L’homme se crée lui-même par les efforts qu’il fournit, en travaillant pour acquérir des connaissances, en transformant le monde.
30.6.13
A toute époque, le progrès technique a pour effet d’augmenter la productivité du travail humain. La productivité accroît la quantité de valeur ajoutée. Mais la façon dont celle-ci est partagée dépend du rapport de force dans la société. Dans la vision fordiste, les intérêts des salariés et des entrepreneurs sont convergents. Henry Ford le dit très bien : « Si vous voulez vendre vos bagnoles, payez vos ouvriers ». Progrès économique et progrès social vont alors de pair. Lorsque c’est le pouvoir de la finance qui domine, le dividende se nourrit de la ponction qu’il effectue sur les autres revenus. La logique ? Réduire l’Etat, les salaires, le nombre de salariés, les protections sociales. L’augmentation de la productivité a été compensée par cette logique de la rémunération des actionnaires.
René Passet : « Il faut prendre du recul pour voir qu’un autre monde est en train de naître »
http://www.bastamag.net/article3064.html
ivons-nous une simple crise passagère ou une profonde mutation du système ? Pour l’économiste René Passet, face à un pouvoir financier qui impose son tempo, les gouvernements font fausse route en raisonnant à court terme. Il n’est pas plus tendre avec les économistes, incapables d’analyser le monde autrement que par le prisme des marchés, un peu comme l’homme des cavernes ne concevait l’univers autrement que magique. Sa solution : une « bioéconomie », seul remède à la crise de civilisation. Entretien.
Basta ! : Notre manière de penser l’économie dépend de notre perception du monde. Et varie totalement en fonction des époques et du progrès technique. Dans votre dernier ouvrage, vous proposez de relire l’histoire économique à la lumière de ces mutations. Quelles sont les grandes étapes de cette longue histoire ?
René Passet [1] : Ceux qui voient le monde comme une mécanique, une horloge, ne considèrent pas l’économie de la même façon que ceux qui le voient comme un système énergétique qui se dégrade. Les mêmes astronomes, armés des mêmes instruments, ne perçoivent pas les mêmes choses dans le ciel, avant et après Copernic. Quand l’homme n’a que ses sens pour comprendre le monde, l’univers lui apparaît mystérieux. C’est un univers qui chante, qui le nourrit, qui gronde aussi parfois. Des forces jaillissent de partout. Il pense que des êtres mystérieux et supérieurs le jugent, l’approuvent ou le punissent. Avant même le Néolithique, l’homme s’aperçoit que la plante dont il se nourrit pousse mieux dans les milieux humides. Ou que les déchets organiques favorisent la végétation. Il découvre ainsi les forces productives de la nature et les régularités du monde naturel. Cela va faire reculer les esprits, qui se réfugient sur les sommets des montages, comme l’Olympe. Les dieux succèdent aux esprits, le monde mythique au monde magique. La civilisation grecque marque le basculement de l’esprit vers la conceptualisation. Un tournant décisif, le début d’une réflexion sur la nature des choses, avec la philosophie, science première. On passe ensuite des dieux au pluriel à un dieu au singulier. L’activité économique est encore une activité pour le salut des âmes, dans la perspective chrétienne. Si vous ne voulez pas finir vos jours dans les lieux infernaux, il faut vivre selon les préceptes économiques des théologiens.
28.6.13
Le démarrage effectif d’internet sous la forme où nous le connaissons aujourd’hui, marqué par la création du premier navigateur Netscape, se situe en 1992-1993. En moins de vingt ans, de quelques milliers d’utilisateurs, internet en connecte désormais plus de 2,5 milliards. Pour autant, nous ne sommes très vraisemblablement qu’à l’aube des transformations numériques de nos sociétés. L’ampleur des transformations passées indique celles que peut subir internet dans les dix-sept prochaines années qui nous séparent de 2030.
Aujourd’hui, plus de 2,5 milliards d’êtres humains sont connectés à internet. Demain, il nous reliera également à des dizaines de milliards d’objets, de capteurs, de robots, qui dialogueront entre eux et prendront progressivement en charge des pans entiers de la gestion de notre vie quotidienne. Cette évolution influencera l’ensemble de notre économie, offrant de réelles opportunités de croissance mais obligeant des secteurs entiers à s’adapter.
Se profilent des batailles industrielles intenses pour le partage de la valeur dégagée dans cet écosystème : entre industriels, entre réseaux et services… mais aussi entre nations pour le contrôle stratégique, industriel et fiscal de ces activités.
27.6.13
La pulsion sexuelle obéit à bien d’autres appels qu’à celui de la survie de l’espèce, et témoigne, par les actes qu’elle induit, d’une grande diversité d’objets, de formes et de sens. Quelques repères dans l’histoire des moeurs humaines, allant de l’Antiquité à nos jours, permettent de le constater : en dépit de l’universalité des pratiques, ni leur forme, ni leur signification, ni les limites qu’on leur donne ne sont restées les mêmes, à travers l’histoire et les cultures....Aujourd’hui, beaucoup de pratiques sexuelles qui, avant les années 1970, restaient problématiques voire réprouvées, sont ouvertement revendiquées et font l’objet de nombreuses études. On s’interroge sur la libido du mâle nouveau et sur les formes de la sexualité féminine. On scrute les pratiques des adolescents comme celles des personnes âgées. On inventorie les comportements pornomaniaques, les paraphilies… Ces nouveaux comportements sont tantôt qualifiés comme les éléments nécessaires d’une libéralisation des moeurs, tantôt, au contraire, comme un danger menaçant l’intégrité de chacun, et même de la société.
23.6.13
Indéniablement, la Chine est au centre d’un grand pan de l’histoire mondiale. Le monde chinois, ce sont de vastes plaines cultivées, une grande civilisation qui a représenté, au moins depuis le début de notre ère, de 30 à 20 % aujourd’hui de l’humanité. Cette densité explique que les Chinois soient à l’origine de nombre d’inventions, dont je dresse une liste très loin d’être exhaustive : la boussole, la poudre, le papier, l’imprimerie, la bureaucratie (résumée en une constante : les fonctionnaires ont représenté, ces deux derniers millénaires, quelque 10 % de la population chinoise). Ajoutons-y pour faire bonne mesure le papier-monnaie, le gouvernail d’étambot, le caisson étanche pour les bateaux, le haut-fourneau, l’arbalète, la brouette, la poste d’État, etc.
22.6.13
18.6.13
L’Inde deviendra le pays le plus peuplé du monde en 2028 (devant la chine qui accueille aujourd’hui plus de 1,34 milliards d’habitants). La population indienne sera alors d’environ 1,45 milliards d’habitants.
L’Afrique assurera la moitié de la croissance démographique mondiale, en passant de 1,1 milliard à 2,4 milliards d’humains en 2050. Le Nigeria sera plus peuplé que les États-Unis en 2050.
Les pays émergents qui comptent aujourd’hui 5,9 milliards d’habitants (sur les 7,2 milliards actuels) passeront à 8,2 milliards d’habitants en 2050.
La population des pays développés stagnera aux alentours de 1,3 milliards. L’Europe verra même sa population baisser de 14%.
Le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans va passer de 841 millions (en 2013) à 2 milliards en 2050, puis à presque 3 milliards en 2100. La proportion de « seniors » dans les pays émergents passera ainsi à 27% en 2100 (contre seulement 9% aujourd’hui).
16.6.13
Lettres écrites par Nehru à sa fille Indira entre 1930 et 1933
Lettre 2, 5 janvier 1931 (en anglais, en français)
Lettre 4, 8 janvier 1931 (en anglais, en français)
Lettre 145, 22 mars 1933 (en anglais, en français)
http://blogs.histoireglobale.com/nehru-un-autre-regard-sur-lhistoire-du-monde_2910
15.6.13
Zdnet revient sur un article du New York Times –http://www.nytimes.com/2013/06/03/business/susan-molinari-adds-to-googles-political-firepower.html– sur le développement du lobbying de Google, qui désormais s’intéresse autant aux Républicains qu’aux démocrates. Parmi les combats menés par la firme, la vie privée, l’immigration… Google est la huitième entreprise de lobbying américaine et a consacré 16,5 millions de dollars en lobbying. Son bureau dédié est passé de 5 personnes en 2007 à 35 aujourd’hui.
“La façon dont les choses sont censées fonctionner est la suivante. Nous sommes censés à peu près tout savoir d’eux : c’est pour cela qu’on parle de service public. Eux sont censés à peu près ne rien savoir de ce que nous faisons : c’est pour cela qu’on nous appelle des individus privés.
Cette dynamique, la base d’une société saine et libre, a été inversée de manière radicale. Maintenant, ils savent tout de ce que nous faisons, et construisent sans cesse des systèmes pour en savoir plus. Pendant ce temps, nous en savons de moins en moins sur ce qu’ils font, puisqu’ils construisent des murs de sécurité derrière lesquels ils travaillent.
C’est ce déséquilibre qui doit prendre fin. Aucune démocratie ne peut être saine et efficace si les actions les plus importantes de ceux qui détiennent le pouvoir politique restent totalement inconnues de ceux auxquels ils sont censés rendre des comptes.”
6.6.13
Ainsi l’outil, la technique et la technologie, sont des interfacesnon seulement entre les l’homme et son milieu mais également entre les hommes eux-mêmes. Et, qui plus est, les objets techniques et aujourd’hui les systèmes technologiques,évoluent eux-mêmes ; de cette évolution dont j’ai rappelé précédemment qu’elle avait atteint un rythme d’enfer.
Depuis la révolution industrielle, la pression des évolutions technologiques se manifeste en imposant un rythme doté d’une fréquence qui ne cesse de s’accélérer on parle alors l’innovation permanente.
Mais alors, si l’évolution de l’homme est indexée sur l’évolution des technologies, ne peut-on pas prévoir le futur et donc anticiper notre évolution ? Les organisations, privées ou publiques, ne peuvent-elles pas investir en connaissance de cause puisque il “suffit” de connaître l’évolution des techniques ?
Dit autrement : puisque nous sommes le fruit de la technique, ne pourrait-on pas connaître notre futur en connaissant le futur des technologies ?
Source http://www.christian-faure.net/2013/05/25/critique-des-demarches-agiles/#more-3303
Bertrand Gille dans son Histoire des Techniques : à chaque fois que le système technique évolue, il se retrouve en désajustement par rapport aux autres systèmes (juridiques, commerciaux, politiques, etc.). L’enjeu est dès lors de procéder à un réajustement.
Accélération – Désajustement & Réajustement
Mais ces évolutions du système technique qui provoquent des désajustements ont une fréquence de plus en plus importante : dans le processus d’hominisation, le chopper a été le système technique qui a duré plus d’un million d’années, aujourd’hui, c’est plusieurs innovations par jour qui font que l’on est dans un rythme d’enfer.
L’anthropologue Leroi-Gourhan a très bien montré que le propre de l’homme – ce qui s’exprime dans notre évolution – c’est un phénomène d’extériorisation de nos fonctions naturelles : le bâton qui prolonge le bras, le silex qui est une prothèse de nos ongles, et bien sûr l’extériorisation de la fonction de mémoire sur des supports de mémoire.
A ce processus d’extériorisation répond en retour unprocessus d’intériorisation : nous ré-intériorisons en permanence ce que nous avons extériorisé. C’est cette boucle qui est le moteur du processus d’hominisation.
Leroi-Gourhan a montré la corrélation entre l’évolution des outils, des techniques et l’évolution du corps et du cerveau humain, c’est à dire que la technique conditionne et sur-détermine le processus d’hominisation
L’innovation dans un monde ultra-connecté devient continue, écosystémique, agile, protéiforme et parfois militante. Des marchés entiers (ceux des “biens culturels”, pour commencer) se reconfigurent autour de nouvelles plates-formes qui favorisent à leur tour de nouveaux modèles économiques, de nouvelles formes de consommation. Des appareils qui tiennent dans la poche en contiennent plusieurs dizaines d’autres : téléphone, baladeur, livres, GPS, caméra, boussole, console de jeu, niveau à bulle, lampe de poche…
2.6.13
Les fous ? On les a isolés, ligotés, électrocutés, estourbis, magnétisés, purgés, trépanés, lobotomisés au pic à glace, masturbés au spéculum, on les a gavés de moutarde, de LSD, de haschisch et d'opium, on les a ébouillantés, frigorifiés, hypnotisés, plongés dans le coma, on leur a fait des lavements au chloroforme. Et c’était pour leur bien.
Aujourd’hui on les fait parler, méditer, on les coache, et on les fait consommer. Du divan, des médicaments, des guérisseurs. Ce sont les « patients ». Ou les « clients ». Les « usagers ».
La maladie mentale n’est plus la grande muette depuis qu’au lendemain de la Révolution, on a pris la peine d’écouter les aliénés. Plus récemment, avec Internet, l'écho des patients n'a jamais pris autant d'ampleur.
21.5.13
Le monde en 2030 – Mémoire des luttes
Ignacio Ramonet revient sur la publication du rapport du National Intelligence Council (NIC) américain sur le Monde en 2030. Son constat principal : le déclin de l’Occident. Nous allons vers un monde multipolaire où la part des pays occidentaux dans l’économie mondiale va passer de 56% aujourd’hui à 25% en 2030. L’une des conséquences, c’est que l’occident ne sera plus le gendarme du monde. Selon la CIA, la crise européenne devrait durer une décennie et il n’est pas certain que l’union européenne y résiste. En 2030, les plus grandes collectivités du monde ne seront plus des pays, mais des réseaux : Facebook et son milliard d’usagers, Twitter et ses 800 millions… Une influence qui va disséminer les structures de pouvoir estime le rapport et qui pourrait être à l’origine de tensions post-politiques ou post-! démocratiques. Les citoyens vont pouvoir défier leurs représentants politiques et ceux-ci vont avoir accès à une capacité de contrôle sans précédent. La CIA recommande à l’administration américaine de se préparer à affronter de grandes entreprises privées de l’internet, riches de leurs données et capables de conditionner le comportement d’une grande partie de la population mondiale. Le rapport rappelle également que parmi les ressources qui s’épuisent le plus rapidement, l’eau douce est en tête.