[@RT Flash] Lettre n° 416 du 2 au 8 février 2007 - @ Trégouët: "Face à la menace sans précédent pour l’humanité du réchauffement climatique, essentiellement lié à l’utilisation intensive des sources d’énergie fossiles, nous devons changer d’échelle temporelle et préparer et mettre en oeuvre dès à présent des programmes et des politiques économiques, fiscales, industrielles et technologiques beaucoup plus ambitieuses et volontaires afin que l’ensemble des sources et vecteurs d’énergies renouvelables -dont évidemment l’hydrogène comme clef de voûte- se soient pour l’essentiel substitués au pétrole et au gaz avant le milieu de ce siècle. Il faut en effet savoir qu’au rythme où l’humanité consomme le pétrole -aujourd’hui 4 milliards de tonnes par an mais 6 milliards de tonnes par an en 2025- nous aurons totalement épuisé l’ensemble de nos réserves pétrolières en 2080 !
Certes, l’effort économique, technologique et financier pour arriver à cet objectif est gigantesque et sera de toute façon difficile à atteindre mais nous devons dire à nos concitoyens qu’il coûtera toujours infiniment moins cher -comme l’a montré magistralement le récent rapport Stern et comme le confirme la derniè"
2.2.07
[@RT Flash] Lettre n° 416 du 2 au 8 février 2007 - @ Trégouët
[@RT Flash] Lettre n° 416 du 2 au 8 février 2007 - @ Trégouët: "« D’ici à deux générations, l’une des principales solutions aux problèmes énergétiques sera l’hydrogène, affirme Klaus Yvon, professeur au Laboratoire de cristallographie de l’Université de Genève mais cette révolution énergétique prendra une cinquantaine d’années. » Ce scientifique suisse travaille sur de nouveaux alliages métalliques capables d’absorber et de stocker de grandes quantités d’hydrogène dans des conditions de température et de pression ambiantes.
Mais l’hydrogène ne doit pas seulement pouvoir être stocké facilement, il doit également être produit de manière propre. Les chercheurs suisses ont donc imaginé une maison solaire énergétiquement autarcique à Carouge, sur le site du Centre universitaire d’étude des problèmes de l’énergie (Cuepe). Des panneaux solaires installés sur le toit du bâtiment généreront de l’électricité à partir de laquelle sera produit de l’hydrogène qui sera stocké dans les alliages de Klaus Yvon. Ceux-ci fonctionnent comme des « éponges » et permettront de fournir de l’énergie sous forme d’électricité et de chaleur au bâtiment durant toute l’année."
Mais l’hydrogène ne doit pas seulement pouvoir être stocké facilement, il doit également être produit de manière propre. Les chercheurs suisses ont donc imaginé une maison solaire énergétiquement autarcique à Carouge, sur le site du Centre universitaire d’étude des problèmes de l’énergie (Cuepe). Des panneaux solaires installés sur le toit du bâtiment généreront de l’électricité à partir de laquelle sera produit de l’hydrogène qui sera stocké dans les alliages de Klaus Yvon. Ceux-ci fonctionnent comme des « éponges » et permettront de fournir de l’énergie sous forme d’électricité et de chaleur au bâtiment durant toute l’année."
1.2.07
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Afin de dégager ces grandes tendances, ce livre prendra comme point de comparaison le monde tel qu’il était au milieu du XVIIIe siècle. Le but n’est pas de suggérer que ce monde était statique et n’avait pas de perspectives autres que limitées. Bien au contraire, des forces puissantes poussant les sociétés humaines vers le changement et la mondialisation étaient déjà à l’œuvre depuis plusieurs siècles. Ce monde était seulement un monde d’Ancien régime, reposant sur des formes d’organisation sociale ultérieurement considérées comme archaïques par tous ceux qui percevaient une grande différence entre leur époque et celle qui l’avait précédée. Ce fut à partir de ce moment que les forces du changement décrites plus haut commencèrent à s’accélérer de manière spectaculaire, et les contemporains en étaient aussi clairement conscients que les historiens après eux."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Dans le champ de la vie économique, des corps spécialisés de directeurs, de comptables et d’assureurs étaient apparus dans tous les grands centres urbains. La gestion était désormais distincte de la propriété ou de la commercialisation. Une classe spécifique de spéculateurs financiers, qui, en 1780, n’existaient encore qu’à Paris, Londres, ou Amsterdam, était également apparue à Shangai, Téhéran ou Nagasaki. Le travail des gens ordinaires était de même devenu plus spécialisé. En particulier, le lien pluriséculaire entre le travail agricole saisonnier et le travail urbain avait été rompu quasiment partout pour ceux qui vivaient dans les grandes villes du monde industrialisé. En fait, quelque chose comme une structure de classe internationale était en train d’émerger. Cette spécialisation accrue suscita paradoxalement une impression d’uniformisation. Les groupes dirigeants, les professionnels, et même les classes ouvrières des différentes sociétés devinrent de plus en plus semblables, furent soumis au même type de pressions, et commencèrent à nourrir des espérances analogues. Convergences, uniformisation et ressemblances ne signifient pas, là encore, que tous ces gens étaient susceptibles de penser et d�"
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Le second thème faisant office de fil conducteur tout au long ce livre est celui de la complexité interne grandissante des sociétés du monde qui se développa à l’intérieur même de cette tendance à l’uniformisation des apparences. Cette complexité des fonctions fut quelque chose de bien distinct de ces différences culturelles locales qui étaient la marque de l’ordre ancien. À la fin du XIXe siècle, la plupart des sociétés ayant une taille suffisante possédaient un large éventail de professions et d’emplois spécialisés, ayant leurs modes d’apprentissage et leurs rituels de solidarité spécifiques. Ce genre d’associations jouait désormais un rôle social plus important que les solidarités découlant du mariage ou de la parenté. La fonction de gestionnaire était clairement séparée de celle d’homme de guerre, alors que dans les sociétés traditionnelles, cela n’avait nulle part été le cas, sauf en Chine et, jusqu’à un certain point, en Europe."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Le télégraphe électrique devint un système de communication international suite à la pose du câble reliant l’Europe et l’Asie en 1863, et à celle de deux câbles transatlantiques en 1866. Le chemin de fer, le navire à vapeur, et plus tard le téléphone révolutionnèrent les communications et la vitesse de transmission de l’information. Ce serait une erreur de penser que les moyens de communication antérieurs au télégraphe et à l’imprimerie en Asie et en Afrique étaient dénués de toute sophistication. Mais la densité des messages désormais échangés rendit possible la diffusion sans précédent d’idées communes à tous. Le nationalisme moderne, né de la Révolution française et des guerres qui suivirent, se trouva lui aussi « mondialisé » durant la génération qui suivit 1850. Les nationalistes chinois, irlandais, indiens et égyptiens entrèrent en contact par le biais des lignes télégraphiques et se rencontrèrent à Paris, Tokyo, Londres, San Francisco ou Shangai. Les connaissances médicales et scientifiques se diffusèrent partout dans le monde à la même vitesse."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "L’uniformisation croissante des usages relatifs au corps et des marqueurs extérieurs de l’identité personnelle se refléta aussi au niveau des idées. Les systèmes idéologiques et discursifs générés par la puissance économique et politique commencèrent à converger à travers le monde. Le XIXe siècle, qualifié de diverses manières d’« ère de l’industrie et des empires », fut aussi le siècle de la communication planétaire. Le monde entier connut un essor massif du livre imprimé. Les sociétés peu alphabétisées au regard des normes habituelles devinrent sensibles aux modes de communication reposant sur l’écrit. L’Europe ne fut pas toujours à l’avant-garde. En 1800, il s’imprimait davantage de titres à Calcutta qu’à Saint-Pétersbourg ou à Vienne. On estime qu’en 1828, il paraissait dans le monde 3168 journaux différents, dont la moitié dans les pays de langue anglaise. Mais en 1831 déjà, le Moniteur ottoman rivalisait avec le Times de Londres. En 1900, le nombre total de journaux atteignait 31 026, parmi lesquels beaucoup étaient tirés à des centaines de milliers d’exemplaires. Cette même année, leur nombre atteignait 600 en Inde, 195 en Afrique et 150 a"
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "À la fin du XIXe siècle, l’uniformisation s’exprima aussi dans le domaine nouveau des sports et des loisirs. Le caractère brouillon et parfaitement adapté de nombre de jeux d’origine ancienne avait laissé la place à un jeu ordonné, doté de règles, le plus souvent édictées par des organismes internationaux. Même la forme prise par des sports tels que le rugby, le football et le cricket, qui représentaient la quintessence des exportations britanniques dans le reste du monde, semble porter la marque de cette puissante volonté de discipliner les corps, une volonté tout aussi évidente sur les champs de bataille que dans les usines. Certains sports qui migrèrent d’Asie vers l’Occident, comme le hockey ou le polo, perdirent eux aussi leur aspect de mêlée sympathique pour devenir autant de compétitions soumises à des règles. À la même époque, le modèle français de la grande cuisine maîtrisée et ordonnée, le modèle français de diplomatie policée et le concept allemand de classification des connaissances scientifiques ou humaines se diffusèrent à travers le monde en empruntant des canaux similaires."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "La nourriture des gens dans les différentes parties du monde se standardisa. Un régime alimentaire à base de pain de seigle et de bœuf constituait déjà la norme pour les Anglais et les Allemands du Nord durant les premiers temps de l’ère moderne. Ce régime fut exporté vers les colonies britanniques d’Amérique, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud. Les peuples indigènes entrés en contact avec les missionnaires, ou qui commençaient à s’installer dans les villes d’Europe, adoptèrent ce même régime propre à l’Europe du Nord-Ouest, en partie parce qu’il correspondait à ce que l’on pouvait effectivement se procurer sur le marché, et en partie parce qu’ils furent contraints par leurs nouveaux maîtres de se conformer aux normes édictées par eux."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Au cours du XIXe siècle, les deux phénomènes générateurs de nivellement, l’esclavage et l’évangélisation chrétienne, attribuèrent à des millions d’Africains, d’Indiens d’Amérique ou d’habitants de la région Pacifique, un ensemble de prénoms désormais désignés en anglais sous le vocable de noms « chrétiens » (christian names), dont beaucoup étaient d’ailleurs d’origine juive. Dans le même temps, le bon fonctionnement du gouvernement et des tribunaux requérait que chacun ait un nom de famille standard qui lui soit propre à des fins officielles. Il en découla quelques anomalies. Cela entraîna par exemple que, dans les pays scandinaves, des centaines de milliers de gens reçurent le nom de Johannsen ou Christiansen, tandis que, en Birmanie, la pratique consistant à nommer les gens en fonction de leur jour de naissance fit qu’une proportion importante de la population reçut un nom correspondant à l’un des sept jours de la semaine dans le calendrier birman, ou à un nombre restreints de signes astrologiques."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "On peut voir dans le choix des noms et prénoms des gens une autre conséquence de cette uniformisation planétaire. Les noms propres se standardisèrent à mesure que le matériel d’imprimerie et les changements culturels et religieux se répandaient au sein des sociétés, éliminant les différences entre des pratiques locales diversifiées en matière de noms. Le poids de l’État fut important, car ses administrateurs souhaitaient toujours plus pouvoir étiqueter et ficher les gens à des fins fiscales ou militaires. Mais ce n’était pas simplement une question de coercition ; les hommes et les femmes avaient besoin de pouvoir s’adresser à l’État sous ses différentes formes, pour accéder aux secours dispensés par la paroisse, à l’éducation, voire aux moyens de transport pour les émigrants."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "En 1750, les petits fermiers et les artisans qualifiés des treize colonies d’Amérique du Nord et des régions les plus riches de l’Europe, comme l’Angleterre, l’Allemagne septentrionale ou la Hollande, pouvaient déjà s’offrir une montre. De plus, l’heure indiquée un peu partout dans le monde par ces horloges et ces montres était en voie d’harmonisation. L’expansion de la Russie impériale en direction de la Sibérie, puis plus tard de la Chine septentrionale, nécessita une coordination des découpages précisant l’heure locale. À mesure qu’on avançait dans le XIXe siècle, l’astreinte à des horaires synchronisés dans les sociétés dépendantes extérieures à l’Europe devint toujours plus stricte.
Le développement du télégraphe électrique rendit possible l’adoption partout dans le monde d’une heure universelle, y compris dans des sociétés comme la Chine ou l’Inde, où existaient encore à la fin du XVIIIe siècle des systèmes locaux de mesure du temps. En Inde ou dans les grandes villes de la côte chinoise, les notabilités locales, qui en d’autre temps auraient investi leur argent dans la construction de temples et de mosquées, se mirent �"
Le développement du télégraphe électrique rendit possible l’adoption partout dans le monde d’une heure universelle, y compris dans des sociétés comme la Chine ou l’Inde, où existaient encore à la fin du XVIIIe siècle des systèmes locaux de mesure du temps. En Inde ou dans les grandes villes de la côte chinoise, les notabilités locales, qui en d’autre temps auraient investi leur argent dans la construction de temples et de mosquées, se mirent �"
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Le corps est un endroit où les anthropologues et les historiens sociaux peuvent repérer la trace de l’influence exercée par les États et des formes prises par la discipline sociale qui se transformèrent en normes planétaires au cours du XIXe siècle. Avec l’uniformisation des tenues, une autre forme de discipline imposée au corps fut l’obligation de se conformer aux horaires. Dès la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe, la montre portable, dite de gousset, s’était répandue en Europe ainsi que dans les colonies européennes de peuplement. Les plantations à esclaves, où un si grand nombre de méthodes permettant de contrôler le travail furent brutalement inventées, étaient régies par une cloche qui sonnait en fonction de l’heure affichée par la montre du maître."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Cette uniformisation croissante ne suscita pourtant pas une approbation unanime. Être controversé et critiqué était inhérent à l’essence même de ce processus. Les Occidentaux se gaussèrent des « indigènes » qui les imitaient, tandis que les tenants de tous les différents nationalismes culturels critiquaient cette imitation servile des étrangers. Dans les années 1880, un musulman ottoman conservateur formulait ainsi ses objections :
« L’idée fallacieuse voulant que tout ce qu’on a vu en Europe doive être imité ici est devenue une tradition politique. Par exemple, par l’adoption simultanée d’uniformes russes, de fusils belges, de couvre-chefs turcs, de selles hongroises, d’épées anglaises et d’exercices militaires français, nous avons créé une armée qui n’est qu’une parodie grotesque de ce qui se fait en Europe. »"
« L’idée fallacieuse voulant que tout ce qu’on a vu en Europe doive être imité ici est devenue une tradition politique. Par exemple, par l’adoption simultanée d’uniformes russes, de fusils belges, de couvre-chefs turcs, de selles hongroises, d’épées anglaises et d’exercices militaires français, nous avons créé une armée qui n’est qu’une parodie grotesque de ce qui se fait en Europe. »"
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "En 1780, la modestie exigeait de nombreuses femmes à travers le monde, du Bengale aux Îles Fidji, qu’elles gardent les seins nus. En 1914, les missionnaires chrétiens et les réformateurs des mœurs indigènes avaient fait en sorte qu’une poitrine nue soit considérée comme indécente. Cela constitua en soi une formidable inversion dans le processus déterminant les usages relatifs au corps. Dans le monde musulman, la burqa islamique, recouvrant totalement le corps des femmes, connut une popularité croissante. Souvent considérée, à tort, par les Occidentaux d’aujourd’hui comme une forme d’obscurantisme médiéval, la burqa fut en réalité la forme moderne que dut prendre leur vêtement pour permettre aux femmes de sortir de leur réclusion domestique forcée et de jouer un rôle, même limité, dans les affaires publiques ou commerciales. "
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Les vêtements des femmes appartenant aux élites n’avaient pas encore connu un degré de convergence aussi marqué. Nombre de réformateurs se firent les avocats du port par leurs épouses de modèles inspirés des robes traditionnelles, plutôt que du style occidental. Résultant à la fois d’un processus positif et d’aspirations néfastes, la modernisation était considérée comme étant davantage de circonstance pour les hommes que pour les femmes. Dans beaucoup de sociétés, les femmes étaient censées se cantonner dans une sphère domestique probablement bien plus rigoureusement séparée du monde et des affaires des hommes qu’elle ne l’avait été en 1780. La notion de sphère domestique était en soi le produit d’une formidable uniformisation. Les vêtements des femmes demeuraient une sorte d’ornement peu fonctionnel. De ce point de vue, cette pratique qui consistait à bander les pieds des Chinoises n’était pas sans rappeler l’utilisation des guêpières et des corsets en Europe. Pourtant, pour les femmes aussi la tendance était à l’uniformisation."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "La tendance poussant à l’uniformisation des tenues vestimentaires fut moins visible chez les ouvriers, chez les paysans et chez tous ceux qui appartenaient aux classes subalternes. L’étude menée par l’historien Richard Cobb sur les indigents décédés à Paris au temps de la Révolution a montré qu’ils se vêtaient de chiffons et de haillons renvoyant à différents styles et à différentes époques, de vêtements donnés et savamment rapiécés. En 1900, la grande majorité des pauvres ne pouvaient toujours pas se permettre mieux. Et pourtant les conditions de fabrication et l’influence des mouvements de réforme sociaux et religieux avaient eu pour résultat que les hommes avaient commencé à s’habiller de manière de plus en plus semblable dans les lieux publics, sans distinction de région ou de culture. Chaussures de cuir, casquette de toile, chemises et pantalons avaient commencé à se substituer à tout l’assortiment de robes, de dhotis *, de pyjamas, de kimonos et de blouses qui avaient prévalu jusqu’en 1780."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Durant les cent quarante années couvertes par ce livre, les sociétés devinrent plus uniformes partout dans le monde. Des processus comparables de changement s’étaient certes développés depuis des millénaires. La propagation des religions universelles avait eu des conséquences significatives en termes d’uniformisation, particulièrement en ce qui concerne certains usages relatifs au corps. Après 1750 environ, l’échelle des aspirations et de formes d’organisation sociale s’élargit considérablement en l’espace de peut-être deux générations. Des communications plus rapides, des systèmes politiques plus étendus, des idéologies civilisatrices plus ambitieuses, constituèrent autant de moteurs poussant au changement, en Occident et en dehors de l’Occident."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "Si tel est le cas, où cette modernité a-t-elle pris naissance ? Les penseurs du XIXe siècle ont souvent émis l’idée que les sociétés évoluent pour se transformer en organismes plus complexes un peu à l’image des créatures vivantes. Les sociétés les plus complexes, en l’occurrence les sociétés occidentales, ont, dans ces conditions, survécu parce qu’elles étaient les plus « aptes »."
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction
La Naissance du monde moderne, 1780-1914 : introduction: "En 1900, nombreux étaient ceux qui, parmi les élites africaines ou asiatiques, en étaient arrivés à la conclusion que l’époque était à l’érosion des coutumes, des traditions, du patriarcat, des religions à l’ancienne et des communautés, et qu’il était nécessaire que ce mouvement soit poussé encore plus loin. À l’inverse, il se trouvait une minorité de penseurs qui commençaient à déplorer ces évolutions, tout en étant également persuadés du caractère inéluctable de la modernisation."
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