1. Les contraintes majeures auxquelles l'humanité sera confrontée Il faut examiner l'avenir du nucléaire et plus généralement de toutes les technologies aujourd'hui émergentes en tenant compte des contraintes majeures auxquelles, du fait de leur propre évolution, les sociétés anthropotechniques (ou si l'on préfère parler plus simplement, l'humanité mondiale) seront confrontées dans les 50 à 100 prochaines années. Selon cet auteur, d'ici 2050, horizon auquel il limite sa prospection, l'humanité comme avec elle le monde biologique terrestre et maritime affronteront quatre grands phénomènes irrévocables dont chacun mériterait à lui seul de longs développements : Les conséquences généralement perturbatrices du réchauffement climatique, Le phénomène général de la mondialisation
dans le présent siècle
Il s'agit là de thèmes de prospective et de débats qui font par ailleurs l'objet de nombreuses discussions entre experts et scientifiques. Malgré de fréquentes divergences d'approches, de grandes lignes paraissent pouvoir en être dégagées. On doit impérativement en tenir compte dans la réflexion engagée ici. Peut-on les résumer en quelques mots ?
Le pronostic que vient de proposer le géographe et spécialiste en sciences de la Terre Laurence Smith dans un livre récent «The World in 2050»(3), nous paraît recevable. Certains diront même qu'il est banal, le constat ayant déjà été fait par de nombreux prospectivistes(4). Encore faut-il méditer ce qu'il implique.
La croissance démographique
Contrairement à ce qu'en disent les théoriciens de la «transition démographique» le développement démographique humain paraît loin d'être maîtrisé sur la période. Selon les pays, il se traduira par des natalités excessives mais aussi par des vieillissements inquiétants. L'augmentation de la population contribue en premier lieu à la raréfaction des ressources naturelles (voir ci-dessous). On explique qu'en mutualisant les ressources, notamment alimentaires, l'humanité pourrait faire face à cet accroissement. Mais cette mutualisation ne sera pas facilement acceptée par les bénéficiaires actuels des surplus.
Une raréfaction croissante des ressources naturelles
Cette raréfaction ira jusqu'à la disparition de nombre de ressources naturelles, notamment dans le domaine biologique. La mise au point de nouveaux procédés (y compris la récupération) et de nouveaux produits ne pourra pas pallier les manques, du fait des coûts et délais impliqués, mais aussi parce que les nouveaux produits sont eux-mêmes consommateurs de ressources en voie de raréfaction.
quelles qu'en soient les causes
Ce point n'est plus discuté par les scientifiques sérieux. Il entraînera une remontée vers les pôles des températures moyennes et de nombreux phénomènes catastrophiques météorologiques et climatologiques. Plus vite peut-être qu'actuellement envisagée se manifestera aussi la montée du niveau des eaux maritimes imposant l'exode d'activités urbaines et industrielles parmi les plus productives du monde.
Ce terme recouvre quantités de phénomènes dont certains peuvent être considérés comme positifs mais d'autres dangereux. On met à l'actif de la mondialisation la diminution du coût de certains biens de consommation due à la concurrence entre producteurs. Les niveaux de vie de nombreuses populations pauvres en ont bénéficié. Mais le processus a son aspect négatif. La diffusion des modèles de consommation propres aux classes riches des pays riches à travers la publicité commerciale sur les réseaux numériques conduit à une explosion globale des besoins exprimés, que les ressources mondiales actuellement disponibles ne permettront pas de satisfaire. Nul ne peut envisager sérieusement que chaque habitant de l'Asie ou de l'Afrique puisse disposer par exemple d'une automobile, comme la majorité en Europe ou en Amérique. La mondialisation telle qu'elle s'organise dans le cadre du capitalisme et du libéralisme économique conduit plus généralement à la domination de modèles de consommation et de modèles de société qui sont à l'opposé des modes de vie plus associatifs, plus mutualistes et orientés vers de nouvelles valeurs encore à inventer.
13.4.11
3.4.11
Les sciences de de la complexité ont le vent en poupe, notamment chez les adeptes des nouvelles technologies. La question est toutefois : servent-elles à quelque chose ? En clair, peuvent-elles prédire ? Ou sont-elles condamnées à produire des analogies et des graphismes, certes impressionnants, mais dont la valeur heuristique est nulle ou presque ?
11.3.11
Kelly ne nie pas le consumérisme qui est parfois à l’oeuvre dans la création de nouveaux outils, et une possible addiction à l’innovation. Mais, reprend-il, quand nous créons une nouvelle technologie, il y a accroissement des choix, des possibilités et des différences. Et c’est bon. Parce le génie a besoin d’outils propres pour s’exprimer. Mozart avait besoin des technologies du piano et du clavecin pour découvrir et développer son génie musical. Imaginez si Mozart était né 2 000 ans avant l’invention du piano et de la symphonie. Et Kelly de répéter le même raisonnement avec Van Gogh et Georges Lucas. [...] Ce dont il s’agit, ce n’est pas simplement l’invention de la nouveauté. Quand nous créons des technologies, nous participons en fait à quelque chose qui nous dépasse. Nous déployons les mêmes forces que celles qui font la vie, nous accélérons l’évolution vers l’avenir et nous augmentons les possibilités pour nous, nos enfants, et le monde en général. C’est “ce que veut la technologie”. http://www.internetactu.net/2011/03/07/lequilibre-positif-de-la-technologie/
Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, le technium suit les mêmes modèles que ceux que Darwin a identifiés pour la vie : à savoir “l’évolution” [...]. De la même manière qu’on observe au long de l’évolution de la vie une complexité croissante, une diversité croissante et une spécialisation croissante, [...] la technologie sera dans l’avenir plus complexe, plus diverse et plus spécialisée. Cette conception de la technologie a un versant sombre [...]. Chaque nouvelle invention apporte autant de solutions qu’elle créé de problèmes. [...] De là on pourrait conclure que le technium est neutre. Mais ça n’est pas si simple, ajoute Kelly. Quand nous avons inventé un nouvel outil, mettons le marteau, nous avons en même temps créé un nouveau choix : s’en servir pour détruire, ou pour créer, pour tuer quelqu’un, ou pour construire une maison. Cette décision était une option, une chance, une possibilité, que nous n’avions pas avant que cette invention n’existe.
Avant Darwin, explique Kevin Kelly, l’étude de l’histoire naturelle se résumait à une collection infinie de spécimens disposés dans des boites en verre. Il n’y avait aucun schéma organisateur pour y mettre de la vie. Darwin, avec la théorie de l’évolution, a apporté une logique à ce défilé d’organismes. Nous sommes aujourd’hui dans une situation semblable avec la technologie, poursuit Kevin Kelly. Alors même que nous sommes entourés de millions d’inventions, aucune théorie ne nous permet de les comprendre. Nous avons tendance à considérer notre monde technologique comme une suite infinie de nouveautés, sans y voir aucun ordre. Mon but, dit Kelly, est de proposer une théorie relative à la technologie, un cadre qui donne une logique et un contexte à ce défilé d’innovations. Mais, pour commencer, précise Kelly, je dois dire que j’ai une vision assez particulière de ce qu’est la technologie. Beaucoup ont tendance à penser que la technologie, ce sont des trucs qui ont été inventés après notre naissance, ou qui ne fonctionnent pas encore. Bref que c’est nouveau. Or, insiste Kelly, la technologie inclut des inventions anciennes, comme les montres ou les leviers, et du matériel qui fonctionne très bien, comme le béton et les briques. La grande majorité des technologies ont été inventées bien avant notre naissance. A ces choses matérielles, il faut ajouter ce qui est intangible : le calendrier, les principes de la comptabilité, les lois, les logiciels. Mais aussi l’organisation sociale, les villes. La technologie, c’est tout cela. Plus important, ajoute Kelly, la somme de ces technologies forme un tout qui interagit un peu à la manière d’un écosystème. Ce super système d’inventions interdépendantes, je l’appelle “technium”. Comme la vie elle-même, ce système dans son ensemble n’a pas le même comportement que chacune de ses parties. De la même manière qu’il n’y a rien de la ruche dans une seule abeille, le comportement du technium n’est pas visible dans un iPhone, un couteau ou un réfrigérateur. C’est dans le système dans son ensemble que l’on peut ressentir la vraie influence de la technologie.
8.3.11
Dans La Fin de l'homme, Fukuyama exprime ses inquiétudes face aux progrès des biotechnologies et en particulier de leurs applications possibles sur l'être humain. Parce qu'elles seront capables de transformer l'homme à un degré insoupçonné jusqu'alors, elles risquent d'avoir des conséquences extrêmement graves sur le système politique. Il est un ennemi acharné du transhumanisme, mouvement appelant de ses voeux de nombreuses évolutions technologiques afin de modifier l'humain et la société, notamment dans le domaine des biotechnologies.
4.3.11
En utilisant ces nouveaux outils logiciels, on imagine à peine le niveau d'analyse et de synthèse que pourront atteindre les superordinateurs de prochaine génération qui verront le jour avant la fin de cette décennie et disposeront d'une puissance de calcul qui défie l'entendement : 1000 milliards de milliards d'opérations par seconde ! (Voir mon éditorial "2020 : l’odyssée du superordinateur exaflopique"http://www.rtflash.fr/2020-l-odyssee-superordinateur-exaflopique/article).
De telles machines pourront comprendre et traiter en temps réel la plupart des demandes humaines les plus complexes et les plus ambiguës, ce qui changera radicalement les relations homme-machine et démultipliera nos capacités cognitives et heuristiques à l'infini, provoquant en retour une accélération sans précédent du progrès scientifique et technique.
15.2.11
8.2.11
Par bonheur, cette option morale peut être abordée sur un plan purement organisationnel : Saadi Lahlou nous démontre que lindividu en situation de travail vise non seulement à son autoconservation, ni même seulement à satisfaire ses motivations les plus abstraites et lointaines dans le temps (au sens de leur réalisation potentielle), mais encore vise à satisfaire lautoconservation et les objectifs dorganisations desquelles il participe (famille, entreprise, groupe social )(3). Face à une situation donnée, il a toujours à composer entre ce quil juge bon pour lui et ce que les organisations dappartenance lui réclament de faire pour assurer leur propre autoconservation. Lindividu se trouve ainsi devoir composer entre de multiples attracteurs, parmi lesquels certains pourront gravement compromettre son intérêt, pour le bénéfice de ce quon peut appeler un super-organisme.
7.2.11
On peut citer en premier lieu les «murs intelligents». Le plus "ambitieux" de ceux-ci est la grande muraille que les Etats-Unis sont en train d'établir entre eux et le Mexique. L'objectif est d'empêcher les incursions non seulement des Mexicains mais de tous les latino-américains attirés par la prospérité du Nord. A plus petite échelle, mais depuis plus longtemps, Israël a établi de tels murs pour délimiter certains implantations et les protéger d'intrusions en provenance de la Palestine ou des pays arabes. L'Espagne protège par un mur ses deux enclaves de Ceuta et Melilla en territoire marocain. Aujourd'hui, la Grèce demande qu'un mur intelligent soit édifié sur la partie de sa frontière terrestre avec la Turquie qui n'est pas naturellement défendue par le fleuve Eyros. Sur la frontière américano-mexicaine, le mur classique, complété de fossés et barbelés, patrouillé par de trop peu nombreux garde-frontières en 4/4, s'était révélé bien insuffisant. Violé en permanence, il n'avait qu'une utilité de principe. Les projets actuels consistent donc à doubler la muraille physique par des «senseurs» répartis très en amont (à l'extérieur) et capables en principe de distinguer et identifier tous les signes pouvant laisser penser à une tentative d'intrusion. Dès que le risque s'en précise, des robots ayant l'allure de petits chars d'assaut équipés de caméras identifient les intrus et s'efforcent de les décourager d'insister. Si besoin est, un drone (aujourd'hui de type Predator) intervient à son tour. Tout ceci laisse le temps aux gardes-frontières humains de réagir.
Dans l'avenir, en cas d'invasion massive, des unités militaires spéciales, ou fournies par des sociétés civiles de sécurité ad hoc (véritables «chemises brunes» selon les détracteurs américains de ces procédés) prendront les affaires en mains. Tout laisse penser qu'ils se comporteront dans cette tâche avec la brutalité de véritables robots.
1.2.11
Mais la croissance démographique n’a pas étélinéaire, et je trouve qu’il est du plus grand intérêt, fascinant même, de regarder de près les chiffres de cette croissance. Les démographes les ont établis pour la période 1800-2010 et en projection pour les quarante ans qui nous séparent de 2050. Pour passer de 1 milliard à 2 milliards, l’humanité a mis sensiblement plus d’un siècle. Le deuxième milliard a été atteint en 1927 ou 1928.
28.1.11
La première de ces représentations faussées est la méconnaissance de la force de l’Internet. Dans nos vieilles démocraties et surtout dans les dictatures, les médias classiques sont plus visibles mais de moins en moins crédibles. Notre monde est passé, en une décennie, d’un univers dominé par des entreprises médiatiques de grande taille à un éclatement de la circulation de l’information, une implosion entropique, au bénéfice de la multiplicité des sites Internet, des blogs. Ce phénomène ressemble, à l’échelle planétaire, à l’explosion des radios libres en France au début des années 80, qui a rompu le monopole des grandes radios de l’époque.
On est passé d’une logique de tuyaux à une logique de réseaux, à un univers totalement éclaté, qui a permis, en Tunisie, de contourner la censure, de faire circuler l’information et de partager une analyse collective de la situation par la société civile tunisienne. Il n’y a donc plus quelques leaders charismatiques, mais une multiplicité de points de vue, de blogueurs, de journalistes auto-proclamés. Cette communauté a construit, devant l’obstacle que représentait Ben Ali et ses sbires, une stratégie de combat commune, partagée et réactive. Elle était totalement inconnue de nos experts et journalistes français.
En effet, l’univers médiatique permet à une minorité, en se cooptant mutuellement, grâce à des codes sociaux partagés, de rester « entre soi ». Cette minorité ignore le bouillonnement de l’Internet et n’a donc pas toujours conscience de la révolution en cours. Le village planétaire de Marshall McLuhan ne concerne plus uniquement les élites, il s’est élargi à toutes les populations lettrées, assez armées à la fois intellectuellement et du point de vue informatique pour participer au village global, en Tunisie, comme partout dans le monde.
20.1.11
L’équipe a constaté le même type de relation entre la consommation d’énergie et le produit intérieur brut (PIB) par individu que le métabolisme et le poids du corps chez l’animal.
Le groupe de recherche suggère que cette similitude est bien réelle : les villes et pays, tout comme les animaux, ont des métabolismes qui doivent brûler du carburant pour se maintenir et se développer. Cette analogie, avec les données et la théorie, renforce l’idée que le lien entre la consommation d’énergie et l’activité économique est causale. Cependant d’autres facteurs doivent également entrer en jeu pour expliquer la variabilité dans les données.
L’étude montre ensuite que les variables relatives au niveau de vie, tels que la proportion de médecins dans une population, le nombre de téléviseurs par personne, et le taux de mortalité infantile, sont également corrélées avec la consommation d’énergie et le PIB par individu. Ces corrélations conduisent les auteurs à leurs conclusions sur l’augmentation de la production d’énergie nécessaire pour maintenir une population mondiale toujours croissante, sans baisse du niveau de vie.
Il y a a la fois une relation inséparable et une contradiction formidable entre l'unité techno-économique du globe et la prolifération d'Etats souverains.
En meme temps, et en dépit de l'hégémonie techno-économico-militaire des Etats-Unis se développe un monde multipolaire dominé par de grands blocs aux intérets a la fois coopératifs et conflictuels, ou les crises multiples augmentent a la fois les nécessités de coopération et les risques de conflit.
Enfin la globalisation a produit comme l'infra-texture d'une société-monde. Une société nécessite un territoire comportant de permanentes et innombrables intercommunications, ce qui est arrivé a la planete; elle nécessite sa propre économie, ce qui est la cas de l'économie mondialisée; mais il lui manque le contrôle de l'économie; il lui manque les autorités légitimes dotées de pouvoirs de décision ; il lui manque la conscience d'une communauté de destin, indispensable pour que cette société devienne Terre Patrie. Aussi ce ne sont pas seulement les souverainetés absolues des Etats-Nations, c'est aussi le mouvement techno-économique de la globalisation qui, parce qu'incontrôlé, empeche la formation d'une société monde
La globalisation a comporté, suite a l'effondrement de l'URSS et la déconfiture du maoisme, une vague démocratisante en diverses parties de la planete, une valorisation des droits de l'homme et des droits de la femme, dont les effets sont demeurés incertains et limités. Elle a comporté également trois processus culturels a la fois concurrents et antagonistes, d'une part un processus d'homogénéisation et de standardisation selon les modeles nord-américains, d'autre part un contre processus de résistances et de refloraisons de cultures autochtones, et, en meme temps, un processus de métissages culturels.
14.1.11
Il y a 5 ans, John Wilmoth, de l’Université de Berkeley, en Californie, a publié dans la revue Science, un article qui a eu un grand retentissement et qui montre que l’âge maximal de la mort augmente depuis un siècle et demi, connaissant même une hausse rapide depuis 30 ans. Et, sous réserve d’adopter une bonne hygiène de vie, rien ne laisse présager qu’il va plafonner. L’idée d’une limite biologique à notre durée de vie est donc sans fondement sérieux, estime-t-il. Ces travaux établissent que depuis 1841, l’espérance de vie a "imperturbablement" augmenté de trois mois par an. Un constat dont ils tirent la conclusion qu’"il n’y a aucune raison de penser que la progression de l’espérance de vie puisse s’arrêter avant longtemps". Pas si sûr ou, en tous cas, pas au même rythme.
L’Australie détient le record de l’espérance de vie durant une bonne partie du XXe siècle. Des années 1960 à aujourd’hui, l’espérance de vie fait un nouveau bond, moins important cependant que pendant la période précédente, grâce, cette fois, "à la révolution cardiovasculaire".
L’accélération, importante entre 1960 et 1995, devient encore plus rapide entre 1995 et 2003. Dans les années 1970, l’Islande se hisse au tout premier rang des pays où l’on vit le plus longtemps, détrôné depuis le début des années 1980 par le Japon, qui, avec 86,4 ans pour les femmes, bat tous les records de longévité, les Nippones devançant les Hongkongaises (86,1) et les Françaises (84,5).
Côté masculin, c’est le Qatar qui remporte la palme, avec une espérance de vie de 81 ans, devant Hongkong (79,8 ans), l’Islande et la Suisse (79,7 ans). Un progrès dont est encore exclue une immense partie de la population humaine : en Afrique, l’espérance de vie à la naissance est de 55 ans et en Asie de 69,6 ans.
L’histoire de l’évolution de l’espérance de vie indique que les progrès récents ont été obtenus principalement "grâce à une accélération de la baisse de la mortalité aux grands âges". D’où l’idée que tout se jouera désormais "au-delà de 80 ans".
Édito : Espérance de vie : jusqu’où ?
Dans une récente publication intitulée "Espérance de vie, peut-on gagner trois mois par an indéfiniment ?", les chercheurs de l’INED retracent les progrès accomplis grâce aux bonds en avant médicaux et tentent de cerner les facteurs qui pourraient permettre de repousser encore les limites de la vie humaine.
27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes en 1750, 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes aujourd’hui, sans doute centenaires demain... En deux siècles et demi, l’espérance de vie a progressé de façon tellement spectaculaire que l’Institut national des études démographiques (INED) s’interroge : "Peut-on espérer continuer sur cette voie encore longtemps ?"
La question taraude les scientifiques. De record en record, nombreux sont ceux qui ont essayé de trouver la limite. A la fin des années 1920, l’Américain Dublin pronostiquait que l’espérance de vie des femmes ne pourrait jamais dépasser 64,7 ans. Le démographe ne savait pas que c’était un "seuil qu’avait déjà franchi l’Australie dès 1925"... En 1952, le démographe français Pichat estimait que l’espérance de vie plafonnerait à 78,2 ans. Sa prédiction est démentie, l’Islande ayant atteint ce niveau en 1975.