9.12.08
23.11.08
Trois changements de paradigme
L’imagerie cérébrale a apporté un véritable changement de paradigme : la capacité à observer le cerveau en fonctionnement. Encore récemment, on ne pouvait faire que des études post mortem. Avec la possibilité d’étudier l’activité cérébrale grâce à une variété de moyens, la compréhension des phénomènes neuronaux prend un tout autre essor.Un deuxième changement de paradigme est associé cette fois aux sciences cognitives. Auparavant, il n’était possible d’étudier les comportements qu’en prenant le cerveau comme une boîte noire. Un stimulus à l’entrée devrait produire telle réaction. Mais il existe de nombreuses boucles de rétroactions dans les réseaux neuronaux. Mieux, l’activité cérébrale change le cerveau lui-même en créant de nouvelles synapses, de nouveaux neurones.Le cerveau a une extraordinaire plasticité qui lui permet de s’adapter aux événements. Mais la conséquence de cela est qu’un deuxième stimulus, identique au premier, ne produira pas le même résultat. Le développement de la simulation sur ordinateur de fonctions cognitives a donné la possibilité d’étudier l’intérieur de la boîte noire en permettant de comparer les résultats des fonctions simulées avec ceux des fonctions cérébrales. Le cognitivisme va plus loin encore en considérant que le cerveau n’est pas simplement simulable mais qu’il est également lui-même un système de traitement de l’information (une machine de Turing).Cette évolution rapide de la connaissance du cerveau et des fonctions cérébrales a permis de mieux comprendre non pas seulement un objet extérieur, comme cela a été l’objet principal de la science, mais d’étudier notre mode de pensée lui-même. La cognition réfléchie nous permet de nous comprendre nous-mêmes. La philosophie et la science, qui ont suivi un temps des chemins différents, pourraient de nouveau se rapprocher. Les sciences cognitives peuvent-elles apporter un fondement scientifique et même calculatoire de l’éthique et des systèmes de loi ? Une éthique cognitive ? Ce domaine de recherche est actuellement appliqué aux elfes, des automates virtuels qui nous aident dans notre vie ordinaire mais qui doivent aussi respecter des règles – par exemple, savoir &agr! ave; qui diffuser des informations sur la santé d’une personne. Au-delà de la compréhension, on peut également imaginer transformer l’homme lui-même : dans ses aptitudes physiques, ses perceptions, mais également dans ses facultés intellectuelles.Bien que le transhumanisme soit largement spéculatif, il est d’ores et déjà possible non seulement de réparer mais aussi d’augmenter certaines caractéristiques de l’homme. À terme, ces techniques pourraient conduire à des scissions de l’humanité en plusieurs groupes ayant des facultés physiques ou intellectuelles différentes.
"Il y a des progrès technologiques au-delà desquels on ne peut pas aller. On ne peut pas inventer une cuillère mécanique, celle d’il y a deux mille ans fait encore très bien l’affaire. On a abandonné le Concorde qui pourtant faisait Paris-New York en trois heures. Je ne suis pas sûr qu’ils aient bien fait, mais le progrès peut aussi signifier faire deux pas en arrière, comme revenir à l’énergie éolienne au lieu du pétrole et des choses de ce genre. Soyez tendus vers le futur !"
Ce que les nanotechnologies changent
Un premier changement de paradigme vient de la taille même des nanotechnologies. Elles sont du même ordre de grandeur que celui des macromolécules utilisées par le vivant, ce qui permet d’imaginer construire des objets aux fonctions similaires ou pouvant agir directement sur les cellules vivantes. De même, la maîtrise au niveau nanométrique permet de doter des matériaux de fonctions particulières. Par exemples, la longueur d’onde de la lumière visible étant de l’ordre de 400 à 700 nm, de nombreuses applications optiques deviennent possibles. Certaines particularités utilisées par les êtres vivants sont également dans ces ordres de grandeur, comme les poils de gecko – qui lui donnent une adhérence sur toutes les surfaces. La maîtrise des technologies &a! grave; des niveaux nanométriques devrait donc s’accompagner d’une explosion d’innovations dans des secteurs extrêmement variés (médecine, optique, matériaux, etc.).
Un deuxième changement de paradigme est soumis à notre capacité, encore hypothétique, de réaliser des nanosystèmes moléculaires et même atomiques. En atteignant une maîtrise au niveau des briques de base, il devient possible d’envisager une approche “bottom-up”, par assemblage, molécule par molécule ou atome par atome plutôt que par usinage. Cette inversion dans le mode de construction, si elle devient un jour possible, aurait des conséquences importantes dans notre maîtrise de la fabrication d’objets complexes. L’arrivée d’imprimantes 3D moléculaires ou atomiques aurait également un impact économique en rendant les objets matériels aisément duplicables comme le sont les biens matériels, offrant ainsi une éco! nomie de l’abondance (ce qui nécessiterait une révision profonde des modèles économiques sur lesquels se fondent le développement de nos sociétés). Enfin, une approche par agrégation, en cas de non-maîtrise, porte des risques de prolifération qui nourrisent les peurs face à l’arrivée de systèmes autoréplicateurs comme l’évoque Michael Crichton dans La Proie.
21.11.08
Enfin,il y a quelques jours, des chercheurs de l’institut de recherche public nippon Riken sont parvenus à générer des tissus du cortex cérébral à partir de cellules souches prélevées sur un embryon (Voir article dans notre rubrique "Sciences de la Vie).
Ces récentes et remarquables avancées de la recherche montrent que l’on pourra un jour sans doute pas si lointain, grâce à la maîtrise de l’utilisation des cellules souches, régénérer complètement des organes lésés ou détruits et restaurer des fonctions physiques ou cognitives altérées par l’âge ou la maladie. C’est donc bien une nouvelle révolution médicale qui est en train de s’accomplir sous nos yeux.
5.10.08
30.9.08
Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette "rencontre" inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce "cap des tempêtes", nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.
« Le métissage, écrit-il, ce n’est pas la négation des différences mais leur combinaison créative. Le métissage n’annihile pas les catégories - nationales ou ethniques – d’origine, il les mêle dans le creuset d’où naîtra une identité « autre ». Et d’insister sur ce point essentiel : la modernité métissée est « à la fois un prolongement de l’ancienne modernité européenne et une rupture avec l’occidentalo-centrisme de celle-ci. »
19.9.08
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
Loin d’affaiblir ou d’infirmer la théorie de l’évolution de Darwin, comme l’ont prétendu pour des raisons idéologiques certains courants créationnistes, la théorie de Gould, qui n’a jamais contesté les principes d’évolution des espèces et de sélection naturelle, est au contraire venue enrichir, élargir et complexifier de manière remarquable la vision darwinienne en utilisant tous les nouveaux outils scientifiques disponibles et en introduisant les notions clés de contingence et de macroévolution."
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
Pour Gould, la sélection naturelle ne peut pas, à elle seule, déterminer toutes les formes prises par les espèces dans le processus de l’évolution. Elle agit en synergie avec deux autre facteurs majeurs : les gènes architectes (dits ' gènes homéotiques '), qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes lignes dans la plupart des embranchements et la capacité de changement au cours du temps de la fonction adaptative. Gould a magistralement forgé et étayé un concept d’une grande richesse qui veut rendre compte de l’extrême diversité et complexité du vivant : la macroévolution."
[@RT Flash] Lettre 487 du 19 au 25 septembre 2008 - @ Tregouet
12.9.08
Cela implique un retour aux formes de sacralité primitives, où chaque groupe, chaque guilde possède ses propres rites, ses propres mythes, ses propres “mystères” : cultes des forgerons, des chasseurs, des hommes et des femmes, des agriculteurs… Dans nos sociétés, des institutions comme le compagnonnage ou la franc-maçonnerie (qui à l’origine était constituée de véritables maçons, de bâtisseurs de cathédrales) sont des survivances de ces systèmes de valeurs propres à une corporation.
6.9.08
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Une étape majeure vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire
En s’inspirant de la photosynthèse, des chercheurs américains du MIT, dirigé par Daniel Nocera, ont franchi une étape décisive vers la production d’hydrogène à partir d’énergie solaire. On sait depuis longtemps la réaliser en apportant de l’énergie sous forme électrique. C’est l’électrolyse. En plongeant deux électrodes dans l’eau et en appliquant une tension suffisante, on obtient un dégagement d’oxygène à l’anode et d’hydrogène à la cathode. Mais l’idée d’effectuer la réaction sans autre apport d’énergie que celle du soleil hante les laboratoires depuis longtemps. L’hydrogène, que l’on commence à savoir enfermer dans des réservoirs, est bien plus commode à stocker que l’électricité. On peut ensuite récupérer l’énergie ainsi mise en réserve, par exemple dans une pile à combustible où s’effectue la réaction inverse, produisant de l’eau et du courant électrique. L’hydrogène peut aussi être utilisée par d’autres moyens. L’énergie solaire pourrait alors être utilisée de manière plus souple qu’en produisant de l’électricité au gré de l’ensoleillement.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir pour égaler l’efficacité des plantes vertes. L’électrolyse réclame énormément d’énergie alors que la photosynthèse se contente de peu. Si l’on parvient à trouver un moyen pour réaliser l’électrolyse avec une quantité d’électricité suffisamment faible, celle-ci pourrait être alors fournie par des cellules solaires. Les chercheurs sont persuadés que la solution se trouve dans le domaine de la chimie et en particulier des catalyseurs, ces molécules capables d’accélérer considérablement une réaction chimique sans être elles-mêmes altérées.
L’équipe de Daniel Nocera vient de présenter une remarquable avancée dans ce domaine en mettant au point un catalyseur à la fois efficace et bon marché. Alors que les recherches précédentes suivaient la piste d’un matériau à la structure maîtrisée, celui des chercheurs du MIT est amorphe et se forme de lui-même en s’accumulant spontanément autour de l’électrode (l’anode, en l’occurrence).
Cette dernière est constituée d’un oxyde d’étain et d’indium, plongée dans une solution contenant du phosphate de potassium et du cobalt. Sous l’action du champ électrique, ces éléments s’accumulent autour de l’anode où ils deviennent un catalyseur très efficace pour rompre la molécule d’eau et produire de l’oxygène gazeux, qui s’échappe, et des ions d’hydrogène, qui restent dans la solution.
Le soleil offre un immense potentiel comme source d’énergie propre pour l’humanité. En une heure, le soleil fournit assez d’énergie à la Terre pour couvrir une année de consommation énergétique mondiale. Pour James Barber, scientifique de renom mondial dans l’étude de la photosynthèse "Cette découverte de Nocera Kanan est un pas de géant vers l’utilisation massive et peu coûteuse de l’énergie solaire en substitution des énergies fossiles".
Dans Technology Review, la revue de MIT, Karsten Meyer professeur de chimie à l’université allemande Friedrich Alexander considère même qu’il s’agit là de l’une des plus grandes découvertes du siècle Dans une déclaration publique, les chercheurs du MIT ont indiqué qu’ils espéraient que tous les foyers soient alimentés de cette manière d’ici une dizaine d’années. L’énergie produite le jour serait stockée sous forme d’hydrogène pour la nuit.
MIT