16.1.14

 L’automatisation du système technique est devenue vertigineuse, notamment avec les Big Data, qui visent l’automatisation des fonctions supérieures de l’esprit, nous faisant passer de l’exploitation de la main d’oeuvre à celle du “cerveau d’oeuvre” comme le dit l’économiste Michel Volle.

13.1.14

L’anonymat des commentateurs en ligne favorise ce que le psychologue John Suler a appelé “l’effet de désinhibition”, qui favorise la hargne de la foule en ligne, comme si ce qu’elle faisait alors était sans conséquence comme s’en étonne Nick Bilton : http://bits.blogs.nytimes.com/2013/12/24/is-the-internet-a-mob-without-consequence. Selon une étude, les commentateurs anonymes ont plus tendance à être inciviles que les intervenants non anonymes. Mais l’anonymat encourage également la participation – car on n’a plus a se démarquer individuellement – et stimule la pensée créative car favorise la prise de risque. Les études montrent aussi que si les commentateurs anonymes étaient plus susceptibles d’être &agrav! e; contre-courant ou plus extrêmes que les commentateurs non-anonymes, ils étaient beaucoup moins susceptibles de faire changer d’opinion ceux qui les lisent : l’anonymat rend moins influent et moins crédible. Comme l’a montré Alfred Bandura, la responsabilité personnelle devient plus diffuse dans un groupe ce qui encourage l’agressivité, les raccourcis mentaux… ce qui favorise les évaluations simplistes de problèmes complexes. Reste que commenter est une façon de partager une expérience ou une réalité.
Apprendre/désapprendre : sur la ligne de crête des apprentissages numériques « InternetActu.net:


12.1.14

[InternetActu-ng] InternetActu.net, n°376, 10/01/2014

“Si on regarde l’histoire des technos autrement : elles apparaissent souvent avec un seul usage”. Quand on a inventé l’électricité, on ne pouvait y connecter rien d’autre qu’une ampoule. Ce n’est que plus tard qu’on a imaginé la prise pour y brancher d’autres choses et qu’alors un vaste ensemble d’industriels se sont mis à l’utiliser pour y brancher les appareils qu’ils fabriquaient (comme le fer à repasser, la machine à café…). “L’innovation est mécanique, darwinienne”. Les fabricants cherchent sans cesse à renouveler leur parc d’objets, à y intégrer de nouvelles fonctionnalités, et c’est ainsi qu’on passe du pèse-personne mécanique, digital, puis communicant… Nabaztag voulait montrer que “qui connecte un! oeuf connecte un boeuf. Force est de constater qu’on avait raison”, reconnaît, satisfait, Rafi Haladjian… 

[InternetActu-ng] InternetActu.net, n°376, 10/01/2014

Pour Bruno Jacomy, directeur du musée des Confluences à Lyon, un musée dédié aux sciences et aux sociétés qui ouvrira en 2014, et auteur d’une histoire des techniques d’autant plus connue qu’elle est disponible en poche, quand on parle de technologie, d’une pensée sur la technique, on a souvent du mal à faire la part des choses entre le champ des sciences, le champ des techniques et celui des objets. Or, un objet technique intègre les trois. Dans un moteur à combustion interne, il y a à la fois de la science (les lois de la thermodynamique…), d! e la technique (la mécanique, la cinématique…) et leur assemblage en tant que moteur… Pour comprendre l’évolution des techniques, il faut donc regarder cet ensemble et comprendre comment chacun évolue, à la fois séparément et ensemble. Dans ces 3 domaines, tantôt séparés, tantôt proches, on a les mêmes modes d’évolution qui se déroulent tantôt par révolutions brutales, tantôt par périodes d’évolutions plus lentes. “L’évolution des sciences, des techniques et des objets ressemble à un chemin de montagne”. Parfois abrupt et escarpé, parfois plat et reposant.
Aujourd’hui, avec l’informatique, nous sommes sur un chemin tranquille. Nos tablettes intègrent toujours de l’électronique. Elles sont encore basées sur les principes de Turing. Et la prochaine révolution dans ces domaines viendra des ordinateurs quantiques ou biologiques… Pour autant, nul ne doit négliger les petites innovations face aux grandes innovations. Pour comprendre les mutations réelles, il faut une double focale, il faut savoir adopter à la fois le grand angle et la macro. Si on prend par exemple un objet technique comme l’astrolabe nautique, l’instrument qui permet de mesurer les angles entre l’horizon et un astre pour connaître la latitude… On constate que du 16e au 18e siècle, on a une suite d’instruments qui le font assez peu évoluer, même si ceux-ci intègrent peu ! à peu des innovations majeures (améliorations ergonomique, amélioration de la précision…). Et pourtant, l’amélioration de sa précision, nous fait peu à peu basculer d’un monde à l’autre, même si on avance par petits pas, jusqu’à l’invention du sextant.
“Les grandes révolutions techniques ont des caractéristiques communes qui reposent sur la transformation des matériaux, de l’énergie ou des moyens de communication utilisés… Mais il demeure toujours difficile, confronté à une grande mutation, de savoir ce qu’il en sera demain… Regardons juste que sans l’écran plat, nous n’aurions certainement pas eu l’essor de l’internet mobile que l’on connaît aujourd’hui”.
Les blocages ne sont pas que techniques ou scientifiques… Ils sont aussi parfois psychologiques.La machine à calculer de Pascal, inventée par un jeune homme de 19 ans avec une technique très rustique, aurait pu, techniquement, scientifiquement être inventée un siècle et demi plus tôt souligne Bruno Jacomy. “Mais trop souvent, nous pensons l’avenir avec nos outils d’aujourd’hui, voire d’hier…”, conclut-il en interrogeant les limites mêmes de l’innovation.

[InternetActu-ng] InternetActu.net, n°376, 10/01/2014

On a vu, autour de la récolte des données, converger les intérêts de deux entités différentes : les grandes entreprises du numérique d’un côté (pour asseoir un modèle publicitaire) et les gouvernements de l’autre (pour assurer la sécurité de ses concitoyens). Avec une ambition commune : la prédiction des comportements. Pour les gouvernements, le but est d’empêcher l’acte plutôt que de devoir réparer ses conséquences. Au prix de quelques atteintes à la démocratie. Et cette manière de gouverner, par l’anticipation du comportement grâce à la récolte de donnée, manière qui permet de s’abstraire des je! ux compliqués de la politique classique, a un nom : “la régulation algorithmique”. C’est quand les démocraties, grâce aux informations récoltées, veulent résoudre les problèmes publics sans éprouver le besoin d’expliquer à leurs citoyens comment elles font. Pourquoi ? Parce que ce sont des algorithmes qui le font. C’est par exemple l’algorithme qui décide quel comportement ou quel individu va être considéré comme à risque, sans que l’on sache exactement comment le résultat est obtenu. C’est ça le but du système de surveillance de la NSA.

11.1.14

Marée - Wikipédia: "La marée est le mouvement montant (flux ou flot) puis descendant (reflux ou jusant) des eaux des mers et des océans causé par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil.

Le niveau le plus élevé atteint par la mer au cours d'un cycle de marée est appelé pleine mer (ou couramment « marée haute »). Par opposition, le niveau le plus bas se nomme basse mer (ou « marée basse »). On parle aussi d'« étale de haute mer » et d'« étale de basse mer ». Parler de « marée haute » et de « marée basse » est ce qui est le plus courant, bien que le mot marée désigne normalement un mouvement."
Selon l'endroit de la Terre, le cycle du flux et du reflux peut avoir lieu une fois (marée diurne) ou deux fois par jour (marée semi-diurne)1. Lors de la pleine lune et de la nouvelle lune, c'est-à-dire lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont sensiblement dans le même axe (on parle de syzygie), ces derniers agissent de concert et les marées sont de plus grande amplitude (vives-eaux). Au contraire, lors du premier et du dernier quartier, lorsque les trois astres sont en quadrature, l'amplitude est plus faible (mortes-eaux)2.
Les marées les plus faibles de l'année se produisent normalement aux solstices d'hiver et d'été, les plus fortes aux équinoxes3 de printemps et d'automne.
Ce mouvement de marée n'est pas limité aux eaux, mais affecte toute la croûte terrestre (on parle de « marées crustales »), bien que dans une moindre mesure. Ce qui fait que ce que nous percevons sur les côtes est en fait la différence entre la marée crustale et la marée océanique. Plus généralement, les objets célestes sont l'objet de forces de marée à proximité d'autres corps (Io, satellite rapproché de Jupiter, est soumis à des forces de marée colossales).

Nous sommes des etres cycliques

Nous sommes des etres cycliques: "Nous sommes des êtres cycliques

Tout ce qui vit alterne. Cycle de la naissance, de la maturation et de la mort, cycles des saisons au cours d'une même année, cycles du jour et de la nuit, cycles différents de sommeil au cours d'une même nuit, cycles de la lune, cycles mensuels et menstruels des femmes, cycles longs, bi-annuels ou annuels, alternant là encore des périodes actives et des périodes plus ralenties. Ne sommes-nous pas les enfants de paysans pauvres qui travaillaient l'été, se reposaient l'hiver, avec des bonnes années où la chaleur et l'alimentation étaient abondantes, et des années de disette et de repli ?"
Tout ce qui vit alterne des périodes d'activité et des périodes de repos. Cette périodicité existe d'abord chez les végétaux: alternance saisonnière bien sûr, mais aussi alternance journalière bien visible chez certaines fleurs. Ainsi les "belles de jour" ouvrent leurs corolles le matin et les referment le soir, tandis que les "belles de nuit" font le contraire.
Les insectes, les reptiles ont nettement des moments d'activité et des moments de repos. Les poissons s'immobilisent sur le ventre ou sur le côté, à la surface ou au fond de l'eau. Pour tous ces animaux, on parle de "dormance", pas encore de sommeil.
Le sommeil complexe, dans sa forme évoluée, est apparu il y a cent millions d'années avec les oiseaux, mais ce sommeil est encore très différent de notre sommeil humain. Par contre, plus haut dans l'échelle animale, les différents mammifères étudiés - chats, rats, singes - ont des états de vigilance très proches des nôtres. Les animaux chasseurs, les grands fauves, ont un sommeil plus profond que leurs proies, qui, elles, ont une plus large part de sommeil léger. Les animaux chassés ont très peu de sommeil paradoxal, dont la paralysie les rendrait très vulnérables. Les dauphins, eux, ne dorment systématiquement que d'un oeil, ou plus exactement d'un cerveau, puisqu'ils alternent des éveils du cerveau droit pendant que le gauche dort, puis l'inverse.
Notre sommeil d'hommes adultes conserve l'empreinte de cette évolution. Nous en retrouvons la trace dans les études de l'évolution phylogénétique des espèces, dans les recherches sur le sommeil des mammifères qui, tel le cochon d'Inde, naissent cérébralement adultes, dans celles sur le développement progressif du sommeil (études ontogénétiques) des espèces qui naissent, comme l'homme, très immatures: raton, chaton, bébé kangourou...

10.1.14

RTFlash n°732 : Le stockage massif de l'énergie : un enjeu majeur -

"Nous sommes donc bel et bien en train de vivre un tournant scientifique et technologique et nous devrions enfin disposer d’ici quelques années d’un ensemble cohérent de procédés et de solutions permettant le stockage massif et économique de l’électricité et plus largement de l’énergie. Il deviendra alors possible, en recourant notamment au vecteur hydrogène, d’utiliser sans aucune limite et de manière bien plus efficace et rentable qu’aujourd’hui l’ensemble des sources d’énergie renouvelable, éolien, solaire mais également biomasse, géothermie profonde et énergies des mers, une source d'énergie encore embryonnaire dont le potentiel est immense."

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19.12.13

 En quoi l’histoire nous aide-t-elle à circonscrire la révolution technologique ? 
Dans Articles, Débats, Education et formation, Médias, culture, histoire, pdlt, par , le 18/11/13, 10 commentaires, 926 lectures, Impression.

Le monde du numérique, monde où l’on passe son temps à se demander à quoi ressemblera demain, où l’on postule facilement des révolutions et des nouveautés radicales, eh bien ce monde numérique a lui aussi recours à l’histoire. C’est même, j’ai l’impression, une tendance de plus en plus courante. Avec deux usages principaux :

Recourir à l’histoire pour montrer à quel point ce que nous vivons est historique. C’est me semble-t-il, le recours le plus ancien, et le plus courant. Il consiste à faire comprendre l’importance de la révolution numérique en utilisant l’analogie de révolutions technologiques précédentes. A commencer évidemment par l’imprimerie. Ce que nous vivons est donc aussi important que l’invention de l’imprimerie (le discours sur la manière dont une technologie modifie, le rapport au savoir, sa diffusion, comment elle change la manière de communiquer, les rapports sociaux, comment elle reconfigure les rapports de pouvoir, comment elle provoque un schisme religieux, etc.). C’est un usage de l’histoire qui a pour lui d’être frappant. Sauf qu’on s’aperçoit que l’on peut multiplier les analogies. Par exemple, on peut dir! e : le numérique, c’est comme la deuxième Révolution industrielle (et d’invoquer de la même manière comment des technologies, à commencer par l’électricité, sont entrées dans nos vies, de manière parfois très intime, en modifiant le rapport au savoir, sa diffusion, comment elle a changé la manière de communiquer, les rapports sociaux, comment elle a reconfiguré les rapports de pouvoir, etc.). Mais on peut même aller au-delà, être encore plus précis, et dire : mais le numérique, c’est comme l’arrivée des chemins de fer aux Etats-Unis, ou encore de l’automobile partout dans le monde. Et même, pourrait-on dire, regardez comme ces révolutions technologiques (celle de la voiture) ont modifié non seulement nos pratiques les plus quotidiennes, mais nos paysages et nos villes, alors que le nu! mérique ne modifie pas nos villes ou alors très ! marginalement.

D’où un autre usage de l’histoire, qui lui, monte en puissance, un usage qu’on pourrait qualifier de “relativiste”. Il consiste à avoir recours à l’histoire pour minimiser la dite “révolution numérique” en expliquant qu’après tout, tout ça a déjà eu lieu sous d’autres formes. Par exemple, on explique que l’impression que nous avons d’être submergés par l’information, nous ne sommes pas les premiers êtres humains à la ressentir, que lorsque la poste, en France, s’est mise à transporter les correspondances privées, nos ancêtres ont ressenti un peu la même chose (et on trouve trace des plaintes, au 18e siècle, de gens s’affligeant de tout ce courrier qui arrive chaque matin, auquel il faut répondre vite, sous peine d’être incivile et largué&! hellip;). Ou alors, à ceux qui craignent la disparition de la vie privée sous le coup des réseaux sociaux et des technologies en général, on explique que la vie privée est une invention récente, une invention de la société bourgeoise, avec ses espaces privatifs et sa pudeur, qu’avant dans les villages du Moyen Age tout le monde vivait sous le regard de tout le monde, ou alors les châteaux où l’on accueillait l’invité d’un soir dans son lit, la notion de vie privée était différente et que l’on s’en portait pas plus mal. Cet usage de l’histoire a pour vertu de rassurer. Il crée des continuités, montre que l’humanité a déjà connu ça, qu’elle n’en a pas été profondément modifiée.

Qu’en conclure ? Ce que l’on sait déjà : quand on procède par grosses analogies, on fait dire à l’histoire à peu près ce qu’on veut. Mais il y a une autre conclusion : le recours à l’histoire est en lui-même un signe. En ce qui concerne les questions numériques, c’est le signe d’une difficulté à qualifier ce qui se passe, à circonscrire l’intensité des changements qui nous affectent. C’est peut-être bon signe que l’on recoure à l’histoire, même de manière caricaturale, le signe que l’on doute que l’on ne soit pas certain que le progrès est une ligne droite portant mécaniquement l’humanité à l’amélioration d’elle-même.

12.11.13

On se retrouve  avec plusieurs scénarios, qui ne sont pas forcément incompatibles, concernant l'apparition de la vie : celui de la soupe primitive dans les océans ; celui des météorites ensemençant la Terre ; celui des sources hydrothermales dans les abysses où la pyrite de fer permet l'assemblage de molécules organiques complexes ; celui de mares de boues où l'argile, organisée en minces feuillets, facilite la production d'ARN et de petits peptides à l'abri de l'eau. Et donc celui des hydrogels d'argile, qui auraient rempli, dans les océans, cette même fonction.

11.11.13

http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=1157259
(cliquez sur l'adresse ci-dessus ou copiez-la dans votre navigateur)

10.11.13

Perspective monde. 
http://perspective.usherbrooke.ca/

9.11.13

Comme la baisse des océans et de la demande pour leurs produits augmente, la marine et aquaculture en eau douce peut ressembler à une solution tentante. Après tout, puisque nous élever du bétail sur les terres de la nourriture, pourquoi ne pas les poissons d'élevage en mer? La pisciculture se développe plus rapidement que toute autre forme de production alimentaire, et aujourd'hui, la majorité des poissons vendus dans le commerce dans le monde et la moitié des fruits de mer importations américaines proviennent de l'aquaculture. 

Près de 40 pour cent des pays indépendants d'aujourd'hui ont connu au moins une rébellion ethno-politique depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est important de noter que ces pays ne sont pas plus ethniquement diversifiées que celles en paix. Il n'est donc pas la diversité en soi, mais l'inégalité politique, qui engendre des conflits.

7.11.13

. La bataille du pouvoir sur l’internet – Schneier on Security
“Nous sommes au milieu d’une bataille épique de pouvoir dans le cyberespace. D’un côté les pouvoirs traditionnels, organisés, institutionnels comme les gouvernements et les grandes corporations multinationales. De l’autre, les pouvoirs distribués, périphériques et agiles : mouvements populaires, groupes dissidents, pirates et criminels. Initialement, Internet rendit les seconds plus puissants. Il leur fournit un endroit pour se coordonner et communiquer de manière efficace, et sembla les rendre imbattables. Mais désormais, les institutions les plus traditionnelles remportent toutes les victoires, de grandes victoires.” Bruce Schneier.

“Les risques de mettre nos connaissances dans les mains des machines”. L’utilisation des pilotes automatiques dans les avions érode les compétences des pilotes et émousse leurs réflexes. S’ils ont incontestablement contribué à l’amélioration de la sécurité des vols, ils tendent à déqualifier l’équipage. A mesure que les ordinateurs effectuent des tâches toujours plus complexes, qu’ils effectuent un travail d’analyse et de prise de décision, le logiciel réduit notre horizon et notre attention. “L’automatisation ne se contente pas de suppléer l’activité humaine, elle la chang! e”. L’automatisation nous transforme en observateurs, inhibant le développement de nos compétences. Dans de nombreuses entreprises, nous prenons des décisions à partir de systèmes qui nous aident, au risque de moins comprendre les risques. L’exemple le plus marquant qu’utilise Carr provient de la petite ile d’Igloolik en Nunavut. Chez les jeunes Inuits, l’adoption de la technologie GPS a été très forte ces dernières années, mais les accidents de chasse graves se sont multipliés. “La connaissance demande la pratique. (…)Chaque fois que nous entrons en collision avec le réel, nous approfondissons notre compréhension du monde et devenons plus pleinement une part de celui-ci. (…) L’automatisation informatique nous permet d’obtenir ce que nous voulons plus facilement, mais nous éloigne du nécess! aire travail d’apprentissage.”

Actuellement, il y a chaque année, aux Etats-Unis, 5,5 millions de collisions entre véhicules, dont 32 000 mortels – l’Organisation mondiale de la santé estime que dans le monde plus de 1,2 million de personnes meurent sur les routes chaque année. Selon les estimations, 93% de ces accidents sont causés par des erreurs humaines. Si nous retirons le facteur humain, alors le taux d’accident mortel devrait descendre à ce qu’il est aujourd’hui pour l’avion ou le train !

“L’un des plus grands mystères du monde qui nous entoure, c’est la manière dont les enfants grandissent, la manière dont ils apprennent à découvrir le monde, leur corps, les autres…”, estime le roboticien Pierre-Yves Oudeyer (@pyoudeyer), directeur de recherche à l’Inria et responsable de l’équipe Flowers, sur la scène de Lift France 2013. Or, le développement cognitif d’un enfant prend place à plusieurs échelles : à l’échelle des cellules, des organes (comme le cerveau), du corps et de son environnement physique, mais aussi au niveau de l’individu et de son environnement! social ainsi qu’au niveau de toute une population. Et tout cela entretient des relations complexes. “Dans le génome, on ne trouve pas un plan pour construire un organisme. Les organismes qui ont le même génome ne donnent pas forcément lieu au même organisme. Nous reposons sur un système complexe. L’individu se construit en interaction avec son environnement, ce qui signifie qu’il faut une approche systémique pour le comprendre.”

31.10.13

Le temps est-il enfin venu de comprendre le fonctionnement de notre cerveau ? En tout cas, pour la première fois, les grandes puissances semblent vouloir donner au sujet l’attention qu’il mérite. Deux projets concurrents se sont donné pour but de comprendre l’intégralité des mécanismes du cerveau : à la clé, l’espoir d’une révolution scientifique sans précédent. Le premier, chronologiquement, est d’origine européenne, il s’agit du Human Brain Project (HBP), qui a reçu de la part des communautés européennes une dotation d’un milliard d’euros sur 10 ans. Le second est américain, et se nomme tout simplement BRAIN, pour Brain Research through Advancing Innovative Neurotechnologies.