21.1.13

Le sexe ne fait pas qu’envahir l’espace de nos écrans : il est le nerf de la guerre du Net et le moteur de plus d’une révolution dans les technologies de la communication. Mais pour combien de temps ?

En 2007, déjà, une vidéo malicieuse diffusée surGood Magazine (1) donnait une idée assez précise de l’omniprésence du sexe sur Internet. On y apprenait d’abord que le mot « sexe » était le plus recherché sur Google. Ensuite, qu’un quart des recherches effectuées par les internautes étaient liées à la pornographie, que 12 % des sites constitutifs de la Toile étaient des sites pornographiques et que 35 % des téléchargements véhiculaient des contenus pour adultes. Chaque seconde dans le monde, 28 258 personnes visionnaient de la pornographie pour un coût moyen de 89 dollars. Chaque jour, 266 nouveaux sites pornographiques apparaissaient. 89 % du porno était produit depuis les États-Unis. La firme Nielsen NetRating évaluait pour sa part que, sur un seul mois, 45 à 50 millions d’Américains fréquentaient le X sur la Toile. 72 % étaient des hommes. Il y a peu de chances que le tableau ait complètement changé...

L’histoire mondiale, piochant dans une infinité de thématiques dont on peut extraire une liste non limitative de conclusions :

• la Chine s’est imposée, à l’exception d’une brève parenthèse de deux siècles, comme la principale puissance industrielle et commerciale de l’histoire ;
• l’Afrique est depuis bien longtemps entrée dans l’histoire ;
• l’Inde a pu être un temps l’atelier du monde ;
• des navigateurs du Pacifique, bien avant les explorateurs des grandes découvertes européennes, systématisèrent les expéditions en haute mer ;
• l’Amérique n’a pas été découverte par Christophe Colomb ;
• les échanges commerciaux, technologiques, biologiques ou religieux, ont conditionné l’évolution des sociétés bien avant l’âge moderne, quand certaines conditions étaient réunies ;
• d’autres espèces humaines, aujour­d’hui éteintes, ont colonisé l’écoumène avant notre espèce dite sage ;
• les contraintes environnementales ont souvent dicté le cadre des possibles destins des civilisations ;

La crise actuelle que connaît l’Europe, couplée à la croissance exceptionnelle depuis plus d’une décennie des pays émergents, donne du grain à moudre aux « déclinistes » de tous poils. Une récente étude de l’OCDE tente de dresser un portrait économique du monde en 2060. Premier constat : effectivement, les positions relatives vont bien changer. Actuellement, les États-Unis produisent 23 % de la richesse mondiale et la zone euro 17 %, alors que dans cinquante ans leur part respective ne sera plus « que » de 16 et 9 %. À l’inverse, la Chine verra la sienne passer de 17 à 28 %, ce qui fera d’elle la première puissance économique mondiale, et l’Inde de 7 à 18 %, dépassant ainsi les États-Unis. Ce n’est d’ailleurs que dans un peu plus de dix ans qu’elles dépasseront la richesse des pays du G7. Grâce en partie à ces deux pays, la croissance mondiale devrait ainsi continuer à être soutenue durant le prochain demi-siècle, de l’ordre de 3 % environ. Une nouvelle hiérarchie économique qui ne sera sans doute pas sans conséquences sur la gouvernance mondiale.

Pour autant, si l’on raisonne en termes de niveau de vie, c’est-à-dire de PIB par habitant, le constat doit être nuancé : le classement des pays selon ce critère devrait rester à peu près inchangé. Par contre, les écarts se réduiront : ainsi, d’ici 2060, le PIB par habitant des économies actuellement les plus pauvres aura plus que quadruplé (il sera même multiplié par 7 en Chine et en Inde), alors que celui des économies les plus riches se contentera de doubler.

Finalement, après deux siècles durant lesquels les pays occidentaux auront connu une croissance rapide générant des inégalités de PIB fortes au niveau mondial, le prochain demi-siècle devrait permettre de revenir à des différences relatives plus proches de celles qu’elles étaient avant la révolution industrielle.

 

OCDE, « L’équilibre entre les puissances économiques mondiales va profondément se modifier au cours des 50 prochaines années », 2012. Disponible sur www.oecd .org/fr

10.1.13

Les Facteurs X provenant de la Nature
Rédigé en partenariat avec les éditeurs de Nature, un magazine scientifique de premier ordre, le chapitre sur 
les « Facteurs X » se projette au-delà des 50 risques mondiaux pour sensibiliser les décideurs à cinq 
facteurs susceptibles de changer la donne :
• Changement climatique irréversible : Il est possible que nous ayons déjà dépassé le point de 
non retour et que l'atmosphère fasse rapidement de la planète un environnement inhospitalier.
• Optimisation cognitive significative: Des dilemmes éthiques semblables à ceux du dopage dans 
le sport pourraient s'étendre à la vie professionnelle de tous les jours ; des courses aux armes 
militaires pourraient aussi s'ensuivre.
• Déploiement malveillant de la géo-ingénierie : Des technologies sont maintenant élaborées pour 
manipuler le climat ; un État ou un particulier pourrait y recourir pour son intérêt propre.
• Coûts de l'allongement de la durée de vie : Les avancées médicales prolongent la durée de vie 
mais les soins palliatifs à long terme sont onéreux. Les coûts associés au grand âge pourraient 
poser un sérieux problème.
• Découverte de vie extraterrestre : Si la présence de la vie ailleurs dans l'univers était avérée, 
les conséquences psychologiques pour nos systèmes de croyance seraient considérables.
Le rapport Global Risks est la publication phare en matière de recherche du Risk Response Network au 
World Economic Forum. Il offre aux parties prenantes une plateforme indépendante pour explorer différents 
modes de collaboration visant à renforcer la résilience face aux risques mondiaux. Pour de plus amples 
informations, cliquez sur www.weforum.org/risk.

Il en ressort que les profondes disparités de revenus constituent le risque mondial le plus susceptible de se concrétiser au cours de la prochaine décennie, et que la défaillance majeure du système financier est le risque dont les effets seraient les plus marquants s'il se matérialisait. Quant aux déséquilibres budgétaires chroniques et à la crise de l'approvisionnement en eau, ils figurent parmi les cinq risques les plus susceptibles de se concrétiser et dont les effets seraient les plus marquants à la fois.

Fiers de nos progrès remarquables dans la santé, nous sommes tombés dans une dangereuse complaisance. La résistance 
grandissante aux antibiotiques risque de porter le coup de grâce à nos systèmes d'assurance santé exsangues, tandis que notre monde hyperconnecté favorise la propagation des pandémies. Ce risque est fondé sur les relations entre la résistance aux antibiotiques, les maladies chroniques et la défaillance du régime international de propriété intellectuelle ; une plus grande collaboration internationale et des modèles de financement différents sont donc nécessaires.

Londres, Royaume-Uni, 8 janvier 2013 – Le monde est perçu comme davantage vulnérable aux risques, avec la crise financière qui perdure et qui détourne l'attention du changement climatique alors que les évènements météorologiques extrêmes sont en progression, d'après le World Economic Forum dans son rapport Global Risks 2013.

D'après une enquête à laquelle ont participé plus de 1 000 experts et chefs de file de secteurs, le rapport désigne les profondes disparités de revenus et les déséquilibres budgétaires chroniques comme les deux risques mondiaux les plus susceptibles de se concrétiser ; cela reflète des préoccupations persistantes quant à la dette souveraine, ainsi qu'une vision d'ensemble légèrement plus pessimiste pour les dix années à venir.

9.1.13

Le rapport nous met aussi en garde contre la « dangereuse complaisance » que pourraient induire des décennies de progrès médical. « La résistance grandissante aux antibiotiques risque de porter le coup de grâce à nos systèmes d’assurance-santé exsangues, tandis que notre monde hyperconnecté favorise la propagation des pandémies. »

6.1.13

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130104.OBS4494/russell-banks-les-defis-d-obama-ii.html

L'élection a révélé une nation divisée. La grande majorité des minorités, des Afro-Américains aux Hispaniques, a plébiscité Obama. En revanche, 60% des hommes blancs ont voté pour Romney. Assiste-t-on au déclin d'une Amérique blanche, vieillissante et déboussolée?

Pour la première fois de ma vie, bien que je sois un Blanc anglophone et hétérosexuel de plus de 50 ans, j'ai l'impression de faire partie d'une minorité ethnique américaine. C'est un sentiment assez étrange, même s'il n'est pas injustifié, puisque je fais partie de la minorité des WHAMs - les white heterosexual anglophonic males. Mais au bout de deux cent trente-six ans, les Etats-Unis ne semblent plus être la propriété des WHAMs.

Dans l'immédiat, nous sommes gouvernés par une majorité de minorités où ne domine aucune religion, aucune race ou aucun groupe ethnique. Pour la première fois peut-être, notre système politique est le reflet de notre réalité démographique. Même si ça n'est pas tout à fait vrai dans la réalité: dans le Sud et dans l'Ouest en particulier, il y a beaucoup d'Etats où les WHAMs détiennent encore tous les leviers du pouvoir. Mais dans l'ensemble, à l'échelle de la nation et particulièrement en ce qui concerne la présidence, qui est le seul vrai poste électif national, les électeurs que l'on rangeait autrefois dans la catégorie des «minorités» font désormais partie de la majorité. […] 

Au moment même où je dis ces mots, je sais que la minorité républicaine de vieux Blancs riches essaie d'identifier quelque chose ou quelqu'un qu'elle peut stigmatiser avec suffisamment de force pour convaincre une majorité d'Américains de voter à l'encontre de leurs propres intérêts.

[…]

4.1.13

Cette évolution démographique, médicale et sanitaire mondiale, européenne et nationale doit nous interroger et nous devons en mesurer toute l’ampleur et toutes les conséquences humaines, sociales et économiques. Il est en effet clair que le monde est en train de vivre un véritable basculement démographique et qu’un des enjeux de société majeur de ce siècle va être de parvenir non seulement à maintenir ce rythme historique de progression globale de l’espérance de vie totale mais également à faire en sorte que l’espérance de vie en bonne santé augmente au moins aussi rapidement et si possible plus vite que l’espérance de vie totale.

Or, les dernières données disponibles révélées par ces remarquables travaux montrent que cette espérance de vie en bonne santé, après avoir très longtemps augmenté au moins aussi vite que l’espérance de vie totale, semble stagner et même régresser dans les pays les plus développés, ce qui doit nous alerter et nous conduire à une réflexion approfondie sur les finalités et les moyens de nos politiques de santé et d'accompagnement du grand âge.

Il serait en effet inutile de continuer à déployer des efforts considérables pour augmenter encore l’espérance de vie totale dans nos pays développés si cette augmentation devait s’accompagner d’une progression durable du nombre d’années de vie en mauvaise santé et en perte d’autonomie.

En France, l’espérance de vie à la naissance atteint 84,3 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes et l’espérance de vie en bonne santé est de 69 ans pour les femmes et 65,5 ans pour les hommes. 

Il y a quelques semaines, la célèbre revue scientifique « Lancet » a publié une vaste et passionnante étude concernant l’évolution de la mortalité, de l’espérance de vie dans le monde, et intitulée "Une analyse globale de l'évolution de la mortalité par âge et par sexe dans le monde" (Voir article etarticle).

L’écart moyen entre les pays les plus pauvres et les plus développés, il est aujourd’hui de 21 ans (77 ans d’espérance de vie pour les premiers, contre 56 ans pour les pays émergents), contre plus de trente ans au sortir de la seconde guerre mondiale, ce qui contredit également les discours sur le creusement inéluctable des inégalités entre pays riches et pays en voie de développement.

Au cours des seules soixante dernières années, on estime que l’espérance de vie moyenne de la population mondiale est passée de 46 ans et demi à 67 ans et demi, soit une augmentation totale de 21 ans sur cette période ou encore une progression moyenne annuelle de quatre mois !

Économie numérique : Robots, le retour

Nous vivons une troisième révolution industrielle

Dominique Lacroix : Michel Volle, vous êtes historien de l'économie, statisticien et spécialiste des systèmes d'information d'entreprise.  Comment interprétez-vous la crise  actuelle ?

Michel Volle : Contrairement à des commentaires fréquents, c'est plus qu'une crise économique. Nous vivons une troisième révolution industrielle. Elle comporte la transition douloureuse d'un système technique à un autre.
Bertrand Gille, Histoire des techniquesJe me réfère sur ce point aux travaux de Bertrand Gille et à son Histoire des techniques. Toute la société est profondément bouleversée et les rapports géopolitiques sont en cours de redéfinition.

Au 18e siècle une première révolution industrielle s'est produite, fondée sur les progrès de la métallurgie et l'invention de la machine à vapeur. 

À la fin du 19e siècle, sont apparues deux formes nouvelles d'énergie, l'électricité et le pétrole et le cortège d'inventions qui en ont découlé : moteur électrique, lampe électrique, moteur à essence etc.

 La troisième révolution s'est produite vers 1975 avec l'informatisation.

Les systèmes techniques par Bertrand Gille

Les systèmes techniques, vus par Bertrand Gille

L'informatique et les réseaux transforment tellement la vie économique qu'il est utile d'employer un néologisme pour désigner le nouveau paradigme. C'est « l'iconomie ».

Lors des deux révolutions précédentes, fondées sur la mécanisation et la maîtrise de l'énergie, les pays qui n'ont pas voulu ou su s'adapter ont été incapables de se défendre contre les canons anglais. Ils ont été pillés, occupés, humiliés. C'est le cas de la Chine. Avant le 18e, elle avait été la plus grande puissance, un empire et une civilisation riche et inventive. Aujourd'hui, elle est en train de retrouver son rang. D'après Angus Maddison, en 1820, la Chine produisait 33% du PIB mondial et en 1950, elle n'en produisait plus que 4%.

2.1.13

Puritaine, l'Amérique ? Le cliché a la vie dure, mais la réalité montre que le cycle de la révolution conservatrice, commencé il y a quarante ans durant les années Reagan, semble toucher à sa fin. Avec la montée de l'athéisme et l'extension du mariage gay, la légalisation de plus en plus répandue du cannabis en est la frappante illustration.

En 2013, l'Asie devrait clairement distancer l'Occident en tant qu'"usine à étudiants". Les nouvelles puissances économiques du G20 non membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - laChine, l'Inde, l'Indonésie en premier lieu, puis l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, le Brésil, la Corée du Sud et la Russie - devraient former 78 millions d'étudiants, contre 71 millions pour les vieux lions d'Occident (appartenant au G20 et à l'OCDE) 

C'est une révolution copernicienne : les Chinois sont devenus des consommateurs voraces, assidus, exigeants, et largement portés sur les achats en ligne. En quelques années à peine, la Chine est devenue le premier marché pour l'automobile, les téléphones portables, les ordinateurs, ou encore... les ventes aux enchères dans le domaine des beaux-arts.

 

Les Chinois sont cette année les premiers acheteurs au monde de produits deluxe, soit 27 % du total, selon McKinsey -

http://www.lemonde.fr/    treize-basculements-du-monde-


Parmi ces bouleversements, quelques événements se détachent. D'abord une transition énergétique imprévue : en Amérique du Nord, la possibilité d'exploiterd'immenses réserves de gaz et de pétrole enfermées dans la roche change radicalement la donne géopolitique mondiale. Autre virage majeur, la fin de la malédiction africaine. Le continent des clichés - guerres, famines, dictatures - est devenu l'une des zones les plus dynamiques au monde du point de vue de la croissance.

Enfin, les avancées de la biotechnologie couplées aux capacités de calcul vertigineuses des ordinateurs actuels pourraient changer la médecine en profondeur. Le séquençage intégral du gène de chaque être humain est désormais à la portée de tous. Ce qui présage du meilleur (des soins sur mesure) comme du pire (l'eugénisme).

Bourgeoisie chinoise, soft power coréen, mariage gay, économie, sexualité, loisirs,culture, environnement... Les virages que nous avons sélectionnés ne sont pas exhaustifs. Tous n'auront pas les mêmes conséquences. Tous n'en sont pas au même point de bascule. Mais tous, sans exception, sont à l'oeuvre pour longtemps.

Premier basculement : L'Amérique n'aura bientôt plus besoin du pétrole saoudien 

Second basculement : Le génome humain à 1 000 dollars 

Troisième basculement : La culture sur des rondelles, c'est fini (

Quatrième basculement : La Chine, hypermarché du monde 

Cinquième basculement : L'irrésistible essor des étudiants émergents

Sixième basculement : Le réchauffement révolutionne l'agriculture

Septième basculement : Séoul la cool menace la suprématie de Tokyo

Huitième basculement : Le journal papier en sursis

Neuvième basculement : L'Afrique, nouvel eldorado des investisseurs

Dixième basculement : La révolution smartphone ou le réseau du plus fort 

Onzième basculement : Une vague libertaire transforme les Etats-Unis

Douzième basculement : Une grande moitié du monde devient gay friendly 

Treizième basculement : L'élan du féminisme porno