5.10.08
Au début des années 1950, John Gallagher et Ronald Robinson ont révolutionné les études sur l’empire et l’impérialisme d’une façon qui résonne encore aujourd’hui. [1] Ils critiquaient la périodisation, alors dominante, de l’histoire impériale britannique en phases « impérialiste » et « anti-impérialiste », des phases oscillant entre moments d’expansion territoriale, de contraction et de libéralisation. Ils proposaient une interprétation insistant sur la continuité fondamentale des modes formels et informels d’expansion impériale. Quoique l’expansion formelle (territorialisée) et informelle renvoient à des modes d’exercice du pouvoir et de contrôle différents, il ne s’agit pas de réalités distinctes. Selon les auteurs, il faudrait plutôt y voir « des fonctions politiques variables appartenant à un schéma d’extension du commerce extérieur, de l’investissement, des migrations et de la culture », cela, dans un « cadre global d’expansion » [2].
30.9.08
Dernière remarque : quand je parle de "modernité métisse", cela ne doit pas être confondu avec "société métisse". Si vous prenez le cas du Japon, il s'agit d'une société non métissée, ou très peu, mais d'une modernité qui, elle, l'est beaucoup. Le Japon a su concilier ses traditions avec une modernité venue d'Occident, et qui s'en est trouvée transformée.
Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette "rencontre" inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce "cap des tempêtes", nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.
Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette "rencontre" inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce "cap des tempêtes", nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.
Pendant quatre siècles, la culture européenne, puis euro-américaine, a été hégémonique. Vers la fin du XVIe siècle, elle a commencé à rattraper le grand retard qu'elle avait par rapport aux autres grandes civilisations, par exemple chinoise ou indienne. Les Chinois ont inventé l'imprimerie huit siècles avant nous et les astronomes indiens ont découvert la réalité du mouvement des astres plusieurs siècles avant Galilée. Dès le milieu du XVIIe siècle la culture européenne avait effacé ce retard et même distancé les civilisations concurrentes. Ainsi a-t-elle pu devenir la véritable "organisatrice" du monde. Elle a régné par la conquête coloniale, la supériorité économique et militaire, mais aussi par le rayonnement culturel. De ce point de vue, on peut dire que le monde entier est déjà bien plus occidentalisé qu'on ne le croit. Même la Chine. Même l'Inde. Mais ce qui s'achève aujourd'hui, c'est cette "séquence" purement occidentale. Les autres civilisations se réveillent et accède, à leur façon, à la modernité. Cette dernière ne pourra plus se confondre avec le seul "Occident". La modernité devra intégrer ces apports venus d'ailleurs.
Cette fois, avec ce « Commencement d’un monde », paru comme toujours au Seuil, l’auteur conclue un cycle dans l’esprit qui le définit : refus des clichés et de la soumission, ouverture vers l’autre, exigence vis-à-vis de soi-même. « Vers une modernité métisse » est à la fois le sous-titre et le centre d’un ouvrage qui est, en quelque sorte, l’anti-choc des civilisations. Car si la longue séquence historique de l’hégémonie occidentale prend fin, si le Centre se déplace au profit de la périphérie, en fait, et contrairement aux apparences, les civilisations se rapprochent les unes des autres, affirme Guillebaud qui s’arrête longuement sur les sociétés et les cultures en mouvement comme la Chine et l’Inde.
« Le métissage, écrit-il, ce n’est pas la négation des différences mais leur combinaison créative. Le métissage n’annihile pas les catégories - nationales ou ethniques – d’origine, il les mêle dans le creuset d’où naîtra une identité « autre ». Et d’insister sur ce point essentiel : la modernité métissée est « à la fois un prolongement de l’ancienne modernité européenne et une rupture avec l’occidentalo-centrisme de celle-ci. »
« Le métissage, écrit-il, ce n’est pas la négation des différences mais leur combinaison créative. Le métissage n’annihile pas les catégories - nationales ou ethniques – d’origine, il les mêle dans le creuset d’où naîtra une identité « autre ». Et d’insister sur ce point essentiel : la modernité métissée est « à la fois un prolongement de l’ancienne modernité européenne et une rupture avec l’occidentalo-centrisme de celle-ci. »
l'Occident, lui aussi, absorbe comme une éponge ce qui lui vient d'ailleurs, qu'il s'agisse de spiritualité (l'essor du bouddhisme en France, par exemple), de culture (les musiques métisses) ou d'organisation productive (les méthodes japonaises). Les diasporas engendrent des cultures voyageuses: le coursier sikh de Manhattan, l'employé de bureau maghrébin à Paris ou le garagiste turc à Munich sont bien obligés de composer entre les deux univers auxquels ils appartiennent. Tout cela aboutit à ce que l'auteur appelle, à la suite d'Edouard Glissant, "une créolisation du monde", l'invention de formes, de cultures, de pratiques métissées, dans un mouvement que la mondialisation accélère et qui annonce à la fois l'émergence d'un monde à venir différent et les crispations des intégristes de tout poil qui le refusent.
Nous sommes au commencement d'un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l'ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde " nouveau" qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l'émergence d'une modernité radicalement "autre". Elle ne se confond plus avec l'Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Une longue séquence historique s'achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l'événement. On annonce un "choc des civilisations ", alors même que c'est d'une rencontre progressive qu'il s'agit. On s'inquiète d'une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n'ont jamais été aussi fortes. Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les "civilisations" se rapprochent les unes des autres. De l'Afrique à la Chine et de l'Inde à l'Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l'état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l'avènement prometteur - et périlleux - d'une véritable modernité planétaire. Ce rendez-vous pourrait connaître des revers et engendrer des violences. Il est pourtant inéluctable et sans équivalent dans l'histoire humaine.
19.9.08
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet: "Gould aimait dire que ' les bactéries sont les reines de la vie car elles ont vécu pendant trois milliards et demi d’années et sont plus diversifiées par leur biochimie que toutes les autres formes de vie '. Pour Gould, l’histoire de la vie et l’évolution des espèces ne doivent pas être ramenées uniquement à la notion de 'progrès' mais d’abord examinées à la lumière de la fabuleuse diversification du vivant et de sa prodigieuse capacité d’adaptation et d’homéostasie.
Loin d’affaiblir ou d’infirmer la théorie de l’évolution de Darwin, comme l’ont prétendu pour des raisons idéologiques certains courants créationnistes, la théorie de Gould, qui n’a jamais contesté les principes d’évolution des espèces et de sélection naturelle, est au contraire venue enrichir, élargir et complexifier de manière remarquable la vision darwinienne en utilisant tous les nouveaux outils scientifiques disponibles et en introduisant les notions clés de contingence et de macroévolution."
Loin d’affaiblir ou d’infirmer la théorie de l’évolution de Darwin, comme l’ont prétendu pour des raisons idéologiques certains courants créationnistes, la théorie de Gould, qui n’a jamais contesté les principes d’évolution des espèces et de sélection naturelle, est au contraire venue enrichir, élargir et complexifier de manière remarquable la vision darwinienne en utilisant tous les nouveaux outils scientifiques disponibles et en introduisant les notions clés de contingence et de macroévolution."
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet: "Darwin considère que l’agent sur lequel agit la sélection naturelle est l’individu. Cette sélection naturelle agit très progressivement et, sur les temps géologiques, modifie peu à peu la population jusqu’à faire naître une nouvelle espèce. Ce processus lent et continu est la microévolution qui s’effectue de manière graduée dans le temps. Mais Gould, sans remettre en cause sur le principe la sélection naturelle et l’évolution des espèces, est venu profondément modifier et enrichir ce scénario darwinien en posant l’hypothèse de l’évolution par équilibre ponctué. Selon cette théorie, l’espèce se comporte comme un individu darwinien qui sera soumis à tous les éléments de la sélection naturelle, pourra supplanter d’autres espèces, en donner de nouvelles et disparaître à son tour.
Pour Gould, la sélection naturelle ne peut pas, à elle seule, déterminer toutes les formes prises par les espèces dans le processus de l’évolution. Elle agit en synergie avec deux autre facteurs majeurs : les gènes architectes (dits ' gènes homéotiques '), qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes lignes dans la plupart des embranchements et la capacité de changement au cours du temps de la fonction adaptative. Gould a magistralement forgé et étayé un concept d’une grande richesse qui veut rendre compte de l’extrême diversité et complexité du vivant : la macroévolution."
Pour Gould, la sélection naturelle ne peut pas, à elle seule, déterminer toutes les formes prises par les espèces dans le processus de l’évolution. Elle agit en synergie avec deux autre facteurs majeurs : les gènes architectes (dits ' gènes homéotiques '), qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes lignes dans la plupart des embranchements et la capacité de changement au cours du temps de la fonction adaptative. Gould a magistralement forgé et étayé un concept d’une grande richesse qui veut rendre compte de l’extrême diversité et complexité du vivant : la macroévolution."
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet: "Darwin n’a cependant jamais exclu la possibilité que d’autres transformations aient pu se faire selon un autre mécanisme. C’est précisément cette nouvelle perspective conceptuelle qui fut proposée en 1972 par Steven Jay Gould (disparu en 2002) et Nils Eldredge. Pour ces deux grands scientifiques américains, l’évolution procéderait de manière non continue avec de longues périodes de stagnation entrecoupées par de brusques et courtes périodes de transformation rapide menant à la formation de nouvelles espèces."
12.9.08
Peut-être que le développement de thèmes comme la Singularité peut-il apparaitre comme le signe de l’éclatement de nos sociétés modernes sous la pression de l’explosion informationnelle ? Dans un monde où les points de vue possibles se multiplient et où chacun crée ses propres repères en fonction de sa trajectoire personnelle, il n’y plus de place pour les grands thèmes universalistes, qu’ils s’expriment dans des religions comme les monothéismes ou le bouddhisme, ou dans l’humanisme rationaliste des Lumières. Du coup, une multitude de micro-religiosités se développent, dont le New Age à son époque, mais peut être aussi le transhumanisme et le singularitarianisme.
Cela implique un retour aux formes de sacralité primitives, où chaque groupe, chaque guilde possède ses propres rites, ses propres mythes, ses propres “mystères” : cultes des forgerons, des chasseurs, des hommes et des femmes, des agriculteurs… Dans nos sociétés, des institutions comme le compagnonnage ou la franc-maçonnerie (qui à l’origine était constituée de véritables maçons, de bâtisseurs de cathédrales) sont des survivances de ces systèmes de valeurs propres à une corporation.
Cela implique un retour aux formes de sacralité primitives, où chaque groupe, chaque guilde possède ses propres rites, ses propres mythes, ses propres “mystères” : cultes des forgerons, des chasseurs, des hommes et des femmes, des agriculteurs… Dans nos sociétés, des institutions comme le compagnonnage ou la franc-maçonnerie (qui à l’origine était constituée de véritables maçons, de bâtisseurs de cathédrales) sont des survivances de ces systèmes de valeurs propres à une corporation.
il se pourrait que la convergence et l’accélération accélérante multiplient, dans un futur proche, le nombre de “maximums technologiques” ce qui possède bien sûr un petit air de Singularité, mais avec des conséquences radicalement différentes. On en viendrait en fait à un point où la technologie cesserait de revêtir l’importance qu’elle possède aujourd’hui : “A l’âge futur du maximum technologique, explique Schroeder, la technologie cesse de diriger le changement social. Les règles sont inversées : le changement devient entièrement affaire de valeurs, nous met en face de ce que nous voulons, et l’idéologie, la religion, l’esthétique et la culture dominent le paysage des mutations à venir”. En d’autres termes, conclut-il, ” le facteur dominant de transformation dans le futur ne sera pas la technologie, ce sera la politique”.
6.9.08
Matière & Énergie
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Une étape majeure vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire
En s’inspirant de la photosynthèse, des chercheurs américains du MIT, dirigé par Daniel Nocera, ont franchi une étape décisive vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire. On sait depuis longtemps la réaliser en apportant de l’énergie sous forme électrique. C’est l’électrolyse. En plongeant deux électrodes dans l’eau et en appliquant une tension suffisante, on obtient un dégagement d’oxygène à l’anode et d’hydrogène à la cathode. Mais l’idée d’effectuer la réaction sans autre apport d’énergie que celle du soleil hante les laboratoires depuis longtemps. L’hydrogène, que l’on commence à savoir enfermer dans des réservoirs, est bien plus commode à stocker que l’électricité. On peut ensuite récupérer l’énergie ainsi mise en réserve, par exemple dans une pile à combustible où s’effectue la réaction inverse, produisant de l’eau et du courant électrique. L’hydrogène peut aussi être utilisée par d’autres moyens. L’énergie solaire pourrait alors être utilisée de manière plus souple qu’en produisant de l’électricité au gré de l’ensoleillement.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir pour égaler l’efficacité des plantes vertes. L’électrolyse réclame énormément d’énergie alors que la photosynthèse se contente de peu. Si l’on parvient à trouver un moyen pour réaliser l’électrolyse avec une quantité d’électricité suffisamment faible, celle-ci pourrait être alors fournie par des cellules solaires. Les chercheurs sont persuadés que la solution se trouve dans le domaine de la chimie et en particulier des catalyseurs, ces molécules capables d’accélérer considérablement une réaction chimique sans être elles-mêmes altérées.
L’équipe de Daniel Nocera vient de présenter une remarquable avancée dans ce domaine en mettant au point un catalyseur à la fois efficace et bon marché. Alors que les recherches précédentes suivaient la piste d’un matériau à la structure maîtrisée, celui des chercheurs du MIT est amorphe et se forme de lui-même en s’accumulant spontanément autour de l’électrode (l’anode, en l’occurrence).
Cette dernière est constituée d’un oxyde d’étain et d’indium, plongée dans une solution contenant du phosphate de potassium et du cobalt. Sous l’action du champ électrique, ces éléments s’accumulent autour de l’anode où ils deviennent un catalyseur très efficace pour rompre la molécule d’eau et produire de l’oxygène gazeux, qui s’échappe, et des ions d’hydrogène, qui restent dans la solution.
Le soleil offre un immense potentiel comme source d’énergie propre pour l’humanité. En une heure, le soleil fournit assez d’énergie à la Terre pour couvrir une année de consommation énergétique mondiale. Pour James Barber, scientifique de renom mondial dans l’étude de la photosynthèse "Cette découverte de Nocera Kanan est un pas de géant vers l’utilisation massive et peu coûteuse de l’énergie solaire en substitution des énergies fossiles".
Dans Technology Review, la revue de MIT, Karsten Meyer professeur de chimie à l’université allemande Friedrich Alexander considère même qu’il s’agit là de l’une des plus grandes découvertes du siècle Dans une déclaration publique, les chercheurs du MIT ont indiqué qu’ils espéraient que tous les foyers soient alimentés de cette manière d’ici une dizaine d’années. L’énergie produite le jour serait stockée sous forme d’hydrogène pour la nuit.
MIT
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Une étape majeure vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire
En s’inspirant de la photosynthèse, des chercheurs américains du MIT, dirigé par Daniel Nocera, ont franchi une étape décisive vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire. On sait depuis longtemps la réaliser en apportant de l’énergie sous forme électrique. C’est l’électrolyse. En plongeant deux électrodes dans l’eau et en appliquant une tension suffisante, on obtient un dégagement d’oxygène à l’anode et d’hydrogène à la cathode. Mais l’idée d’effectuer la réaction sans autre apport d’énergie que celle du soleil hante les laboratoires depuis longtemps. L’hydrogène, que l’on commence à savoir enfermer dans des réservoirs, est bien plus commode à stocker que l’électricité. On peut ensuite récupérer l’énergie ainsi mise en réserve, par exemple dans une pile à combustible où s’effectue la réaction inverse, produisant de l’eau et du courant électrique. L’hydrogène peut aussi être utilisée par d’autres moyens. L’énergie solaire pourrait alors être utilisée de manière plus souple qu’en produisant de l’électricité au gré de l’ensoleillement.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir pour égaler l’efficacité des plantes vertes. L’électrolyse réclame énormément d’énergie alors que la photosynthèse se contente de peu. Si l’on parvient à trouver un moyen pour réaliser l’électrolyse avec une quantité d’électricité suffisamment faible, celle-ci pourrait être alors fournie par des cellules solaires. Les chercheurs sont persuadés que la solution se trouve dans le domaine de la chimie et en particulier des catalyseurs, ces molécules capables d’accélérer considérablement une réaction chimique sans être elles-mêmes altérées.
L’équipe de Daniel Nocera vient de présenter une remarquable avancée dans ce domaine en mettant au point un catalyseur à la fois efficace et bon marché. Alors que les recherches précédentes suivaient la piste d’un matériau à la structure maîtrisée, celui des chercheurs du MIT est amorphe et se forme de lui-même en s’accumulant spontanément autour de l’électrode (l’anode, en l’occurrence).
Cette dernière est constituée d’un oxyde d’étain et d’indium, plongée dans une solution contenant du phosphate de potassium et du cobalt. Sous l’action du champ électrique, ces éléments s’accumulent autour de l’anode où ils deviennent un catalyseur très efficace pour rompre la molécule d’eau et produire de l’oxygène gazeux, qui s’échappe, et des ions d’hydrogène, qui restent dans la solution.
Le soleil offre un immense potentiel comme source d’énergie propre pour l’humanité. En une heure, le soleil fournit assez d’énergie à la Terre pour couvrir une année de consommation énergétique mondiale. Pour James Barber, scientifique de renom mondial dans l’étude de la photosynthèse "Cette découverte de Nocera Kanan est un pas de géant vers l’utilisation massive et peu coûteuse de l’énergie solaire en substitution des énergies fossiles".
Dans Technology Review, la revue de MIT, Karsten Meyer professeur de chimie à l’université allemande Friedrich Alexander considère même qu’il s’agit là de l’une des plus grandes découvertes du siècle Dans une déclaration publique, les chercheurs du MIT ont indiqué qu’ils espéraient que tous les foyers soient alimentés de cette manière d’ici une dizaine d’années. L’énergie produite le jour serait stockée sous forme d’hydrogène pour la nuit.
MIT
Edito : Mars : nouvelle frontière de l’exploration humaine
La sonde Phoenix a confirmé pour la première fois le 31 juillet que le sol de Mars contient de l’eau gelée, ont annoncé les scientifiques de la Nasa. Sur Terre, la vie est d’abord apparue dans l’eau : c’est pourquoi la question de la présence ou non d’eau sur Mars est fondamentale. En faisant fondre cette semaine le sol gelé à l’aide de l’un de ses instruments embarqués, le robot qui se trouve sur la Planète rouge depuis deux mois a permis d’affirmer qu’il existe bien de la glace près du pôle nord de Mars. (Voir PMM et NG)
La confirmation est intervenue de manière accidentelle ; après deux tentatives malheureuses de transférer des échantillons de sol glacé à l’un des huit fours-laboratoires de Phoenix, les chercheurs ont décidé de recueillir un échantillon de sol pur sous la couche de permafrost. Analysé le 31 juillet, il a révélé contenir de la glace. Jusqu’ici, les preuves de l’existence d’eau sur Mars n’avaient pas été concluantes.
"Nous avions déjà la preuve de l’existence de cette glace d’eau grâce aux observations de Mars Odyssey et de Phoenix en juin, mais c’est la première fois que de l’eau en provenance de Mars est touchée et goûtée" par des instruments scientifiques, a ajouté le chercheur de la Nasa. L’agence spatiale a également prolongé de cinq semaines la mission de Phoenix Mars Lander en expliquant qu’au-delà de la recherche d’eau, elle explorerait la possibilité de la planète d’accueillir la vie.
"Nous allons prolonger cette mission jusqu’au 30 septembre", a annoncé Michael Meyer, scientifique de haut vol du programme d’exploration de la Nasa concernant Mars, lors d’une conférence de presse télévisée.
Cette découverte vient confirmer que l’eau a bien coulé avec abondance sur Mars. Une étude publiée dans Nature" le 17 juillet 2008) révèle qu’une une grande partie des hautes terres du sud de Mars a été baignée par de l’eau pendant des millions d’années, créant un environnement théoriquement capable d’abriter la vie. Cette étude souligne que des traces de phyllosilicates, minéraux du type argiles témoignant de l’action chimique de l’eau, ont été observées par un instrument de la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter en des milliers de points des plateaux sud de la planète, sur des dunes, dans des vallées ou des cratères, selon les auteurs de l’étude, de l’Université Brown (Rhode Island).
Cette étude montre que de vastes régions d’anciennes montagnes de Mars, couvrant environ la moitié de la planète, contiennent des minerais d’argile, qui peuvent se former seulement en présence de l’eau. Les laves volcaniques ont recouvert les régions riches en argile au cours des périodes suivantes et plus sèches de l’histoire de la planète, mais les cratères d’impact les ont exposées plus tard à des milliers d’endroits à travers la planète.
« La grande surprise de ces nouveaux résultats est comment l’eau sur Mars était envahissante et durable, et combien étaient divers les environnements humides », commente Scott Murchie, l’investigateur principal de CRISM au Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory (APL).
"Ces résultats montrent une riche diversité des environnements, permettant éventuellement la vie, à l’époque du Noachien", il y a 4,6 à 3,8 milliards d’années, concluent les scientifiques.
Les chercheurs se sont notamment attachés aux pics situés dans des cratères, reliefs généralement formés par des roches reposant à l’origine jusqu’à cinq kilomètres de profondeur, éjectées lors de l’impact d’un astéroïde. "L’eau a dû former ces minéraux (les phyllosilicates) en profondeur, pour que nous ayons la signature observée" par la sonde, estime dans un communiqué le responsable de l’équipe John Mustard, professeur en géologie planétaire. Ces phytosillicates se sont formés à des températures relativement basses - - environ 100 à 200 degrés Celsius - ce qui implique qu’à la surface Mars était non seulement humide, mais également relativement tempérée.
Une autre étude, publiée dans l’édition du 2 Juin de Nature Geosciences) constate que les conditions humides ont persisté pendant longtemps. Des milliers à des millions d’années après que les argiles se soient formés, un système des canaux fluviaux les ont érodés hors des montagnes et les ont concentrées dans un delta où le fleuve s’est vidé dans un lac de cratère légèrement plus grand que Lake Tahoe en Californie, d’environ 40 kilomètres de diamètre. « La distribution des argiles à l’intérieur de l’ancien lit du lac montre que l’eau stagnante doit avoir persisté pendant des milliers d’années », note Bethany Ehlmann (Brown University), autre membre de l’équipe de CRISM et auteur principal de l’étude.
S’agissant de la composition du sol martien, les analyses effectuées par Phoenix le 25 juin immédiatement sous la surface des plaines arctiques de Mars, révèlent que le sol de Mars est semblable à celui de vallées sèches de l’Antarctique et d’autres lieux terrestres. Ce sol est alcalin et non pas acide et contient toute une gamme de composants salins, notamment du magnésium, du potassium et du chlore. Selon Sam Kounaves de l’université Tufts, chargé de la direction des expériences de chimie humide (c’est-à-dire par dissolution d’échantillons dans l’eau) menées par la sonde, "« Il ressemble à la Terre par beaucoup de côtés. C’est sans doute le type de sol que vous avez dans votre jardin : alcalin. Vous pourriez peut-être y faire pousser facilement des asperges, mais pas des fraises. »
Comme le souligne les scientifiques de l’IMEW, le Groupe de travail international sur l’exploration de Mars, l’étude et l’exportation de Mars présentent un intérêt immense car la planète rouge est la planète la plus ressemblante à la Terre dans le système solaire et les 700 premiers millions d’années de son histoire sont préservés dans sa géologie, contrairement à la Terre.
Récemment, des représentants d’agences spatiales et des experts réunis à Paris ont annoncé qu’une mission internationale pour rapporter des échantillons du sol de Mars pourrait être lancée dès 2018. Cette mission majeure, qui suppose une vaste coopération internationale, permettrait de rapporter sur Terre des roches martiennes pour les analyser. Pour le directeur général de l’Agence spatiale européenne (Esa), Jean-Jacques Dordain, un tel projet d’exploration "ne peut être qu’un objectif politique" car "il dépasse les cadres de la science, de la technologie et de l’éducation". Quant à l’étape suivante, que tout le monde pressent à présent elle aura une toute autre ampleur car il s’agit bien sûr d’une mission habitée vers Mars.
Cette mission, qui pourrait avoir lieu vers 2040, durera au moins trois ans. Elle sera la plus grandiose, la plus complexe et la plus risquée de toute l’aventure spatiale et constituera également un extraordinaire moment de l’aventure humaine. Elle répond à trois objectifs majeurs. Un objectif scientifique d’abord car, pour explorer Mars en profondeur et en percer les secrets, rien ne peut remplacer l’homme. Le second objectif est technologique : aller sur Mars nécessitera la mise au point de technologies nouvelles dans de multiples domaines : propulsion, informatique, matériaux, chimie, biologie. Les retombées d’une telle mission, si elle se conclut par un succès, seront immenses et entraîneront des sauts technologiques dans de nombreux secteurs.
Enfin le dernier objectif est de nature politique et quasiment philosophique : envoyer des hommes sur Mars et peut-être imaginer qu’ils puissent un jour lointain y vivre en permanence, représente un tel défi que l’humanité entière se sentira sans doute impliquée et associée à cette nouvelle odyssée que n’aurait pas désavouée Stanley Kubrick.
Imaginez quel éclatant symbole de l’esprit de conquête de l’espèce humaine serait le premier pas de l’homme sur Mars, le 21 juillet 2039, 70 ans après le premier pas sur la Lune de Neil Amstrong ! Il y a dans une telle aventure quelque chose qui dépasse nos vies et nos destins personnels et peut permettre aux habitants de notre planète de se rassembler et de s’enthousiasmer, au delà de leurs différences et de leurs conditions. C’est pourquoi nous devons faire de Mars la nouvelle frontière de l’exploration humaine.
René Trégouët
Sénateur honoraire du Rhône
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
La sonde Phoenix a confirmé pour la première fois le 31 juillet que le sol de Mars contient de l’eau gelée, ont annoncé les scientifiques de la Nasa. Sur Terre, la vie est d’abord apparue dans l’eau : c’est pourquoi la question de la présence ou non d’eau sur Mars est fondamentale. En faisant fondre cette semaine le sol gelé à l’aide de l’un de ses instruments embarqués, le robot qui se trouve sur la Planète rouge depuis deux mois a permis d’affirmer qu’il existe bien de la glace près du pôle nord de Mars. (Voir PMM et NG)
La confirmation est intervenue de manière accidentelle ; après deux tentatives malheureuses de transférer des échantillons de sol glacé à l’un des huit fours-laboratoires de Phoenix, les chercheurs ont décidé de recueillir un échantillon de sol pur sous la couche de permafrost. Analysé le 31 juillet, il a révélé contenir de la glace. Jusqu’ici, les preuves de l’existence d’eau sur Mars n’avaient pas été concluantes.
"Nous avions déjà la preuve de l’existence de cette glace d’eau grâce aux observations de Mars Odyssey et de Phoenix en juin, mais c’est la première fois que de l’eau en provenance de Mars est touchée et goûtée" par des instruments scientifiques, a ajouté le chercheur de la Nasa. L’agence spatiale a également prolongé de cinq semaines la mission de Phoenix Mars Lander en expliquant qu’au-delà de la recherche d’eau, elle explorerait la possibilité de la planète d’accueillir la vie.
"Nous allons prolonger cette mission jusqu’au 30 septembre", a annoncé Michael Meyer, scientifique de haut vol du programme d’exploration de la Nasa concernant Mars, lors d’une conférence de presse télévisée.
Cette découverte vient confirmer que l’eau a bien coulé avec abondance sur Mars. Une étude publiée dans Nature" le 17 juillet 2008) révèle qu’une une grande partie des hautes terres du sud de Mars a été baignée par de l’eau pendant des millions d’années, créant un environnement théoriquement capable d’abriter la vie. Cette étude souligne que des traces de phyllosilicates, minéraux du type argiles témoignant de l’action chimique de l’eau, ont été observées par un instrument de la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter en des milliers de points des plateaux sud de la planète, sur des dunes, dans des vallées ou des cratères, selon les auteurs de l’étude, de l’Université Brown (Rhode Island).
Cette étude montre que de vastes régions d’anciennes montagnes de Mars, couvrant environ la moitié de la planète, contiennent des minerais d’argile, qui peuvent se former seulement en présence de l’eau. Les laves volcaniques ont recouvert les régions riches en argile au cours des périodes suivantes et plus sèches de l’histoire de la planète, mais les cratères d’impact les ont exposées plus tard à des milliers d’endroits à travers la planète.
« La grande surprise de ces nouveaux résultats est comment l’eau sur Mars était envahissante et durable, et combien étaient divers les environnements humides », commente Scott Murchie, l’investigateur principal de CRISM au Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory (APL).
"Ces résultats montrent une riche diversité des environnements, permettant éventuellement la vie, à l’époque du Noachien", il y a 4,6 à 3,8 milliards d’années, concluent les scientifiques.
Les chercheurs se sont notamment attachés aux pics situés dans des cratères, reliefs généralement formés par des roches reposant à l’origine jusqu’à cinq kilomètres de profondeur, éjectées lors de l’impact d’un astéroïde. "L’eau a dû former ces minéraux (les phyllosilicates) en profondeur, pour que nous ayons la signature observée" par la sonde, estime dans un communiqué le responsable de l’équipe John Mustard, professeur en géologie planétaire. Ces phytosillicates se sont formés à des températures relativement basses - - environ 100 à 200 degrés Celsius - ce qui implique qu’à la surface Mars était non seulement humide, mais également relativement tempérée.
Une autre étude, publiée dans l’édition du 2 Juin de Nature Geosciences) constate que les conditions humides ont persisté pendant longtemps. Des milliers à des millions d’années après que les argiles se soient formés, un système des canaux fluviaux les ont érodés hors des montagnes et les ont concentrées dans un delta où le fleuve s’est vidé dans un lac de cratère légèrement plus grand que Lake Tahoe en Californie, d’environ 40 kilomètres de diamètre. « La distribution des argiles à l’intérieur de l’ancien lit du lac montre que l’eau stagnante doit avoir persisté pendant des milliers d’années », note Bethany Ehlmann (Brown University), autre membre de l’équipe de CRISM et auteur principal de l’étude.
S’agissant de la composition du sol martien, les analyses effectuées par Phoenix le 25 juin immédiatement sous la surface des plaines arctiques de Mars, révèlent que le sol de Mars est semblable à celui de vallées sèches de l’Antarctique et d’autres lieux terrestres. Ce sol est alcalin et non pas acide et contient toute une gamme de composants salins, notamment du magnésium, du potassium et du chlore. Selon Sam Kounaves de l’université Tufts, chargé de la direction des expériences de chimie humide (c’est-à-dire par dissolution d’échantillons dans l’eau) menées par la sonde, "« Il ressemble à la Terre par beaucoup de côtés. C’est sans doute le type de sol que vous avez dans votre jardin : alcalin. Vous pourriez peut-être y faire pousser facilement des asperges, mais pas des fraises. »
Comme le souligne les scientifiques de l’IMEW, le Groupe de travail international sur l’exploration de Mars, l’étude et l’exportation de Mars présentent un intérêt immense car la planète rouge est la planète la plus ressemblante à la Terre dans le système solaire et les 700 premiers millions d’années de son histoire sont préservés dans sa géologie, contrairement à la Terre.
Récemment, des représentants d’agences spatiales et des experts réunis à Paris ont annoncé qu’une mission internationale pour rapporter des échantillons du sol de Mars pourrait être lancée dès 2018. Cette mission majeure, qui suppose une vaste coopération internationale, permettrait de rapporter sur Terre des roches martiennes pour les analyser. Pour le directeur général de l’Agence spatiale européenne (Esa), Jean-Jacques Dordain, un tel projet d’exploration "ne peut être qu’un objectif politique" car "il dépasse les cadres de la science, de la technologie et de l’éducation". Quant à l’étape suivante, que tout le monde pressent à présent elle aura une toute autre ampleur car il s’agit bien sûr d’une mission habitée vers Mars.
Cette mission, qui pourrait avoir lieu vers 2040, durera au moins trois ans. Elle sera la plus grandiose, la plus complexe et la plus risquée de toute l’aventure spatiale et constituera également un extraordinaire moment de l’aventure humaine. Elle répond à trois objectifs majeurs. Un objectif scientifique d’abord car, pour explorer Mars en profondeur et en percer les secrets, rien ne peut remplacer l’homme. Le second objectif est technologique : aller sur Mars nécessitera la mise au point de technologies nouvelles dans de multiples domaines : propulsion, informatique, matériaux, chimie, biologie. Les retombées d’une telle mission, si elle se conclut par un succès, seront immenses et entraîneront des sauts technologiques dans de nombreux secteurs.
Enfin le dernier objectif est de nature politique et quasiment philosophique : envoyer des hommes sur Mars et peut-être imaginer qu’ils puissent un jour lointain y vivre en permanence, représente un tel défi que l’humanité entière se sentira sans doute impliquée et associée à cette nouvelle odyssée que n’aurait pas désavouée Stanley Kubrick.
Imaginez quel éclatant symbole de l’esprit de conquête de l’espèce humaine serait le premier pas de l’homme sur Mars, le 21 juillet 2039, 70 ans après le premier pas sur la Lune de Neil Amstrong ! Il y a dans une telle aventure quelque chose qui dépasse nos vies et nos destins personnels et peut permettre aux habitants de notre planète de se rassembler et de s’enthousiasmer, au delà de leurs différences et de leurs conditions. C’est pourquoi nous devons faire de Mars la nouvelle frontière de l’exploration humaine.
René Trégouët
Sénateur honoraire du Rhône
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
5.9.08
- Si les tendances démographiques se maintiennent, le nombre de jeunes entre 16 et 30 ans aura été réduit de 15 % pour l’ensemble de l’Europe . La défense et sa base industrielle devront faire face à d’importants problèmes de recrutement en quantité et qualité, liés au vieillissement de la population.
Contexte. Les conflits seront déclenchés par la multiplication et la conjonction de facteurs crisogènes : accroissement démographique, tensions pour l’accès aux ressources naturelles, satisfaction de besoins stratégiques, réchauffement climatique, préservation de sphères d’influence, inégalités sociales et économiques, identités communautaires, religieuses ou sociales, état de droit défaillant, etc. Dans leur majorité, ils seront locaux ou régionaux, d’origine intra-étatique, mais pourront avoir un impact sur la stabilité de la région. Les zones sensibles semblent être l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient, l’Asie centrale, et à un degré moindre l’Asie du Sud-Est. Des tensions interétatiques, notamment pour l’accès aux ressources naturelles, la satisfaction de besoins stratégiques - ou la préservation de sphères d’influence - reste probable.
http://www.defense.gouv.fr/das/content/download/106747/936853/file/GT2030-01-synth%E8se.pdf
http://www.defense.gouv.fr/das/content/download/106747/936853/file/GT2030-01-synth%E8se.pdf
25.8.08
automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008
automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008: "Or, selon nous, cette façon de présenter les choses repose sur un aveuglement, résultant d'une conception mythologique selon laquelle l'homme, à l'image de Dieu, serait capable de décider librement de ce qu'il fait ou ne fait pas. En réalité, dès qu'il nous semble que nous prenons une décision librement, c'est que notre corps tout entier a déjà pris la décision. Il en est de même à propos des décisions collectives. Si la Maison Blanche décide d'envahir l'Irak, c'est que la décision avait été prise depuis un certain temps de façon inconsciente par les différents éléments constituant le « corps » du superorganisme. L'annonce «Le président des Etats-Unis décide de faire ceci ou cela» n'a qu'un seul intérêt, faire connaître au monde que le lobby militaro-industriel américain est déjà engagé dans les manœuvres initialisant la guerre en Irak, et recruter par mimétisme des adhérents.."
automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008
automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008: "Certes, les cerveaux des composants humains du système sont activés par les quelques informations globales qui leur parviennent, mais celles-ci sont trop rares, trop partielles et surtout trop tardives pour permettre une modélisation efficace de l'organisme dans son milieu. Les individus, par ailleurs, sont trop faibles au regard des forces physiques et économiques qui animent les organismes zootechniques, pour pouvoir, sauf exception, influer à titre individuel sur leur comportement. Ils sont emportés dans le fonctionnement du système comme le sont les cellules du corps, incapables de comprendre celui-ci et d'agir sur lui. Il est donc vain d'espérer que les cerveaux des humains participant aux organismes zootechniques, fussent-ils parmi les plus influents, puissent générer des « états de conscience » et a fortiori des « décisions volontaires » susceptibles d'avoir une influence sensible sur l'évolution de chacun de ces organismes. Ils ne pourront pas davantage agir sur le monde global dans lequel tous ces organismes se disputent les ressources nécessaires à leur survie."
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automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008: "Voyons d'abord les organismes associant des entités biologiques et des technologies ayant pour effet de faire naître du désir. Dans la nature, d‘innombrables méthodes suscitant le désir ont été sélectionnées par l'évolution, au niveau des plantes et ses animaux, parce qu'elles favorisaient la reproduction : consommation d'un fruit dont les graines seront disséminées, sélection d'un partenaire sexuel à fort potentiel… On peut donc dire que le capitalisme libidinal décrit par certains auteurs, tel Bernard Stiegler, remonte loin aux origines de la vie. Il faut voir que les technologies ayant pour effet de favoriser la créativité des individus, encourager la consommation et donc la production, susciter le désir de façon quasi institutionnelle, se sont développées dès l'aube des sociétés humaines à des échelles qui défient le bon sens."
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automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008: "Au plan global, des études comportementales ou économiques préciseront en termes statistiques l'impact de ce monde sur le monde non automobile. On constatera aussi que, quels que soient les dégâts humains et environnementaux provoqués par le développement inéluctable de l'organisme homme-automobile, rien ni personne ne paraît aujourd'hui en mesure d'arrêter son expansion."
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automates-intelligents-html - Lettre Automates Intelligents 80 (version html) - 25 aout 2008: "Prenons pour illustrer un propos qui pourrait demeurer trop abstrait, parmi des centaines d'autres possibles, l'exemple de trois grands organismes zootechniques qui influencent en profondeur l'évolution des écosystèmes contemporains. Il s'agit du système [homme-arme individuelle], du système [homme-automobile] et du système [homme-robot autonome]. Le premier remonte à l'histoire des civilisations, le second a pris un grand essor à partir du début du 20e siècle au sein des sociétés industrielles, le troisième commence à se mettre en place dans certaines sociétés technologiquement avancées."
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