Le darwinisme est l'avenir de l'homme. Pour Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, le concept d'homo-ingénierie « part du présupposé qu'on est arrivé à une espèce de terme, que l'homme ne peut plus évoluer. Elle oublie que l'évolution met en exergue des ressorts insoupçonnés, qui ne se sont pas encore révélés mais sont présents dans les potentialités de nos gènes. Cette approche de démiurge ou d'ingénieur veut améliorer l'homme au-delà de son état de nature mais elle risque surtout de conduire à une perte de diversité de notre espèce. » Même si on parvient à écarter la tentation eugéniste sous-jacente à l'homo-ingénierie, reste que cette démarche dans laquelle l'homme veut prendre en main de manière artificielle sa propre évolution témoigne d'une crainte troublante : nous avons peur de ne pas pouvoir nous adapter au monde que nous avons nous-mêmes créé.
18.9.12
17.9.12
La journaliste décrit comment les femmes prennent le pouvoir, mais explique aussi que beaucoup de progrès restent à faire.
Le New York Times explique que selon Hanna Rosin, cette révolution féministe est en fait due à l’économie de service. Puisque l’industrie, où la force physique était prédominante, est peu à peu remplacée par des secteurs dans lesquels «l’intelligence sociale, la communication ouverte et l’habilité à rester immobile et concentré» priment et qui ne relèvent pas, selon Rosin, «essentiellement du domaine des hommes et semble venir facilement aux femmes».
«Pour la première fois dans l’histoire, l’économie mondiale devient un endroit où les femmes ont plus de succès que les hommes.»
7.9.12
Pankaj Ghemawat a tordu le cou aux idées reçues sur notre monde global :
- 2% des communications téléphoniques entre particuliers sont internationales ;
- 3% de la population mondiale est constituée de migrants de la première génération
- 10% des investissements sont réalisés à l’étranger ;
- 20% du PIB mondial est lié à l’exportation
6.9.12
Lors d'une conférence au Google Education Summit, cette petite brune à l'énergie adolescente assiste à une présentation de YouTube sur l'éducation. Elle bouscule ses voisins, sort en trombe. Elle tient son idée : jusqu'alors, l'élève écoute la leçon en classe (temps passif) et réalise des recherches, des devoirs à l'extérieur (temps actif). Mais si la leçon est disponible en vidéo, l'élève peut lavisionner avant le cours et utiliser la classe pour la partie active (brainstorming, questions, cas).
C'est le concept de "flip education", le renversement des tempos et la revalorisation du professeur. Elle n'est pas la première à y penser, elle propose une expérimentation. Le corps professoral dégaine une salve d'a priori : que deviendra l'expérience du face-à-face ? Ne transforme-t-on pas ainsi l'enseignement en marchandise ? Ne va-t-on pas marginaliser un peu plus les Humanités ?
Cela vaut pour tous les domaines. A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi !
3.9.12
Selon la variante médiane des dernières projections de la division Population des Nations unies, le monde pourrait compter deux milliards d’habitants supplémentaires d’ici 2050, soit neuf milliards de personnes. Quand on sait qu’aujourd’hui 15 % de la population mondiale (un milliard de personnes) sont encore sous-alimentés, on mesure l’ampleur du défi qui s’annonce en termes d’alimentation.
27.8.12
L’humanité a désormais du temps libre, des revenus, de la mobilité ? Les classes moyennes des pays émergents. Un milliard et demi de personnes ont quitté la pauvreté depuis vingt ans : 300 millions en Afrique, 300 millions en Inde, 400 millions en Chine…
Démarré dans les années 1950 avec l’avènement des congés payés, la démocratisation du transport aérien et l’apparition progressive d’une classe mondiale de salariés et de retraités actifs, l’essor exponentiel du tourisme, avec une croissance de 15 % par an, s’apparente ainsi à une véritable révolution. 25 millions de touristes internationaux seulement en 1950, tous occidentaux, 1 milliard aujourd’hui, cosmopolites. Auxquels il faut ajouter un milliard de touristes internes !
Le retour de la Chine au centre
13 août 2012
Surpassant le Japon en 2011, la Chine est devenue la deuxième économie mondiale. Son objectif : dépasser les États-Unis, se hisser au rang de première puissance mondiale. Son ascension dans les hautes technologies et la finance se confirme…
Relevons toutefois deux paradoxes, liés à la récente actualité économique. La Chine dispose de la moitié du réseau ferré à grande vitesse au monde, elle projette d’exporter sa technologie aux États-Unis…, et ne peut empêcher l’accumulation de pannes et un accident majeur à Wenzhou qui a fait plusieurs dizaines de victimes le 23 juillet 2011. Second paradoxe : la tournée du Premier Ministre Wen Jiabao en Europe, en juin 2011, s’est accompagnée d’un soutien appuyé au plan de sauvetage de l’euro, qui conforte la montée en puissance de la monnaie chinoise ; et pourtant, les banques d’État chinoises ne sont pas capables de financer
La dette n’est pas une création récente. En Mésopotamie, 3500 ans avant notre ère, soit mille ans avant les premières frappes de monnaies, les Sumériens possédaient un système de comptabilité administrative dont les bureaucrates se servaient pour recenser les dettes, les prêts et les amendes dont devaient s’acquitter les habitants. L’unité de compte de ce système était une barre d’argent. Pourtant le métal ne servait pas à effectuer des règlements. Ceux-ci pouvaient être acquittés au moyen de toute marchandise dont les habitants pouvaient disposer. Les barres d’argent ne circulaient pas dans l’économie, et servaient encore moins à effectuer des échanges, lesquels reposaient déjà sur le crédit.
20.8.12
Le « sentiment ethnique » tel que compris par les historiens, c’est tout simplement le fait national précolonial. Il désigne un moment bien particulier : celui qui précède la conquête. Les peuples alors indépendants ont connu, à leur façon mais comme ailleurs, un processus de constitution de « nations (1) », c’est-à-dire la conscience d’appartenir à une communauté linguistique, culturelle et politique héritée d’un passé commun. Mais, bien sûr, toute collectivité soucieuse de légitimer son histoire était prompte à la réinterpréter idéologiquement au nom d’une « parenté sociale » rêvée ou reconstituée à travers des « mythes d’origine » (tous seraient plus ou moins descendus du même ancêtre).
A l’époque coloniale, un double courant consolida ces vues : d’une part, l’ethnographie coloniale fut trop contente de figer ces réalités mouvantes à l’intérieur de territoires stables, propres à faciliter dénombrements, levée de l’impôt et recrutements de travailleurs : les « ethnies » devinrent « tribus » ce qui permettait doublement d’évacuer l’idée de « nation », domaine réservé de l’Etat occidental. D’autre part, le rejet du modèle blanc incita les Africains à entrer dans ce jeu : l’oppression favorisa la quête désespérée d’un ré-enracinement identitaire ; le sentiment ethnique devint revendication de leur différence : il se rigidifia, voire s’inventa comme autonome et ancien.
18.8.12
Une des caractéristiques du financiarisme : l’absence de responsabilité, de sanction en cas d’erreur. Ce qui entraîne une logique permanente du “pile, je gagne ; face, je ne perds rien”, qui conduit donc rapidement à faire n’importe quoi, puisque par définition l’espérance de gain sera toujours positive (en l’absence de perte). ..La base du libéralisme est que, face à la liberté mise en avant, il faut une responsabilité personnelle très forte pour responsabiliser les acteurs.
7.8.12
Si les pays avancés veulent échapper à une diminution de la croissance et du bienêtre, il faut exclure le retour au statu quo. Dans la « nouvelle normalité », celle d’une croissance molle et d’une pression accrue sur les finances publiques, il est difficile de préserver les systèmes de protection sociale et de répondre à des coûts sociaux croissants. Les décideurs vont devoir prendre des initiatives décisives, mais pour assurer la croissance à long terme, il faudra aller plus loin.
D’ici 2030, 1 milliard de Chinois, soit 1/8e de la population mondiale, résidera en ville. Plus de 200 villes chinoises compteront plus d’un million d’habitants d’ici 2030. Ce chiffre est à mettre en perspective avec l’ensemble des villes européennes qui ne comptent pas plus de 35 millions de citadins aujourd’hui. 50 000 nouveaux gratte-ciels, soit 10 fois plus qu’à New York, seront construits, ainsi que 5 milliards de mètres carrés de routes).
- Le bouddhisme est la religion qui connaît la plus grande croissance aux États-Unis.
- Il y a aujourd’hui plus de restaurants de curry en Angleterre qu’en Inde.
- Le PIB de la Chine dépassera probablement celui des États-Unis d’ici la moitié du siècle.
- Des pôles d’excellence ou culturels émergent partout dans le monde (Bollywood, des centres de la mode à Shanghai, en Inde, au Japon…).
- De nombreux produits typiquement asiatiques culturellement parlant inondent le monde occidental (les sushis, le yoga, le feng shui, le tai-chi).
- Croissance de la population mondiale
Le plus grand changement surviendra au niveau démographique, avec une croissance rapide et continue de la population mondiale. Selon les Nations Unies, elle devrait passer de 6,8 milliards à 9 milliards d’habitants d’ici 2050. Cette croissance ne sera pas uniforme à travers le globe. Toujours selon les prévisions des Nations Unies, 98% de la hausse des populations proviendra des pays émergents.
- Une urbanisation galopante
La montée de l’urbanisation est le second facteur démographique clé. Plus de la moitié de la population mondiale est déjà urbaine. Les gens continuent d’affluer dans les villes, à la recherche d’un meilleur mode de vie. Les Nations Unies prévoient un taux d’urbanisation de 60% en Chine et de 40% en Inde d’ici 2050. En 1975, ce taux n’était qu’à 20% pour ces deux pays.
- Une population vieillissante
Le vieillissement est la troisième évolution cruciale de la démographie. Les populations vieillissent tant dans le monde développé que dans certains pays émergents tels que la Chine et la Russie. Selon les Nations Unies, plus d’un quart de la population des pays du G7 atteindra l’âge de la retraite en 2030.
- Une classe moyenne en pleine expansion
Selon les données de la Banque mondiale, la classe moyenne, celle dont le revenu annuel se situe entre 3 000 $ et 20 000 $, va s’étendre de 7% de la population mondiale en 2000 à 16% en 2030. Dans un même temps, le pourcentage de personnes définies comme "riches" aura plus que doublé, de 10% à 21% sur la même période.