20 ans, liée à la croissance économique irrésistible en Asie.

L’étude d’HSBC précise toutefois que les biocarburants et les carburants de synthèse issus du charbon, pourraient éventuellement prendre le relais du pétrole conventionnel si le cours du brut passe au-dessus des 150 dollars.

C’est dans ce contexte qu’est tombée il y a quelques jours une information presque surréaliste et pourtant tout à fait sérieuse : dans son dernier panorama mondial de l'énergie, l'Agence internationale de l'énergie prévoit que les Etats-Unis accéderont, avant la fin de cette décennie, à l’indépendance énergétique et deviendront le plus grand producteur mondial de pétrole, devant l'Arabie Saoudite et la Russie !

Depuis 2008, les Etats-Unis ont augmenté de plus de 20 % leur production de pétrole qui atteint à présent 6,2 millions de barils par jour (voir AIE).

16.11.12

Il est toujours difficile et un peu arbitraire de fixer une date précise qui marquerait le début de la révolution industrielle car cette rupture majeure dans l’histoire humaine n’a pas eu lieu ex nihilo et s’est appuyée sur presque un siècle et demi d’innovations « souterraines »; c’est ainsi que dès 1629, l’italien Giovanni Branca conçoit les plans d’un moulin à vapeur.

Au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle, le rythme des inventions, découvertes et innovations s’accélère de manière remarquable avec les travaux de l’anglais Sommerset, qui invente le refroidisseur, et du français Denis Papin qui franchit un nouveau cap en inventant le piston permettant de concevoir enfin des machines à vapeur fiables et surtout très puissantes.

En moins de 20 ans, entre 1769 et 1788, le génial James Watt perfectionna de manière décisive la première véritable machine à vapeur industrielle inventée par l’ingénieur anglais Newcomen en 1711 et largement utilisée en Angleterre pendant le XVIIIe siècle pour pomper l’eau dans les mines de charbon. En moins d’un demi-siècle, la machine de Watt fut le moteur irrésistible qui permit lapremière révolution industrielle, celle de la vapeur comme source démultiplicatrice d’énergie dans tous les domaines d’activités et notamment dans la production industrielle et les transports d’hommes et de marchandises.

En 1769, alors que Watt déposait son brevet pour sa machine à vapeur, un autre Anglais moins connu, Richard Arkwright déposa un brevet pour la « Water frame », le premier métier à filer hydraulique. Cette machine, simple mais très ingénieuse, pouvait se substituer à l’ouvrier pour produire à la chaîne et à bas prix de grandes quantités de fils de coton.

On peut donc véritablement considérer que 1769 marque bien, symboliquement, le début de la révolution industrielle mondiale dont nous sommes toujours les héritiers.

Richard Arkwright, entrepreneur infatigable, compléta cette invention en déposant en 1775 un autre brevet concernant une machine à carder capable de transformer le coton grossier en bande de fibres pouvant directement être filées. Entre-temps, Richard Arkwright avait ouvert à Cromford, en 1771, la première usine de filature industrielle du monde utilisant l'énergie hydraulique et en 1777, il ouvrit à Wirksworth la première filature de coton utilisant une machine à vapeur.

En 1774, la société d’Arkwright employait 600 ouvriers et dix ans plus tard, elle en employait 30 000 ! En 50 ans, de 1770 à 1830, la consommation anglaise de coton fut multipliée par six et le coût de production divisé par cinq. Quant à l’importation de coton brut, on estime qu’elle fut multipliée par vingt au cours de cette même période.

Mais la révolution industrielle supposait non seulement qu’on puisse produire beaucoup plus vite et beaucoup moins cher mais reposait également sur la possibilité d’améliorer avec la même efficacité la vitesse des transports et la circulation de l’information.

S’agissant de la révolution dans les transports, il ne fallut que 26 ans (de 1804 à 1830) pour passer de la première locomotive opérationnelle construite par l’Anglais Trevithick à la première ligne de transport de passagers au monde, reliant les villes anglaises de Liverpool et Manchester. Ainsi, en 60 ans, de 1769 à 1830, la vapeur sous toutes ses formes avait provoqué un bouleversement économique, social et humain sans précédent en Europe depuis l’invention de l’imprimerie.

C’est alors que commença en 1830 la deuxième révolution industrielle qui vit le monde se recouvrir d’un immense réseau de lignes de chemin de fer, qui eut pour effet de contracter l’espace et de poser les bases d’une économie mondialisée, dominée par le commerce international et la circulation toujours plus grande et ouverte des capitaux, des biens et des services.

En 1876, seulement dix ans après l’ouverture de la première ligne de télégraphe transatlantique, un ingénieur américain, Graham Bell, inventa le téléphone qui révolutionna les communications et, en moins de 25 ans, une nouvelle vague d’innovations déferla sur la planète avec l’automobile, le cinéma, la radio et l’avion, en 1903 qui marquait véritablement l’entrée dans ces « Temps modernes » dominés par le triomphe de la science et de la technique et magistralement illustrés par le film de Chaplin en 1936. C'est bien au cours de ce troisième temps de la révolution industrielle, que l'information et la communication prirent définitivement le pas sur la matière comme moteur du développement économique mondial.

A cette troisième révolution industrielle succéda une quatrième vague qui, de 1903 à 1928, vit naître la télévision et les premiers antibiotiques qui allaient être à l’origine d’une immense révolution médicale.

La cinquième révolution industrielle commence avec la naissance de l’informatique et l’on sait à présent que c’est bien le calculateur Z3, conçu par le génial ingénieur allemand Konrad Zuse en 1941 qui fut le premier ordinateur fonctionnel au monde, suivi de peu par son cousin anglais, Colossus en 1944, puis par la machine américaine ENIAC en 1946.

Ce sixième temps de la révolution industrielle, commencé à la fin de la seconde guerre mondiale, s’acheva en 1971 avec le premier microprocesseur qui allait permettre une généralisation et une démocratisation inimaginables de l’informatique puisque la barre des deux milliards d'ordinateurs devrait être franchie dès 2014.

Entre-temps, un réseau d’interconnexion des ordinateurs militaires américains, nommé Arpanet, avait vu le jour en 1967 et celui-ci évolua jusqu’à devenir l’Internet avec l’ouverture au grand public de l’accès au Web en 1990. Il avait fallut moins de 20 ans pour que se déroule la septième vague de la révolution industrielle, allant du microprocesseur à l’Internet.

Fait révélateur de l'extraordinaire accélération de l'économie et de la technologie, alors qu'il avait fallu plus de 130 ans pour atteindre les cinq milliards d'utilisateurs du téléphone, la barre des deux milliards d'ordinateurs a été atteinte en 30 ans et celle des 2,3 milliards d'internautes l'a été en 22 ans !

Quant à la huitième vague, c’est évidemment celle que nous sommes en train de vivre actuellement et qui s’articule autour de quatre pôles : la numérisation et la virtualisation de la connaissance et de l’économie, les biotechnologies, la robotique et, plus récemment les nanotechnologies qui sont en train de « fertiliser » l’ensemble de nos outils et systèmes scientifiques et industriels.

Pour mesurer le chemin parcouru, quelques ordres de grandeur méritent d’être rappelés. On estime par exemple que le Produit Mondial Brut, c'est-à-dire la valeur monétaire de la totalité des richesses produites dans le monde pendant un an, est passé de 175 milliards de dollars (valeur 2000) vers 1800 à 58 000 milliards de dollars en 2010. Il a donc été multiplié par 330 en un peu plus de deux siècles !

Si l’on compare à présent le PMB par habitant dans le temps, on constate que celui-ci est passé, en moyenne, de 215 dollars (valeur 2010) à 8 300 dollars entre 1800 et 2010. Il a donc été multiplié par 39 au cours de cette période.

En matière de consommation totale d’énergie, le monde qui consommait à peine plus de 50 millions de tonnes d’équivalent pétrole en 1800 en consomme à présent 12 gigatonnes par an, soit une multiplication par 240 de la consommation mondiale d’énergie en un peu plus de deux cents ans. En revanche, il est frappant de constater que la consommation énergétique moyenne annuelle d’un terrien n’a été multipliée que par 10 au cours de la même période (passant de 0,16 tonne à 1,7 tonne par terrien).

Que signifie ce décalage ? Il montre simplement l’extraordinaire progression de l’efficacité et rendement énergétique de l’économie mondiale : En 1800, cette économie mondiale devait dépenser environ une tonne d’énergie pour produire seulement 220 dollars de richesse alors qu’actuellement chaque tonne d’énergie dépensée dans le monde permet de produire environ 4 800 dollars de richesse, c'est-à-dire 22 fois plus qu’en 1800 !

Mais cette progression en matière énergétique n’est rien par rapport à l’évolution de la quantité d’informations produite dans le monde : cette quantité double tous les deux ans et serait actuellement de l’ordre de 1,8 milliard de térabits par an, soit 250 000 térabits par terrien ou encore l’équivalent de 3 disques durs de 1000 Go d’ordinateur par an et par terrien !

Bien qu’un tel calcul ne puisse qu'être approximatif, on peut estimer que la quantité moyenne d’informations produite par terrien et par an aura été multipliée par plus d’un milliard depuis le début de la révolution industrielle !

Au niveau mondial, on estime que la part de la production industrielle dans le Produit Mondial Brut est passée, depuis 30 ans,  de 27 à 20 %. Aux Etats-Unis par exemple, la part de l'industrie dans le PIB ne représente plus que 10 %, contre 30 % en 1950 et en 2010, la Chine est devenue la première puissance industrielle du monde, selon une étude d’IHS Global Insight.

Selon cette étude, la production manufacturière de la Chine a représenté 19,8 % de celle de la planète en 2010, tandis que la part des Etats-Unis atteignait 19,4 %. En valeur, la production industrielle chinoise a atteint 1995 milliards de dollars courants en 2010, contre 1950 milliards de dollars pour les Etats-Unis.

Mais ce basculement industriel mondial n’est pas seulement quantitatif et géopolitique, il est surtout qualitatif : les nouvelles puissances émergentes, comme l’Inde, la Chine, le Brésil ou la Corée du Sud, ne se contentent plus de fabriquer à moindre coût nos produits de consommation courante. Elles sont à présent capables de rivaliser avec l’Europe, les Etats-Unis et le Japon dans la conception et la fabrication de produits et services à très forte valeur ajoutée dans tous les domaines de pointe, qu’il s’agisse des télécommunications, de l’informatique ou de l’électronique. Ces pays ont compris que leur place dans la compétition économique mondiale se jouerait sur trois facteurs : l’effort en matière de formation, l’effort financier et l’effort technologique.

Dans le domaine de la formation, la Chine dispose, avec 1,2 million de chercheurs, d’une ressource en matière grise équivalent à plus de 80 % des capacités européennes ou américaines et, à ce rythme, elle comptera le tiers des chercheurs de la planète en 2025.

En matière de recherche, l’effort financier de la Chine arrive en deuxième position derrière celui des USA et est à présent supérieur à celui du Japon. Enfin, en matière d’innovation, la Chine est devenue en 2011 le premier pays en terme de dépôt mondial de brevets. Son grand rival asiatique, l’Inde, pour sa part, produit 500 000 nouveaux ingénieurs par an (deux fois plus qu’il y a 10 ans), soit plus que l’Europe et les Etats-Unis réunis et leur salaire annuel moyen est de 8 000 dollars, contre 70 000 dollars pour leurs homologues américains.

L’accélération mondiale du progrès technologique et des gains de productivité qui en résultent ont un double impact considérable sur l’emploi industriel : d’une part, les gains de productivité dans l’industrie permettent de réduire le nombre de travailleurs dans ce secteur et, d’autre part, les gains de productivité obtenus dans l’économie globale entraînent une hausse du revenu des travailleurs qui se traduit dans les pays développés, mais également de plus en plus dans les pays émergents, par un transfert des dépenses des ménages qui vont de plus en plus vers les services - santé, loisirs, éducation, économie numérique - et de moins en moins vers l’acquisition de biens matériels et physiques.

Il est donc clair que la bataille mondiale de la néo-industrialisation se jouera non seulement sur le terrain de la relocalisation de certaines productions industrielles physiques à haute valeur ajoutée, comme l’a bien compris l’Allemagne, mais également et surtout sur le terrain infiniment plus vaste de l’industrie culturelle, éducative et numérique qui permet au plus grand nombre de produire une forte valeur ajoutée cognitive en transformant l’information en connaissance.

Le problème est que le déséquilibre économique mondial se traduit par l’opposition entre le vieux monde (Europe, USA et Japon) qui est trop endetté, consomme trop et n’épargne pas assez pour préparer l’avenir (Le taux d’épargne n’est que de 12 % en Europe et de 7 % au Japon) et le « nouveau monde », principalement la Chine et l’Inde ou, au contraire, le niveau d’épargne est très élevé (En Chine, le taux d’épargne reste supérieur à 50 % et en Inde, il est passé de 5 à 27 % en quarante ans) par rapport à la consommation.

http://www.rtflash.fr/huit-revolutions-techno-industrielles-qui-ont-change-monde/article

8.11.12

Le développement d’un nouveau projet dans l’industrie comme dans le logiciel passe par un cycle classique : besoin, design, implémentation, vérification, maintenance. 

28.10.12

A nos yeux les croyances des hommes se valent. Elles sont autant de tentatives de structurer le monde, de donner une signification à l’existence humaine et d’organiser la communauté. 

27.10.12

A l’heure actuelle, le litre de carburant d’algue coûte encore dix fois plus cher que le pétrole mais cette situation pourrait évoluer plus vite que prévu car le prix du baril de brut ne pourra que grimper inexorablement sous le double effet de l’épuisement des ressources physiques et de l’augmentation de la demande mondiale. Dans le même temps, le coût de production du baril d’algocarburant va fortement diminuer à mesure que la technologie de production progressera et les deux courbes pourraient bien se croiser avant une dizaine d’années…

Mais l’exploitation énergétique à grande échelle des algues n’aura de sens que si elle rentre dans le cadre d’une chaîne industrielle qui ne se limite pas à l’énergie mais intègre également l’alimentation humaine et animale, les médicaments, les cosmétiques et les technologies écologiques de dépollution des eaux. C’est donc bien une nouvelle économie qui est à imaginer et à bâtir.

Les micro-algues pourraient devenir le moteur d’une révolution technologique, énergétique et industrielle pour cinq raisons essentielles.

D’abord, contrairement aux biocarburants de première génération (maïs, palme, colza), les algues peuvent être cultivées sur des terres impropres à la production agricole qui n’entrent en compétition ni avec l’élevage, ni avec des cultures vivrières.

Deuxième raison : ces micro-organismes peuvent parfaitement proliférer dans des eaux saumâtres ou usées. Leur production de masse devrait donc avoir un impact limité sur les ressources en eau douce de la planète qui, il faut le rappeler, sont déjà consacrées pour les trois quarts à l’agriculture et à l’élevage.

La troisième raison, nous l’avons déjà évoquée, c’est le rendement sans équivalent de cette « algoculture ». Selon les experts, un hectare d’algues, après une sélection génétique judicieuse, pourrait fournir au moins 25 000 litres d'huile, bien plus que le colza, environ 1500 litres, le tournesol, environ 1000 litres et le soja, environ 500 litres. Avec un tel rendement, il suffirait d'affecter l’équivalent d’à peine 1 % de la surface de la France à la production d'algues pour couvrir l’ensemble de la demande de carburants dans notre pays.

La quatrième raison n’est pas souvent mise en avant mais elle est pourtant décisive : en consommant des énergies fossiles présentes dans le sous-sol depuis des centaines de millions d’années, nous rejetons des quantités considérables de CO2 dans l’atmosphère (autour de 40 milliards de tonnes en 2012) et nous aggravons l’effet de serre responsable du réchauffement climatique. Les micro-algues ont au contraire besoin de consommer de grande quantité de CO2, qu’elles savent extraire directement de l’air, pour croître et se développer. La production et l’utilisation des différents biocarburants issus de ces algues seraient donc neutres en termes de bilan carbone. Par ailleurs, et cela n’est pas négligeable, ces algues n’ont pas besoin d’engrais chimiques et de pesticides pour se développer.

Enfin, dernière raison : on sait à présent tirer de certaines variétés de ces algues, des biocarburants très purs et à haut rendement énergétique dont l’emploi dans les transports pourrait améliorer les performances des moteurs et réduire en bout de chaîne la consommation et la pollution de nos véhicules thermiques.

On estime que 1,1 milliard de voitures circulaient dans le monde en 2012 et ce nombre devrait doubler d’ici 2040.

Pourtant, selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation mondiale de carburant pourrait être divisée par deux au cours de la même période mais à deux conditions : promouvoir massivement des véhicules propres et hybrides et développer parallèlement les biocarburants de nouvelle génération.

La secteur des transports, en plein essor, représente actuellement plus de 20 % de la consommation globale d'énergie dans le monde et L'AIE souligne dans ses derniers rapports que nous devons anticiper l’après-pétrole et qu’il est possible d’organiser cette transition en favorisant de grandes ruptures technologiques (Technology Roadmap: Fuel Economy of Road Vehicles) et en optant pour des politiques volontaristes en matière d’efficacité énergétique dans les transports (Policy Pathway: Improving the Fuel Economy of Road Vehicles).

25.10.12

. Steven Pinker : Le déclin de la violence – The Long Now
Steven Pinker est toujours stimulant pour secouer nos idées reçues. Dans cette conférence pour l’Institut Long Now, il revient sur la “longue paix”, en argumentant sur le fait que nos sociétés n’ont jamais été aussi peu violentes. On estime en effet que 15 % des hommes préhistoriques sont morts de morts violente, contre seulement 5,7 % des américains au XXe siècle… Et le taux serait même tombé à 0,03 % au XXIe siècle ! Plusieurs étapes expliquent cette évolution, dont la plus récente est la révolution pour droits qui fustige de plus en plus toute violence. Reste que si la violence est à la baisse, la peur de la violence elle demeure toujours très forte. La faute à nos peurs irrationnelles, estime Pinker.

Vers la généralisation des systèmes de transports autonomes

Les innovations dans les systèmes de navigation sans pilote sont peu à peu sorties du champ militaire. Ils commencent à équiper les flottes commerciales : Cummings indique que les derniers Airbus et Boeing pourraient être capables de se passer entièrement de pilote humain aussi bien pour le décollage, le vol que l’atterrissage. Les pilotes ne seraient bientôt plus utiles que pour garer l’avion, lorsqu’il se rend à son terminal de débarquement, une procédure qui n’est pas encore automatisable dans tous les aéroports du monde. Les flottes des transporteurs comme Fedex pourraient être les premiers à utiliser ces technologies dans un cadre civil : ils n’attendent plus qu’une autorisation de l’administration fédérale de l’aviation am&ea! cute;ricaine.

Mais il n’y a pas que dans l’aviation que les systèmes de navigation sans pilotes se déploient. De nombreux essais, projets voire dispositifs commerciaux sont en cours dans le secteur de l’agriculture avec des tracteurs sans pilote, mais également des drones pour surveiller les culturesou des hélicoptères sans pilote pour répandre des pesticides et engrais.

Joseph Stiglitz : Les inégalités regroupent trois évolutions différentes : en haut, l'enrichissement du 1 % les plus riches ; au milieu, l'étiolement de la classe moyenne ; en bas, la montée de la pauvreté. Pour ceux d'en haut, je pense que ce sont les comportements de rente et de monopoles qui jouent le rôle le plus important. Mais sur les gens du milieu, la mondialisation a davantage d'impact : les ouvriers américains se retrouvent de fait en concurrence avec des ouvriers chinois ou indiens, et cela tire leur salaire vers le bas.

Les Etats-Unis sont-ils devenus une société duale ?

Tout à fait. On peut le voir concrètement à New York, là où j'habite, et dans de nombreuses villes : l'élite vit sa vie et les autres habitants vivent dans un tout autre monde. Aucun des deux côtés ne peut comprendre combien les autres évoluent dans une société différente de la leur. C'est la réalité américaine d'aujourd'hui. Et elle pourrait être pire ! Dans certains pays d'Amérique latine, certaines personnes vivent dans des espaces fermés et se déplacent en voitures blindées. J'ai fait un voyage dans la région, un homme très fortuné y possède son propre club et son propre cinéma à l'intérieur de sa résidence, car il ne veut pas que ses enfants en sortent de peur d'un enlèvement.

Les Etats-Unis pourraient-ils en arriver là ?

Oui. Nous n'y sommes pas encore, mais il est certain que nous vivons de manière de plus en plus séparée. En outre, nous sommes dans un pays où tout le monde est libre de porter des armes. Non seulement nous vivons dans une société divisée, mais nous lui laissons à disposition tous les instruments de la violence.

 La montée des inégalités nourrit également la spéculation des plus fortunés, qui ajoute à l'instabilité. Enfin, les inégalités économiques se traduisent par des inégalités politiques, car elles donnent une plus grande influence aux plus riches.

23.10.12

Pour autant, peut-on espérer pour demain un monde sans guerre ? Sans doute pas, regrette Pierre Hassner, tant la guerre reste une donnée constante de l’histoire humaine. Mais ici et ailleurs, elle devrait prendre de nouveaux visages : mercenaires, drones et robots contre partisans, miliciens et terroristes… Karl von Clausewitz avait raison de dire que « la guerre est un caméléon ». Les couleurs du caméléon n’en ont pas fini de changer, et l’humanité reste inexorablement divisée, malgré les espoirs suscités par la gouvernance mondiale.

« La guerre fait l’État, et l’État fait la guerre », expliquait l’historien et sociologue américain Charles Tilly. Ce constat fait aujourd’hui autorité, tant il est vrai qu’au fil du millénaire médiéval, la formation des États dans l’aire occidentale, comme le montre Philippe Contamine, est étroitement liée aux conflits armés qui s’y déroulent. Plus l’État s’impose comme institution, plus les armées privées, qu’elles relèvent de monastères ou de seigneurs, cèdent le pas à des armées nationales.

Douze ans après le début de ce siècle, sommes-nous bien placés pour en deviner la suite en ce qui concerne la guerre ? L’exemple du siècle précédent n’est pas encourageant. Certes, en 1912, les nationalismes montaient, certains états-majors préparaient la guerre, et quelques auteurs prédisaient qu’elle serait funeste pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Mais personne n’aurait pu prévoir les deux guerres mondiales, les totalitarismes, l’ère nucléaire, la guerre froide et sa fin, tandis qu’ailleurs guerres et révolutions continuaient de plus belle et entraînaient de nouveaux dangers : une grande puissance montante (la Chine) et un problème permanent, la prolifération nucléaire, se combinant avec une évolution économique, sociale et démographique génératrice de violence potentielle.

Guerre

➥ « Aux sources de la guerre », de la Préhistoire à l’an mil, s’interroge sur les premières manifestations de la conflictualité dans l’humanité. Il est montré que la guerre structure très profondément la vie des sociétés traditionnelles, mais aussi qu’elle constitue le principal facteur de changement politique et social.

➥ La deuxième partie, les « États combattants », examine le lien entre la guerre et la construction des États. L’armée, ainsi, est apparue comme une organisation qui contribue à la structuration des institutions étatiques modernes ; en retour l’État moderne s’est appuyé sur l’armée pour imposer sa souveraineté, après l’époque féodale marquée par le problème théologico-politique. Plus l’État dominait le champ militaire, moins l’Église avait de prise sur les âmes.

➥ La troisième partie, « Vers l’apocalypse ? », se focalise sur la période allant de la guerre de Sécession à la guerre froide, marquée par deux déflagrations d’ampleur mondiale. Dans les guerres totales, c’est la société tout entière qui est saisie et pour ainsi dire capturée par l’ordre militaire.

➥ Enfin, dans « Le temps des conflits asymétriques », nous nous interrogeons sur les transformations contemporaines de la guerre. Les conflits interétatiques tendent à s’effacer au profit de nouvelles formes d’affrontement qui mettent en scène d’autres acteurs : du terroriste à l’insurgé, du franc-tireur au partisan. Ces transformations révèlent des mutations sociétales de grande ampleur : l’État se voit attaqué dans sa souveraineté et sa légitimité, ce qui touche par domino l’institution militaire ; en retour, les acteurs transnationaux (groupes combattants, ONG, multinationales) entendent s’imposer dans une scène mondiale reconfigurée.