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Ils ont mis au point un modèle mathématique, qui permet de connaitre le nombre d’espèces à partir de la classification des êtres vivants. Ils l’ont appliqué sur des parties bien connues de la classification puis l’ont extrapôlé à l’ensemble de l’arbre du vivant. Voilà ce qu’ils obtiennent : il existerait 2,2 millions d’espèces marines et 6,5 millions d’espèces terrestres. Il y aurait 7,77 millions d’espèces d’animaux, 298 000 de végétaux et 611 000 de champignons. Rapporté au nombre d’espèces déjà connu, cela signifie qu’il reste à découvrir 86 % des êtres vivants terrestres, et 91 % de ceux vivants dans les océans. D’après les scientifiques, les spécimens inconnus ne vivraient que dans des zones géographiques très restreintes ou peu accessibles, comme les fonds marins. Les chercheurs ont également estimé qu’il faudrait 1 200 ans et 303 000 taxonomistes pour répertorier l’ensemble de la biodiversité mondiale. Le problème est que selon le rythme des extinctions, certaines auront disparu de la planète avant même que nous ayons eu connaissance de leur existence. PLOS | |||||||
30.9.11
29.9.11
Des scientifiques sur le point de lire dans les pensées d'autrui
Armés d'un scanner et d'un ordinateur, des scientifiques ont pu décoderdes signaux cérébraux et reconstruire les images d'un film visionné par trois sujets, pour les convertir en modèle informatique. Shinji Nishimoto, principal auteur de cette étude parue dans la revue américaine Current Biology, et ses collègues ont regardé deux extraits de film. Pendant ce temps, un scanner mesurait les flux sanguins dans leur cortex visuel, la zone du cerveau qui traite les images. Ces mesures ont été enregistrées dans un ordinateur qui, seconde après seconde, a pu lier les images vues par les sujets à une activité cérébrale correspondante. A l'issue de l'expérience, l'ordinateur a pu reconstruire des images, floues, des extraits de films visionnés auparavant par les trois sujets.
Jusqu'à présent, cette technique, qui combine l'imagerie par résonance magnétique (IRM) et des modèles informatiques, peut seulement reconstruire des extraits de films que les volontaires de l'expérience ont déjà vus auparavant. Mais "notre expérience visuelle naturelle est similaire à la vision d'un film", relève Shinji Nishimoto. Elle ouvre donc potentiellement la voie à une technologie capable de voir des images à l'intérieur de notre tête – comme des rêves ou le "film" de la mémoire –, estiment ces scientifiques de l'université de Californie, à Berkeley, aux Etats-Unis.
"C'est un pas important vers la reconstruction de l'imagerie interne du cerveau", juge le Professeur Jack Gallant, neurologue de cette université et coauteur de ces travaux. Selon lui, "nous ouvrons une fenêtre sur les films projetés dans notre esprit".
Ce modèle n’explique pas à lui seul, selon Kuziemko et Norton, les raisons pour lesquelles des populations à moyen ou bas revenu voteront contre leurs intérêts économiques. Ils évoquent aussi le fait que les Américains connaissent mal la réalité des inégalités actuelles. Aujourd’hui, 20% des Américains possèdent 85% de la richesse nationale, alors que la part des 40% les plus pauvres est insignifiante. Mais des études montrent que l’Américain moyen est sous l’illusion que les 20% les plus riches n’en possèdent que 59% de la richesse nationale et que la part des 40% les plus pauvres est non négligeable. D’autre part, Kuziemko et Norton cite des recherches qui indiquent que les Américains sur-estiment de manière dramatique la probabilité qu’ils arriveront à améliorer leur propre sort économique...
Ce n’est sans doute pas en essayant de contrarier cette « passion pour l’égalité » s’exprimant par un désir de ne pas se trouver en dernière position que ni Barack Obama, ni la gauche américaine pourront commencer à réduire les inégalités flagrantes de la société américaine actuelle. Mais comme le rappellent Kuziemko et Norton, ces inégalités sont perpétuées sur le plan politique par des illusions : une mauvaise connaissance de la réalité de la distribution de la richesse, une foi chimérique dans la possibilité d’améliorer son sort. C’est sans doute à ce niveau que les démocrates auront une possibilité de regagner les classes populaires et moyennes. Mais le mérite des recherches de Kuziemko et Norton est avant tout de nous rappeler que, même dans le domaine économique, les passions comptent tout autant que les seuls intérêts.
Kuziemko et Norton prétendent que le caractère déterminant du « dégout de la dernière place » augmente à mesure que le revenu diminue. La crainte de se retrouver en dernier place n’empêche pas de dormir ceux qui se retrouvent au milieu d’une distribution salariale. Par contre, les plus démunis et ceux qui se trouvent dans une situation économique légèrement supérieur à ceux-ci sont hantés par le fait qu’ils pourraient se trouver en dernier place – ou qu’ils y sont déjà.
Les conséquences de cette intuition pour l’économie politique sont considérables. Elle explique, en somme, pourquoi certains seraient portés à voter contre leur intérêt économique (celui-ci étant compris comme simple désir d’augmenter son revenu). Ceux qui se trouvent dans la tranche salariale légèrement au-dessus de la tranche inférieure s’opposeraient à des politiques de redistribution qui risqueraient de donner un coup de pouce aux plus infortunés qu’eux. La redistribution, en somme, menace leur statut d’« avant-derniers ». Kuziemko et Norton montrent très clairement que ces considérations se révèlent déterminants, par exemple, dans les attitudes envers le salaire minimum. Selon leurs recherches, ce sont précisément les Américains qui gagnent entre $7,26 et $8,25 par heure – soit un peu plus que le salaire minimum actuel ($7,25) – qui sont les plus susceptibles de s’opposer à ce que le salaire minimum augmente.
Affirmer que le phénomène des Big Data participe de certains des plus grands changements historiques et philosophiques ne revient pas à suggérer qu’il en soit le seul responsable. Le monde académique n’est en aucun cas l’unique moteur du tournant computationnel. Il existe un mouvement de fond, gouvernemental et industriel, pour récolter et extraire le maximum de valeur des données, qu’il s’agisse d’informations qui permettront de mieux cibler les publicités, du design de produits, de la planification du trafic ou de la lutte contre le crime. Mais nous croyons réellement qu’il existe de nombreuses et sérieuses conséquences à l’opérationnalisation des Big Data, et à ce que cela va signifier pour l’agenda scientifique. .. Lorsque nous les utilisons, nous devrions donc également prendre en considération la manière dont ils participent à la construction du monde. L’ère des Big Data vient à peine de commencer, mais il est d’ores et déjà important que nous nous mettions à interroger les hypothèses, les valeurs, et les partis-pris de cette nouvelle vague de recherches...
Il ne suffit pas de simplement demander, comme le suggère Anderson “Qu’est-ce que la science peut apprendre de Google ?”, mais il faut se demander comment Google et les autres moissonneurs de Big Data peuvent changer le sens même d’apprendre, et quelles nouvelles possibilités et limites pourraient accompagner ces systèmes de connaissance.
Durant les premières décennies du 20e siècle, Henry Ford a imaginé un système de production pour la fabrication de masse, utilisant des machines spécialisées et des produits standardisés. Simultanément, il est devenu la vision dominante du progrès technologique. Impliquant des chaînes d’automatisation et d’assemblage, le fordisme est devenu l’orthodoxie de la production pour les décennies suivantes : adieu les artisans compétents et le travail lent, bienvenue dans une ère du “fait à la machine” (Baca 2004). Mais il s’agissait de bien plus que d’un nouvel ensemble d’outils. Le 20e siècle fut profondément marqué par le fordisme : ce dernier a produit une nouvelle compréhension du travail, de la relation humaine au travail et plus largement de la soci&eacut! e;té.
Pour que la parole naisse, il faut être deux. Avant d’étudier les structures du langage, il faut donc réfléchir à la nature d’une communication, et sur ce que peut être une communication réussie. Le langage n’est donc pas quelque chose qui se trouve à l’intérieur de chaque individu, mais une création collective qui s’opère lors de la communication.
10.9.11
Jusqu'à récemment, la communication par les opérateurs de téléphonie des factures détaillées (les "fadettes") de leurs clients aux services de police était encadrée par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1991. Elle imposait notamment à la police une procédure d'autorisation, soit par un juge, soit par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). La loi contre le terrorisme de 2006 a tout changé : une simple réquisition permet désormais au parquet de consulter les "fadettes", sans que la CNCIS ait son mot à dire. Le texte prévoit en outre que ces "données de connexions" téléphoniques (qui appelle qui, où, quand, combien de temps) puissent être stockées pendant un an. En conséquence, une "avalanche de réquisitions s'abat, sans contrôle, sur les opérateurs", rapporte le Canard enchaîné du 7 septembre 2011. Interrogé par l'hebdomadaire, le porte-parole du CNCIS admet que ces demandes lui"échappent totalement". "Seul le législateur peut changer cet état de fait", ajoute-t-il. "La loi de 1991 était jugée trop lente. On a accéléré les procédures dérogatoires au nom de l'antiterrorisme en maintenant un niveau minimum de légalité", souligne Christophe André, maître de conférence à Sciences Po et auteur de Droit pénal spécial. "Le problème, c'est que ces procédures finissent par devenir la norme..."
La France, championne d'Europe de la surveillance des télécommunications ? C'est la Commission européenne qui le dit dans l'annexe d'un rapport datant d'avril 2011. En 2009, le "pays des droits de l'homme" a procédé à pas moins de 514 813 demandes d'accès aux "logs" (qui a téléphoné ou envoyé un mail à qui, quand, d'où, pendant combien de temps ?) conservées par les opérateurs de téléphonie fixe ou mobile, et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI). La surveillance des télécommunications est encadrée au niveau communautaire. Mais à titre de comparaison, le pays le plus peuplé de l'UE, l'Allemagne, n'en a réalisé que 12 684, soit 42 fois moins que la France. La volonté de surveiller les internautes se concrétise deux mois à peine après les attentats du 11-Septembre. Le 15 novembre 2001, le gouvernement Jospin modifie dans l'urgence son projet de loi relative à la sécurité quotidienne (LSQ), qui intègre divers moyens de lutte contre le terrorisme. Parmi eux, l'amendement 2, qui donnera naissance au fameux article 29, invite les fournisseurs d'accès à Internet à stocker pendant un an les "logs", c'est-à-dire les données de connexion de leurs abonnés.
Souvenez-vous. Il fut un temps où aucun militaire ne patrouillait, Famas en bandoulière, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un temps où vos e-mails avaient peu de risques d'être interceptés, où votre mine déconfite sur le trajet du bureau n'était pas immortalisée chaque jour par des dizaines de caméras, une époque révolue où embarquer un flacon de shampoing à bord d'un avion était encore un geste anodin... C'était avant le 11 Septembre 2001. Ce jour-là, lorsque les tours jumelles du World Trade Center tombent en poussière, la puissance symbolique des Etats-Unis est ébranlée, ainsi qu'une certaine idée de la liberté. Un mois plus tard, le Patriot Act est signé par George W. Bush. Au nom de la sécurité, quelques unes des libertés fondamentales si chères aux Américains sont sacrifiées. Au "pays de la liberté", une brèche vient de s'ouvrir. La plupart des Etats de la planète vont s'y engouffrer. En 2002, l'Union européenne emboîte le pas à l'administration Bush et produit une Décision cadre, qui incite les États membres à rapprocher leurs législations et établit des règles pour lutter contre la menace terroriste. La France, "initiée" aux attentats dès les années 80, s'était déjà engagée sur cette voie en adoptant une première loi antiterroriste en 1986. L'ère qui vient de s'ouvrir avec le 11-Septembre va accélérer cette dynamique, généralisant les mesures d'exception qui transformeront le paysage urbain et le code pénal. "La guerre contre le terrorisme est une guerre à durée indéterminée contre un ennemi inconnu. Elle a permi d'introduire des lois d'exception dans le droit commun avec l'assentiment de la population, souligne Dan van Raemdonck, vice-président de la FIDH. On a banalisé la notion de contrôle. Les gens ont fini par accepter d'être tracés, contrôlés, sous prétexte qu'ils n'ont rien à cacher. On est entré dans l'ère du soupçon".
Wall Street a constitué un lobby très efficace et très bien organisé. Le secteur financier en a les moyens : 1 % de la population détient 24 % des richesses nationales – contre 7 % en 1970 – et parmi ce 1 %, à l'exception de quelques génies de la Sillicon Valley, beaucoup appartiennent au monde de la finance. Mais plus globalement, qu'il s'agisse des syndicats, des médecins ou des agriculteurs, toutes les corporations disposent quasiment d'un droit de veto sur les législations les concernant et toutes font prévaloir leurs seuls intérêts. C'est l'une des raisons pour laquelle le système politique américain ne fonctionne plus correctement.
Je le crains. Au-delà de la crise économique actuelle ou d'une éventuelle nouvelle attaque terroriste, je crois que l'Amérique traverse une crise de gouvernance très grave. Le gouvernement est censé fonctionner grâce au système des "checks and balances" (des contrôles et contrepoids), or, aujourd'hui, les contrepoids sont trop nombreux et trop puissants. Aussi, lepouvoir est morcelé, le gouvernement ne peut plus agir, le pays est paralysé et la démocratie balbutie.
8.9.11
Les attaques du 11 septembre 2001 ont porté un coup d'arrêt dramatique à cette période. Elles ont ouvert une décennie catastrophique pour l'Amérique, sur tous les plans : diplomatique, militaire et économique. La guerre en Irak a montré que l'Amérique n'avait pas les moyens de régler unilatéralement les problèmes du Moyen-Orient. L'Amérique a inconsidérément usé de son "hard power" et sous-estimé les difficultés financières que pouvaient engendrer ses actions militaires ainsi que la montée d'un très fort anti-américanisme dans le monde entier. Economiquement, non seulement les rivaux des Etats-Unis se sont considérablement renforcés ces dernières années mais le modèle américain néo-libéral est officiellement en crise depuis 2008.
5.9.11
En 2003, une étude avait montré que les titres des journaux à sensation qui attiraient le plus l’œil des lecteurs étaient ceux qui contenaient des thèmes liés à la reproduction humaine, et donc à la survie de l’espèce: l’altruisme, la réputation, l’adultère, la violence, le sexe ou encore la parentalité. Bering résume ainsi: «Selon ces scientifiques, les sujets cancaniers qui aiguisent notre appétit dans le domaine social aujourd’hui sont les mêmes que ceux qui alimentaient les conversations des premiers humains il y a environ 150.000 ans en Afrique sub-saharienne.»
31.8.11
Des Etats-Unis tancés et privés de la note de meilleur élève de la classe (capitaliste) ; une Chine sollicitée pour renflouer les caisses et impulser la croissance mondiale. Même dans leurs rêves nationalistes les plus fous, les dirigeants chinois n’auraient pu imaginer plus spectaculaire basculement de l’histoire. Ils ne se privent donc plus de donner des leçons à cette Amérique « qui doit soigner son addiction à la dette » (Xinhua, 7 août 2011). Et précisent que Pékin « a tous les droits d’exiger des Etats-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel ». Qui paye le bal mène la danse. Or la Chine se montre très généreuse : elle a accumulé en bons du Trésor américain 1 170 milliards de dollars, soit l’équivalent ou presque de la richesse annuelle produite par la Russie. Une arme financière qu’elle utilise politiquement, renvoyant les Occidentaux à leurs turpitudes. On aurait tort de croire qu’à ce jeu elle est isolée. Dans la région, les souvenirs des mesures imposées en 1997-1998 par le Fonds monétaire international (FMI) restent vifs. L’ex-ambassadeur singapourien Kishore Mahbubani fait remarquer, non sans ironie : « Tous les conseils que les pays asiatiques ont reçus ont été ignorés par l’Occident (1). »Malgré des tensions territoriales en mer de Chine méridionale, les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Anase) ont donc, le 9 août, mis l’accent sur la complémentarité des économies asiatiques. Leur voisin est encombrant, voire arrogant ; mais, en cas de crise aggravée, il dispose de moyens sonnants et trébuchants.
30.8.11
Il ne faut jamais dire jamais. En 2005, des chercheurs de l'Institut américain de la paix avaient caractérisé 14 guerres, de l'Irlande du Nord au Cachemire, comme «insolubles», c'est-à-dire «résistantes à n'importe quel type de règlement ou de résolution». Six ans plus tard, on note une chose assez amusante: la quasi totalité de ces guerres (à l'exception d'Israël/Palestine, de la Somalie et du Soudan) sont soit terminées, soit ont fait de substantiels progrès sur cette voie. Au Sri Lanka, une victoire militaire à mis fin au conflit, mais après une ultime offensive dans laquelle les deux camps ont très probablement commis des crimes de guerre. Au Cachemire, le cessez-le-feu semble assez stable. En Colombie, la guerre connaît quelques soubresauts, financés par les revenus de la drogue, mais le conflit est globalement terminé. Dans les Balkans et en Irlande du Nord, des traités de paix bancals ont réussi à se stabiliser; il est difficile de s'imaginer l'une ou l'autre de ces régions reprendre fermement le chemin des hostilités. Dans la plupart des cas africains – le Burundi, le Rwanda, la Sierra Leone, l'Ouganda, la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire (exceptées les violentes échauffourées qui ont suivi les élections de 2010, mais qui sont aujourd'hui terminées) – les missions de l'ONU ont apporté de la stabilité, et ont rendu une reprise des combats moins probable (ou, du moins, au Congo et en Ouganda, ont réduit la zone de conflit).7-«Certains conflits ne finiront jamais»
Les variations de l'équilibre des puissances mondiales ne nous condamnent pas non plus à un avenir de guerre perpétuelle. Si certains politologues affirment qu'un monde de plus en plus multipolaire est aussi un monde de plus en plus instable – que la paix est mieux assurée par la prédominance d'une seule puissance hégémonique, les États-Unis pour ne pas les citer – l'histoire géopolitique récente suggère le contraire. Ces dix dernières années, la puissance relative des États-Unis et la prévalence des conflits se sont émoussés de concert. Les exceptions à cette tendance, l'Irak et l'Afghanistan, ont été des guerres mal conçues et portées par l'hégémonie, et non pas par le va-et-vient de nouvelles puissances. Le meilleur précédent historique à l'ordre mondial qui émerge actuellement pourrait se retrouver dans le Concert européen du XIXème siècle, une collaboration entre grandes puissances ayant largement contribué au maintien de la paix pendant un siècle, avant son délitement et la boucherie de la Première Guerre Mondiale. Quid de la Chine, montrée du doigt comme la menace militaire la plus redoutable de l'époque actuelle? Pékin est effectivement en train de moderniser ses forces armées, poussant sa croissance à deux chiffres par d'énormes dépenses militaires, atteignant aujourd'hui les 100 milliards de dollars [70 milliards d'euros] par an. Ce sont les deuxièmes dépenses militaires les plus importantes du monde, derrière les États-Unis, mais loin derrière: le Pentagone dépense, lui, quasiment 700 milliards de dollars [490 milliards d'euros]. Non seulement la Chine est loin de pouvoir combattre les États-Unis à armes égales, mais rien ne dit qu'elle veuille le faire. Un conflit militaire (surtout contre son premier client et débiteur) rognerait sur la position commerciale de la Chine dans le monde, et mettrait ses possessions en danger. Depuis la mort du Président Mao, la Chine a été de loin la puissance la plus pacifique de son temps. En réponse à tous les récents tourments provoqués par les nouvelles manifestations de force de la Marine chinoise dans des eaux territoriales contestées, les militaires chinois n'ont pas tiré un seul coup de feu belliqueux depuis 25 ans.
Oui et non. Les États-Unis sont clairement sur le pied de guerre depuis le 11 septembre 2001, avec une offensive toujours en cours en Afghanistan, qui a dépassé la Guerre du Vietnam au rang du conflit le plus long de toute l'histoire de l'Amérique, et une guerre préventive en Irak qui s'est révélée plus longue, plus sanglante et plus chère que tout ce qu'on avait pu prévoir. Ajoutez l'actuelle intervention de l'OTAN en Libye, et les tirs de drones au Pakistan, en Somalie et au Yémen, et on comprend aisément pourquoi les dépenses militaires américaines ont augmenté de plus de 80%, en termes réels, ces dix dernières années. Avec 675 milliards de dollars cette année [470 milliards d'euros], elles ont dépassé de 30% les sommes de la fin de la Guerre Froide.2-«L’Amérique livre aujourd'hui plus de guerres que jamais».